Real Madrid 2-2 Bayern : Comment, sans rien maîtriser, les Vikingos filent encore en finale de LDC

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Dans un Santiago-Bernabeu qui a eu quelques sueurs froides, le Real Madrid s’est qualifié pour sa troisième finale de Ligue des Champions consécutive. Une performance incroyable avec des Vikingos toujours plus proches d’un exploit historique en dépit d’une domination collective faible. Comment ce Real Madrid cynique a-t-il écarté le Bayern hier soir pour composter son billet pour Kiev ? Explications.

Hier soir dans la moiteur de la capitale espagnole, le Real Madrid s’est une nouvelle fois qualifié pour une finale européenne. La 3e consécutive en Ligue des Champions, la 4e sur les 5 dernières éditions. C’est plus qu’une domination, c’est une hégémonie. Pendant 90 minutes haletantes, les hommes du double Z ont encore montré qu’il n’avait que faire de bien jouer au football ou d’éblouir les fans : les Vikingos ne voulaient que la qualification et ils l’ont obtenue.

Un milieu sans repères

Choix tactique de Zinedine Zidane : Casemiro s’assoit sur le banc et Matteo Kovacic débute au côté de Toni Kroos et Luka Modric. La technique au détriment de la puissance, voilà une décision osée, surtout pour une 1/2 finale retour de C1. La domination sportive merengue en Champion’s cette saison ne renvoie pas à une domination territoriale sur le pré et l’équipe éclate facilement. En d’autres termes, le Real Madrid est grand, le Real Madrid gagne mais ses prestations collectives sont bien souvent peu aboutis.

Une nouvelle fois, le Real Madrid a énormément souffert. Cueillis à froid par Joshua Kimmich sur une erreur de Sergio Ramos, les Vikingos ont entrevu le spectre du 1/4 retour face à la Juve. Au milieu, Kovacic n’apporte pas la sérénité d’un Casemiro. Le Real Madrid est trop facilement perforé au centre du terrain. Sans réelles solutions face à des Bavarois très agressif à la perte de balle, Modric a eu l’intelligence de redescendre bas pour aérer le jeu de son équipe. Les Vikingos ont énormément de défauts cette année mais, quand le cuir évolue de pieds en pieds, il est bien traité. Par séquences, le Real respire et sur une sortie de balle exquise la Maison Blanche revient à hauteur par l’intermédiaire de Benzema. Comme à l’aller, il n’a fallu qu’un oubli de marquage d’Alaba pour voir tout l’édifice munichois s’effriter et encaisser un but.

Plus que l’équipe, c’est ce club. C’est une histoire qui vient de très loin et que nous sommes en train d’écrire, comme d’autres l’ont fait avant nous. Le Real Madrid ne se rend jamais, dans les moments difficiles nous croyons en ce que nous faisons.” Zinedine “historique” Zidane.

Même acculé au plus haut point, le Real Madrid ne rend jamais les armes et ne s’avoue jamais vaincu. Cette sensation va encore une fois transparaître en deuxième mi-temps. La Maison Blanche est encore une fois être au bord de la rupture. Keylor Navas sort plusieurs parades exceptionnelles. Les Merengue sont presque inoffensifs, ils s’adaptent pour survivre. La charnière Ramos-Varane a joué plus de 40 ballons dans sa surface. Le Real Madrid a joué avec le feu sans se brûler. Encore une fois ! Il a craqué en Liga, il a craqué en Copa mais il garde le cap en Ligue des Champions. Une situation presque ubuesque mais, dans la compétition reine, les murs de la Casa Blanca temblent mais ne s’effondrent jamais.

Une domination inexplicable

Si le Real Madrid version 2016-2017 était un rouleau-compresseur, la cuvée 2017-2018 a un goût très différent. Capables de gagner à l’extérieur contre le PSG, la Juventus et le Bayern, les Vikingos ont souffert à Bernabéu, surtout contre les Bianconeri et les Bavarois alors qu’ils étaient dans une situation idéale. Cette fébrilité à domicile interroge. Rien n’est logique dans ce qu’on a vu sur leurs 3 derniers matchs européens. Cependant une impression reste : ce Real-là est un monstre froid qui ne laisse passer aucune erreur.

A l’aller, c’est l’erreur de Rafinha qui fait basculer le match. Au retour c’est la bourde de Corentin Tolisso et Sven Ulreich qui fait basculer la qualification. Le football selon Zidane ne se pense plus avec une production collective forte. Lors de ce match retour, ce sont les individualités qui ont fait la différence. Navas a tenu la baraque quand Ulreich a coulé. Karim Benzema a supplanté Cristiano Ronaldo quand Robert Lewandowski et Thomas Müller ont gâché. Le Bayern aurait pu réaliser l’exploit mais depuis 3 ans, les regrets appartiennent aux adversaires des Merengue.

“L’arbitre a fait du bon boulot, nous n’avons pas perdu par sa faute”. Thomas Müller, lucide.

Zidane a fait son choix : pour lui, ses joueurs sont des géants qui ont besoin d’être responsabilisé. Le collectif ne masque plus les erreurs, ce sont des prestations individuelles de grand niveau qui font les différences pour le Real Madrid. Au fond, rien ne nouveau sous le soleil.

Un match fou, frénétique, du genre qui plait au public. Notre deuxième mi-temps a été bien meilleure. Il faut féliciter le Bayern parce qu’ils ont fait un grand match. En Champion’s, on n’obtient pas tout cela sans souffrir, encore moins pour arriver en finale. Mais c’est encore mieux, même si au niveau cardiaque que c’est compliqué…” Zinedine “200 pulsations” Zidane.

En définitive, chaque Merengue entre sur le terrain avec la volonté de gagner, pas de bien jouer au foot. Ils ont tous cette rage qui les pousse à ce surpasser. Encore face au Bayern, le Real Madrid a tenu le capmême dans la pire des tempêtes. La Maison Blanche est resté soudée et les individualités telles que Ramos ou Navas ont fait le reste. Quand on voit la saison délicate de Benzema, qu’il est encore une fois décisif pile au bon moment alors qu’il pourrait être au fond du trou mentalement, on se dit que Zidane est un gourou qui prépare parfaitement ses gars mentalement aux grandes échéances.

“C’est ce qui est bon, c’est le football, quand ça se termine bien, tant mieux. On a affronté une équipe énorme, comme la Juve et comme le PSG. On est contents, on a battu trois grosses équipes, mais le faire sans souffrir, c’est impossible.” Zinedine “c’est bieng” Zidane.

La domination blanche ne s’explique pas en termes de production collective ou de stats. Sur cette double confrontation, tout était contre eux. La domination territoriale, le nombre de tirs cadrés, d’occasions franches… Pourtant c’est le Real qui sort vainqueur. Cette domination madrilène ne s’explique pas, elle se ressent et elle se lit sur le tableau d’affichage. Elle est froide, cynique, elle ne se berce pas d’illusions ou d’une volonté de marquer son temps. Le Real veut juste régner sur l’Europe. Arriver jusqu’en finale en ayant un tirage loin d’être facile ne peut pas s’expliquer simplement avec de la réussite. Ce Real Madrid ne marque pas son temps avec un jeu incroyable, il marque son époque par sa domination mentale. Et ça, ça va rester dans les annales, c’est une certitude.

Benjamin Bruchet

@BenjaminB_13

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