Roja, les raisons de l’échec

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Crédits : Alironbilbao
Crédits : Alironbilbao

Parmi les favorites du Mondial, l’Espagne s’est faite piéger par la Russie en 1/8 de finale sans jamais être pleinement entrée dans sa compétition. C’est la 3e fois consécutive que la Roja sort prématurément d’un tournoi international. Du départ précipité de Julen Lopetegui à la piteuse élimination aux tirs au but, bilan en 5 points de cette Coupe du Monde loupée.

1/ L’inquiétant match amical contre la Suisse

Les plus taquins diront que choisir l’Estadio de la Cerámica pour envoyer de bonnes ondes aux joueurs avant de s’envoler pour la Russie, ce n’était certainement pas l’idée du siècle. Mais davantage que l’ambiance, c’est dans le contenu du match contre la Suisse que la Roja a inquiété. Avec le recul, on constate même que le contenu de cet affrontement avec la Nati n’a pas été suffisamment analysé car il comporte déjà tous les problèmes qui sont survenus lors du Mondial : adversaire avec un bloc bas qui sort vite en contre, jeu prévisible voire ennuyeux et enfin bourde de David De Gea.

2/ La bombe Lopetegui

Dès l’élimination, il a fallu trouver un coupable. Trois hommes au banc des accusés : Florentino Pérez, Julen Lopetegui et Luis Rubiales. Le nouveau président de la Fédération avait renouvelé le contrat du sélectionneur qui n’avait pourtant pas voté pour lui lors des récentes élections. Un pas en avant qui n’a servi à rien puisque Lopetegui a signé pour le Real Madrid 10 jours plus tard, convaincu par FloPer qui ne parvenait pas à trouver un coach pour remplacer Zinedine Zidane. Jugeant que Lopetegui n’avait pas agi de façon loyale, Rubiales a marqué son territoire, condition sine qua non pour se faire respecter avec trois décennies de “gestion” Villar et des élections qui ont mis du temps à s’organiser.

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3/ Le trompe l’oeil portugais

Revenir 2 fois au score et concéder le match nul à cause d’un Cristiano Ronaldo des grands soirs, surtout après le séisme du licenciement de Julen Lopetegui et la nomination de Fernando Hierro, c’était vraiment encourageant. A coup sûr, il s’agit d’un des plus beaux matches du Mondial. Cependant, on voyait déjà poindre les problèmes en défense et une nouvelle fois la faillite mentale de De Gea. Dans l’euphorie d’un partidazo, mieux valait s’attarder sur le positif plus que sur le négatif.

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4/ Un jeu qui ne s’améliore pas

Y a-t-il eu une Isco dépendance exacerbée ? Après une très belle prestation contre le Portugal, Isco est devenu le centre du jeu de la Roja. Mais à force de centrer uniquement le jeu sur les performances de l’Andalou, la Selección a joué tête baissée car sans plan B. Les XI ont changé de façon incompréhensible. Sans continuité et sans solution, l’Espagne est allée dans le mur, la faute à des méformes (De Gea, Piqué, Carvajal, Busquets, Silva, Iniesta) et un turn over beaucoup trop important en cours de compétition.

Crédits : ESPN

5/ Un coaching absent

Jamais le tandem Fernando Hierro-Albert Celades n’a été en mesure de lire le jeu des adversaires avant et pendant le match. Des XI sans cesse modifiés mais du poste pour poste quasi-constant en cours de partie. Comment expliquer que la Roja a attendu la 103e minute pour évoluer à deux pointes contre la Russie sur les rotules ? L’entrée de Rodrigo Moreno a été une réussite et aurait même pu être décisive. En moins de 20 minutes, il a fait plus que toute l’attaque de la Roja depuis le match contre le Portugal. Un secteur où la Selección a également souffert, c’est la défense. Álvaro Odriozola n’a eu aucun temps de jeu, la charnière Ramos-Piqué n’a pas été changé alors que, manifestement, elle ne fonctionne plus depuis des années. En revanche, comme en ce qui concerne le manque de profondeur au poste de gardien de but, Hierro et Celades ne sont pas responsables de l’absence de Marc Bartra, meilleur défenseur central de Liga lors des 6 derniers mois. Enfin, comment changer de portero quand on n’a qu’un bizut (Kepa Arrizabalaga) et un passeur de disques (Pepe Reina) ?

Ce 3e échec de rang doit bien faire comprendre qu’un changement de cycle est impératif. Le projet de jeu souvent loué s’est évaporé et pas uniquement en raison du départ de Lopetegui. L’Espagne doit intégrer qu’elle est rentrée dans le rang depuis 6 ans et qu’il est temps de se remettre en question. Le modèle a fonctionné, il faut désormais le faire évoluer.

François Miguel Boudet 

@Fmboudet

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