OM 0-3 Atlético de Madrid : Comment les Colchoneros ont croqué les Phocéens ?

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Crédits :Fourfourtwo

Dans un match sans rebondissements, l’Atleti a dominé de la tête et des épaules des marseillais bien trop loin de leur niveau. Retour sur un match à sens unique et un récital Choliste.

Sous la pluie lyonnaise, le beau Torres a soulevé son premier trophée majeur avec son club de cœur, l’Atleti. Au terme d’un match où les Colchoneros n’auront pas vraiment tremblé, le Cholisme a retrouvé la voie du succès sans Simeone sur le banc. Lors de cette finale la différence fut claire, l’Atleti est taillé pour les titres quand l’OM n’a que le costume d’un candidat au podium à sa taille. Retour sur les points où l’Atleti a fait la différence.

Être décisif dans les deux surfaces

C’est un point qui revient très souvent dans les discours des coachs. Certes le milieu de terrain est l’endroit où se dispute la domination du cuir mais les matchs se gagnent dans la surface. Que ce soit dans la surface adverse ou dans la sienne, il faut faire les gestes justes et être tueur.

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Hier cette maxime a sauté aux yeux. Quand Germain ne cadre pas sa première et seule grosse situation Griezmann fait ficelle sans trembler. Surtout que les premières minutes sont plutôt en faveur de l’OM. Les marseillais gagnent les duels, dominant au milieu trouvent des sorties de balle intéressantes et surtout ne se contentent pas de passer seulement sur les ailes. Sans avoir la tête sous l’eau, l’Atleti trouve du répondant en face et ça laissait présager quelques choses d’intéressant pour la suite, un duel équilibré ou presque. Sauf qu’en moins de 20 minutes l’affaire est bouclée au presque. L’OM ne concrétise pas son temps fort et pire, fait une erreur monumentale qui offre un but aux madrilènes, le haut niveau ne pardonne rien.

Différences de niveau criantes

Le problème ce n’est pas la relance sur le coup, si Zambo est là c’est qu’il est prévu qu’il reçoive le ballon et amorce la relance. L’idée est intéressante en prime, l’OM ne doit pas se renier pour mettre en danger l’Atleti. Sur la situation de Germain, la remontée de balle est propre mais les prises de risque sont importantes. Le problème sur cette relance, cette passe de Mandanda et ce contrôle raté qui amènera le but de Griezmann est le manque de justesse technique du milieu ciel et blanc.

Le milieu camerounais fait pourtant un bon match, sauf que le seul moment où il devait être ultra juste il a vacillé… La différence entre l’Atleti et l’OM a été éclatante sur le coup. Tout d’abord AFZA qui rate son contrôle en comparaison avec un Koke qui réussit une passe ultra juste dans une position pas favorable. Ensuite la sérénité de Griezmann qui attend assez pour pousser Mandanda à l’anticipation en face de Germain qui cachoute sans réfléchir…

L’Atleti dans une position favorable et intouchable

Ce but met l’Atleti dans la position qu’il préfère cette saison. Aucun besoin de faire le jeu, il faut juste tenir et planter une nouvelle banderille quand l’occasion se présentera. Surtout que les tuiles s’enchaînent côté OM, après l’occasion ratée de Germain et ce but, c’est Payet qui doit sortir à la demi-heure. Les marseillais perdent leur repère au milieu, celui qui centralise la créativité des olympiens. L’OM a perdu son cerveau lors de ce remplacement et ça c’est vu.

Crédits : indianexpress

Avec le réunionnais sur le pré, l’OM a généré du chaos et a proposé des choses. En se situant toujours dans l’espace derrière le double pivot madrilène il était un point clé du dispositif des marseillais. Il devait être un point d’appui pour Sanson, la rampe de lancement de Germain et celui qui file la main à Ocampos et Flotov. Avec lui l’OM a su être intéressant. Sauf que quand il a quitté ses partenaires en pleure, l’OM est tombé dans le piège des rouges et blancs.

Cette sortie a mis un nouveau coup derrière la tête des marseillais qui n’ont jamais repris le dessus. C’est simple ils n’ont jamais plus été dangereux du match et en ont pris 2 autres. Incapables de mettre en danger un bloc de l’Atleti habitué à souffrir, le schéma imaginé par Rudi Garcia s’est effondré. Surtout qu’en face le club madrilène est plus que monté en puissance. Les Colchoneros ont pris la mesure physique et tactique des marseillais pour les annihiler totalement. C’est simple la deuxième mi-temps est une des plus abouties du Cholismo à Madrid. Solidité défensive, velléité offensive, domination physique au milieu, emprise mentale, les hommes de German Burgos étaient au dessus dans tous les secteurs.

Crédits : TV5Mondes

L’Atleti a bouché les ailes et s’est retrouvé en supériorité dans le secteur préférentiel de l’OM et ils ont appuyé sur les espaces laissés entre les latéraux et les centraux marseillais. L’OM s’est donc retrouvé empilé au milieu, incapable de créer quelque chose et se reposant simplement sur des centres en rupture pour exister, un peu. L’Atleti était dans un fauteuil. Pendant longtemps on a annoncé le Cholisme sur le déclin cette saison , on a parlé de fin de cycle et même d’un départ pour Simeone. Sauf qu’hier le Cholisme a réalisé une de ses performances les plus abouties. La victoire en 2012 face à l’Athletic a lancé le Cholisme 1.0, cette victoire à Lyon peut être l’acte fondateur du Cholisme 2.0.

Benjamin Bruchet

@BenjaminB_13

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