SD Huesca : chronique d’une montée historique en Liga

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La Sociedad Deportiva de Huesca a obtenu lundi dernier son billet pour monter directement en Liga pour la première fois de son histoire. A l’issue d’une saison presque parfaite, l’équipe d’Aragon a toutes les cartes en mains pour finir championne de Segunda. Retour sur le merveilleux parcours d’un des plus petits budgets de Segunda.Créé par des supporters du Barça

Le club sous le nom de la SD Huesca est créé en 1960. Auparavant, le club existe depuis 1910 sous d’autres appellations : CF puis CD puis UD. Il a été fondé par des supporters du FC Barcelone qui ont repris et copié les couleurs blaugranas. Durant près de 50 ans, il oscille entre Tercera et Segunda B. En 2008, il finit deuxième de son groupe, joue les playoffs d’ascension et monte pour la première fois de son histoire en Segunda. Après y avoir passé 5 saisons, il redescend pendant deux années à l’étage inférieur pour revenir dans la division de plata en 2015/2016. La saison dernière, le club arrache le dernier ticket pour jouer les playoffs grâce à sa 6e place mais est éliminé lors du premier tour des barrages par le futur promu, Getafe. Cette saison, avec l’un des plus petits budgets de la division (10 millions d’euros) et dans son minuscule stade d’El Alcoraz (5 500 places), l’équipe entraînée par Rubi a su faire déjouer presque tous ses adversaires et trône fièrement sur la plus haute marche du podium synonyme de montée directe en Liga, à deux journées de la fin.

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Crédit : Sporthuesca

Le style “caméléon”

L’arrivée sur le banc de Rubi en juin 2017 est le point de départ de l’histoire récente du club. Le coach débarque avec un passé de joueur de seconde zone (Segunda B et Tercera) et d’entraîneur guère plus reluisant. Ces piges mitigées à Girona, Valladolid, Levante ou au Sporting de Gijón en sont de bons exemples. Il succède à Anquela parti à Oviedo et déjà regretté par les supporters. Rubi arrive donc sur la pointe des pieds. Durant l’été, il pose très vite un diagnostic en sondant les points forts et les points faibles de son effectif. Il va alors pousser pour obtenir le prêt de 2 joueurs qui auront une importance capitale : Remiro, un gardien de l’Athletic, et l’avant-centre de Watford Cucho Hernández.

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Crédit : Besoccer

Dès septembre, il opte pour 2 systèmes : un 4-2-3-1 ou un 4-4-2, dispositifs alternant en fonction des forces de l’adversaire du jour. Il s’appuie sur une défense solide composée de Remiro dans les cages et d’une charnière centrale forte : Jair Amador et Pulido. Son milieu de terrain est bien quadrillé par des joueurs techniques, rapides et combatifs : Ferreiro, Gómez, Melero, Sastre ou Avila. Devant, on retrouve le renard des surfaces, buteur prolifique qui sait aussi dévorer les espaces : Cucho Hernández. La grande force de Rubi n’est pas d’imposer un style à l’équipe mais plutôt de s’adapter à l’adversaire et de le faire déjouer. Certes, Huesca ne pratique pas le plus beau jeu de la division mais il est terriblement efficace. Il appuie sur les faiblesses de son rival, là où ça fait mal, et sait renverser les situations en sa faveur. Il se projette vite vers l’avant et Rubi a su mettre dans les meilleures dispositions ses atouts offensifs, à l’image de Cucho Hernández et de Melero, auteurs de 16 buts chacun.

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Crédit : Pulzo.com

Le XI type

Le parcours et le tournant

Le première partie de la saison est incroyable : 13 victoires, 3 nuls, 1 défaite. La SD Huesca, tel un rouleau compresseur, écrase tout sur son passage. Cucho Hernández est en état de grâce. Dès qu’il touche un ballon devant le but, il fait ficelle. Au sortir de la trêve, on arrive alors en février et les joueurs sont émoussés. Rubi ne fait pas énormément tourner son effectif et les cadres de l’équipe accusent le coup. Le club a alors un passage à vide de deux mois où il enchaîne 4 défaites et autant de matchs nuls. Les observateurs croient à l’essoufflement et à la dégringolade. Que nenni !

Rubi a compris que ces joueurs avaient besoin de souffler, il leur demande de faire le dos rond. Début avril, le club a limité la casse notamment avec les points d’avance engendrés pendant la première partie de saison. Huesca joue le Barça B malade de Gerard López et goûte de nouveau à la victoire. Le tournant de la saison arrive la semaine suivante où le club d’Aragon doit faire un périlleux déplacement aux Canaries, sur l’île de Tenerife. Le club insulaire entraîné par Etxeberria est en course pour les places de playoffs et mise beaucoup sur une victoire face à Huesca. Le début de rencontre est dominé par les locaux qui ouvrent la marque par Casadésus. Dans la foulée, Cucho simule une faute dans la surface. L’arbitre montre le point de penalty et expulse le défenseur central de Tenerife, Carlos Ruiz. La physionomie du match change et Huesca s’impose au final 4 à 2. Depuis ce match et ce tour de malice, les joueurs de Rubi n’ont plus connu la défaite. Ils ont repris leur marche en avant et retrouve un second souffle. Mieux, lundi soir, ils ont assuré leur accession au plus haut niveau grâce à leur victoire 0-2 à Lugo.

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Crédit : Biobio

Une saison de légende pour le club de Huesca qui est le fruit et la combinaison de plusieurs éléments : un effectif soudé et homogène, une vision tactique d’un coach qui a su tirer le meilleur des forces en présence, une efficacité offensive et des coups du destin provoqués (la chance du champion, certainement). L’année prochaine, il ira donc se confronter aux plus grands, en essayant de suivre la même trajectoire qu’un Eibar qui a su faire mieux que survivre au sein de l’élite. En tous cas, laissons-les savourer ce moment qui sera à jamais historique. Pour l’anecdote grinçante, on rappellera qu’il y a quelques mois déjà, Javier Tebas, président de la LFP et ancien dirigeant de Huesca, avait annoncé à la presse la montée de son ancien club à l’issue de la saison. Parfois, il sait être visionnaire…

Jé Pintio (@JePintio)

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