Espagne 3 – 3 Portugal : Comment l’Espagne a perdu 2 points mais a gagné (un peu) en confiance

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Crédits : Diarodecordoba

Pour son premier match de CDM à Sotchi, la Roja a réalisé une prestation plus qu’aboutie mais est tombée sur un os. Un Cristiano habité n’a pas voulu que son équipe commence par une défaite bien aidé par De Gea. Retour sur le premier grand match de cette compétition qui a comblé toutes nos attentes. 

Pour clôturer une journée pauvre en football mais riche en émotion, le Portugal sur de ses forces affrontait une Roja en quête de certitude après des atermoiements en coulisse. Dans un affrontement au couteau, rempli de football et de violence, le match fut un nul mais le continu riche d’enseignements. Entre une Espagne pleine de variations et mentalement présente et un Portugal bien mieux armé qu’en 2016, retour sur un sacré match de football.

La pire entame possible pour la Roja

Les compositions tombent comme à l’accoutumé une heure avant le coup d’envoi, et en Espagne c’est l’incertitude. Qui Hierro va choisir, va t’il continuer comme prévu le cycle de Lopetegui ou va t’il instiguer des changements à la marge pour tenter de changer quelque peu le visage de cette équipe? 19h, c’est officiel, le nouveau sélectionneur ne change pas grand chose : Nacho à la place d’Odriozola, pour sécuriser son arrière garde, Koke un milieu plus travailleur et solide physique à la place de Thiago et surtout, Diego Costa en pointe, le gladiateur qui doit permettre à l’Espagne de varier son jeu.

« Oui je touche Cristiano  » Nacho

Ce XI inspire à l’optimisme même si certains, nous les premiers sont interloqués par la titularisation de Nacho à droite. Lui l’habituel rustine se retrouve donc titulaire en tant que latéral droit dans un match de coupe du monde. L’homme à tout faire du Real sera le premier protagoniste de ce match, dans le mauvais sens du terme. Après un début de match où la Roja semble désaccordée, avec un milieu passif et une défense qui joue en reculant, Nacho se fait piéger par CR et provoque un penalty. Le commandant portugais ne tremble pas et fusille De Gea pour marquer le 3e but le plus rapide en coupe du monde. L’Espagne est sonnée. Cependant elle essaye de se remettre à l’endroit et repart à l’offensive sauf qu’elle est encore aux vestiaires et passera tout proche de la catastrophe par deux fois, par l’intermédiaire de Guedes. Le jeu d’attaque rapide du Portugal fait douter l’Espagne.

Crédits : Thenationonlineeng

La violence pour se libérer

La Roja reprend cependant le contrôle du cuir mais est hémiplégique. Le côté gauche, animé par Iniesta-Alba-Isco parle un football flamboyant quand celui animé par Koke-Nacho-Silva a du mal à être dans le bon rythme. Cependant c’est le milieu de City qui va allumer la première mèche et permettre à l’Espagne de retrouver un rythme de croisière. Alors qu’on voit la Roja insister sur le côté gauche, Busi très discret jusqu’à présent allonge pour Diego Costa. Le buteur ne se fait pas prier et fait parler son style : coup de coude sur Pepe pour gagner son duel, enrhumage de Fonte et un but parfait. La bestia concrétise un travail amorcé il y’a 4 ans et surtout une confiance aveugle de Lopetegui sur les deux dernières années. Voila pourquoi Diego est titulaire, pour ce genre d’action, où il va au charbon, où il va au duel et s’amuse dans les grands espaces. C’est l’arme qui colle le moins au jeu espagnol mais qui le rend encore plus complet.

L’opposition tourne très logiquement en faveur de l’Espagne qui domine de la tête et des épaules ce match. Un autre chouchou de Lopetegui va être intenable et permettre à l’Espagne d’asseoir sa domination : Isco. L’ancien petit gros, est intenable au milieu et sûrement le meilleur espagnol hier avec Silva. Toujours bien placé, utile dans la circulation du ballon, il n’en fait jamais trop et est impliqué à la perte : prestation 5 étoiles. Il réussira même à faire trembler la barre juste après l’égalisation. Le coté gauche continue d’être le seul secteur où l’Espagne réussit à produire des décalages. Bien animé par trois acteurs qui parlent un football identique c’est Iniesta qui voit sa frappe frôler les montants après une séquence magnifique. L’Espagne rappel ce qu’elle est et le Portugal souffre. Cependant juste avant la pause c’est bien le Portugal qui reprend les devants sur une grossière erreur de De Gea qui offre à CR un doublé historique.

« Je suis très satisfait de l’équipe. Il n’est pas facile de se relever deux fois comme nous l’avons fait. Nous avons renversé toutes sortes d’adversités. L’équipe n’a jamais cessé d’y croire.  »  Hierro, fier de ses nouveaux poulains.

Comme sur le premier but, la Roja est sonnée. Au retour des vestiaires, le Portugal ne s’avoue pas vaincu et tente d’enfoncer le clou en poussant pour le 3e but. De plus, Santos donne des consignes pour bloquer les circuits de passes de la Roja. On remarque qu’Iniesta est souvent bien bloqué par William Carvalho et qu’il y a bien souvent une prise à 3 des portugais sur ceux de l’Espagne. Sauf que c’est bien la Roja qui revient à égalité. Le premier but est venu d’une longue ouverture, le deuxième viendra d’une combinaison basique entre Busi et Costa sur un coup-franc de Silva. Le numéro 9 s’offre un doublé et montre encore une fois toute son utilisé pour faire varier le jeu de l’Espagne. 4 ans qu’on attend de voir ça et le miracle se produit au meilleur des moments.

Comme sur l’égalisation en première mi-temps, l’Espagne ne baisse pas le pied et continue de pousser. Alors qu’Isco a trouvé la barre après le 1-1, Nacho trouve lui aussi le poteau après le 2-2 sauf que celui est rentrant. Un but qui mêle violence et exécution parfaite et qui permet surtout à la Roja de prendre les devants pour la première fois du match. Sur ce but encore une fois c’est l’abnégation plus que le talent des espagnols qui est récompensé. Isco aurait pu laisser filer ce ballon qu’il ne pouvait pas exploiter, il a préféré continuer sa course pour tacler et permettre à Nacho de la récupérer. Mentalement, la Roja était là.

Le match s’équilibre mais l’Espagne reste l’équipe la plus dangereuse. Surtout que le côté droit se met enfin au niveau, l’entrée de Thiago fait du bien et équilibre le jeu espagnol. Nacho apporte un peu plus offensivement, on se dit que le 4-2 est proche mais Diego Costa ne s’offre pas de triplé. À force de ne pas réussir à se mettre à l’abri, la Roja permet au Portugal d’espérer. Comme à son habitude ces derniers temps, l’Espagne joue à se faire peur. Et quand Piqué offre un coup franc extrêmement bien placé à la 88e au Portugal, on se dit que ça va faire ficelle. CR reste sur 44 coup francs sans succès mais la tension est palpable. Surtout que le portugais semble habité, remonte son short et envoi une merveille dans la lucarne de De Gea qui aura encaissé 3 buts sans arrêter un seul ballon. L’Espagne est de nouveau sonnée.

Crédits : Capture d’écran

L’Espagne a battu le Portugal mais Cristiano Ronaldo en a décidé autrement. Cela pourrait être le résumé de ce match mais cela serait manquer de respect aux portugais. Certes l’Espagne a dominé, a fait preuve de caractère et n’encaissera pas 3 buts à chaque match en n’offrant que très peu de situations de buts mais cette incapacité à tuer le match est récurrente maintenant. En étant du côté des optimistes on pourra aussi se dire que l’Espagne est revenue par deux fois dans le match, a même su prendre les devants et a réussi à s’appuyer sur Diego Costa. La première de Hierro aurait pu être bien pire, le groupe a su rester soudé et n’a pas sombré. Pour faire simple, ce nul va faire du bien aux deux équipes, et l’Espagne rentre à Krasnodar avec des certitudes derrière la gueule de bois infligée par CR.

Benjamin Bruchet 

@BenjaminB_13

 

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