Cicero Ramalho, l’homme qui mangeait des suppositoires en Espagne

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A l’heure du tout numérique, de l’information éclaire et des réseaux sociaux, chaque fait et geste des footballeurs professionnels est épié, filmé voir commenté quasi-instantanément sur la toile. Vers la fin des années 80, un joueur brésilien au doux nom de Cicero Ramalho, aurait pu devenir la risée du monde entier s’il avait été né 30 ans plus tard. Portrait de l’homme qui mangeait des suppositoires.

Cicero Ramalho est né au Brésil, à Mossoro, en novembre 1964. Il commence sa carrière d’attaquant en 1981 dans le club de sa ville natale : le Potiguar. Après avoir joué quelques années en Amérique du sud, il débarque en Europe, plus précisément en Espagne dans le club du Real Murcia. Nous sommes à la fin des années 80 et Cicero arrive en Liga avec l’étiquette du buteur technique que sait fabriquer l’école brésilienne de football. Le Real Murcia est alors bien installé en première division et débourse la coquette somme de 8 millions de pesetas pour s’arracher les services de Ramalho.

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crédit : almanaquedoferrao.net

Son passage en Murcie est catastrophique. Il ne joue que 6 matchs pour 0 but marqué. Pourtant, malgré ce triste bilan, le joueur laisse encore des sourires sur les visages des nombreux supporters de l’époque. En effet, entre la période d’acclimatation et les blessures, Cicero Ramalho n’est pas verni. Alors qu’il souffre d’une rage de dents, les médecins du club lui prescrivent des antibiotiques sous forme de suppositoires. Au Brésil, à l’époque, les services médicaux et pharmaceutiques ne proposent pas ce format. Ne sachant pas comment se l’administrer, Cicero en avale deux par voie orale. Cela ne guérit en rien son mal de dent et finit par lui donner une gastro-entérite carabinée qui le cloue au lit pendant plusieurs jours. La nouvelle se répand via la presse et les moqueries se font grandissantes en Murcie et dans le reste de l’Espagne. Toutefois, cela ne dépasse pas les frontières, l’information étant restée locale. Malgré cela, le joueur est touché par les brimades et va alors vivre une période de dépression.

crédit : ABC

Cette année-là, le Real Murcia descend en Segunda et n’y reviendra que 20 ans plus tard. Cicero Ramalho est transféré à Levante alors en deuxième division. Il connait sa meilleure saison en Espagne en marquant 12 buts en 21 matchs. Il enchaîne une deuxième année où il se montre moins prolifique.

crédit : O gol

Il finit son étape espagnole à Sabadell où il connait la descente en Segunda B. Revenu au Brésil et hormis une aventure exotique à l’Etoile du Sahel, Cicero Ramalho finit sa carrière à 42 ans en tant qu’entraineur joueur dans le club de Baraunas. En 2005, en surpoids, lent et vieillissant, il signe l’exploit de marquer un but et d’éliminer de la coupe du Brésil, le Vasco de Gama de Romario. Il a ensuite entraîné d’autres modestes clubs brésiliens jusqu’en 2011. Depuis, il a tenté sans succès, une carrière en politique dans sa ville natale de Mossoro et a eu même l’honneur d’avoir un livre qui lui est dédié, retraçant sa carrière.

Si Cicero Ramalho était né dans les années 90, il n’aurait sans doute jamais vécu de la même façon sa mésaventure médicale et sa poursuite de carrière. L’information aurait pu faire cinq fois le tour du globe avant que le joueur n’expulse les débris de suppositoires dans la cuvette de ses toilettes. Se pose alors un questionnement sur la pression populaire que peut exercer les réseaux sociaux sur les footballeurs professionnels, de nos jours. Chose qu’il y a un peu plus d’une décennie, n’existait presque pas. On entendra toujours des gens crier au « c’était mieux avant… ». En tous cas, de nos jours, on sait où mettre des suppos.

Jé Pintio (@JePintio)

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