Real Sociedad : Ander Barrenetxea, pas encore bachelier mais déjà buteur face au Real Madrid

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Crédits : Diario As

Le Pays Basque est un formidable fournisseur de footballeurs de grandes qualités. Terreau fertile, cette région particulière en Espagne est représentée fièrement depuis de longues années par l’Athletic Club ou encore Real Sociedad en Liga. Le deuxième cité, club moins connu en Europe que les Leones n’a pas les singularités des premiers mais fait tout de même régulièrement confiance à sa Cantera pour performer. Cette saison, ils sont pas moins de 9 à avoir été lancé en Liga. Le plus jeune, Ander Barrenetxea est celui qui suscite le plus d’intérêt en ce moment. Même pas majeur mais avec un talent plus que certain, l’offensif vient de débloquer son compteur but en Liga, face au Real. Portrait d’un garçon qui a tout d’un crack.

Les plus connus sont Muniain ou encore Inaki Williams, symboles parfaits de la science de la formation au Pays Basque, les deux offensifs font la pluie et le beau temps du côté de l’Athletic. À la Real Sociedad, le club d’Ander Barrenetxea, c’est Oyarzabal qui anime avec brio l’attaque des Txuri-urdines. Cependant depuis quelques semaines c’est un autre jeune passé par la Cantera de la Real Sociedad qui aimante tous les regards. Ander Barrenetxea n’a pas encore le BAC, mais il compte déjà 3 titularisations en Liga et déjà plusieurs ovations. Véritable phénomène, il égaye la fin de saison en Liga. Présentation d’un garçon pressé mais déjà bien entouré.

Attention crack

En septembre 2018, alors que la Real amorce un nouveau cycle sous l’égide d’Asier Garitano un petit jeune est invité régulièrement à s’entraîner avec l’équipe première. Ce joueur n’est autre qu’Ander Barrenetxea qui a tapé dans l’oeil de l’ancien coach de Leganes. Les Basques ne sont pas au mieux et les blessures se succèdent notamment celle de Januzaj qui amoindrie grandement la force de frappe de l’équipe. À l’aise avec le cuir dans de petits espaces et capable d’éliminer n’importe qui par un dribble, Ander est déjà connu dans le club et présenté comme la futur pépite de la Real Sociedad. Sa force de frappe et sa capacité à générer du chaos dans les défenses adverses font déjà beaucoup parler et on lui prédit un grand avenir.

Titulaire avec la Rojita U18, Ander joue ses premiers minutes face à un autre club basque fin décembre après avoir débuté un amical face à Toulouse peu de temps avant. À peine 9 minutes de jeu et une défaite de son club face à Alaves. Ce match sera notamment le dernier dirigé par Asier Garitano destitué après ce nouveau revers frustrant. Le mister n’a jamais réussi à mettre en place la recette qui avait fait son succès à Leganes. Sans réussite offensive et avec un groupe qui ne semble pas savoir où il va, la saison des Basques semblaient déjà terminée avant que 2019 ne commence. Imanol Aguacil est nommé pour essayer de relancer la machine et préparer au mieux la saison prochaine.

Crédits : Gol di Tacco a Spillo

Présent depuis de longues années au club et proche des jeunes, la légende de la Real connait parfaitement Ander Barrenetxea. Sous son impulsion, le club retrouve le chemin du succès et fait une belle remontée au classement. Chantre d’un jeu offensif qui met dans les meilleurs dispositions les éléments les plus talentueux de l’effectif, Aguacil rempli pleinement sa mission. Dans le même temps et face à un Januzaj en pleine bourre, Ander ne joue plus et se contente simplement de s’entraîner avec les pros. Une satisfaction pour un garçon aussi jeune mais on en attend un peu plus de lui.

« Tu as 10 minutes pour tout changer ou tu retournes sur le banc « 

Cependant comme c’était déjà arrivé sous Asier Garitano une nouvelle hécatombe de blessures surprend à la Real. L’absence la plus dérangeante pour l’équipe est celle de Januzaj. Véritable catalyseur offensif il fait un bien fou aux Basques et son absence est un réel coup dur. Cependant ce coup du sort va faire le bonheur d’Ander Barrenetxea. Face au Betis pour le premier match raté par le Belge, le Basque joue 10 minutes en fin de match. Sur le banc face au Celta la journée suivante il débute son premier match face à Eibar. 55 minutes de bonnes qualités mais sans fulgurances pour Ander Barrenetxea qui a avant tout voulu assurer. Il devient tout de même un des plus jeunes joueurs à avoir débuter en Liga sous le maillot de la Real, dépassant la légende Xabi Alonso et Griezmann notamment.

Lors des deux journées suivantes, l’ailier ne cumulera que 25 minutes de temps de jeu. Alors que la Real semblait proche de l’Europe, l’équipe enchaîne 4 matchs sans victoire et recommence à décevoir. Aguacil sent bien qu’il manque un dynamiteur à son équipe en l’absence de Januzaj. Pour le match face à Getafe, Ander Barrenetxea débute une nouvelle fois, mais pour ce match, son entraîneur attend beaucoup de lui. Pourtant cette confrontation a tout du casse pipe pour le jeune ailier qui va affronter des défenseurs rugueux et une équipe très bien en place défensivement. Après une nouvelle première mi-temps sans erreur mais en ayant très peu tenté, Barrenetxea rentre satisfait aux vestiaires. Cependant Aguacil est déçu et lance un ultimatum à son poulain. Il a 10 minutes pour réussir à emballer le match sinon il sera envoyé sur le banc.

Ce défi n’impressionne pas vraiment le Basque de 17 ans. À peine de retour des vestiaires, Ander Barrenetxea est tout de suite bien plus protagoniste quand il a le cuir. Comme soulagé par le conseil de son coach, il va très vite réussir ce fameux dribble et enrhumé un joueur de Getafe. Ce geste technique est à l’origine du but d’Oyarzabal qui enfonce le clou en marquant le 2-0. La Real mène et Barrenetxea a gagné 10 minutes de rab. Quelques minutes après ce dribble réussi, il va réussir une roulette incroyable qui va faire se lever tout Anoeta, Barrenetxea est lancé sur orbite. L’histoire d’amour entre l’offensif surtout habitué à jouer sur les côtés et l’antre de la Real débute parfaitement.

Sortie à la 91 minutes, l’offensif est accompagné jusqu’à son banc par une salve d’applaudissements venue des tribunes de son stade. Pour sa deuxième titularisation, Ander a déjà montré qu’il avait tout d’un crack. Surtout que pour sa troisième titularisation, face au Real il va encore étaler toute sa classe et même ouvrir son compteur but. Une réalisation qui lui permet de devenir le plus jeune buteur en Liga de la Real. Une chose est sûre, Ander Barrenetxea a tout d’un crack et de la futur hype de l’autre côté des Pyrénées.

Un encadrement qui permet à Barrenetxea de garder les pieds sur terre

Former un crack c’est compliqué, le mettre dans un éco-systeme sain pour lui permettre de franchir sans encombre les paliers est encore plus difficile. Habitué à cela après avoir récemment fait exploser Antoine Griezmann ou encore Oyarzabal et avoir géré le cas Carlos Vela, la Real va encore devoir faire parler son savoir faire avec Barrenetxea. Encore lycéen, l’offensif passe son bac à la fin de l’année. Ses journées se décomposent en deux séquences. Le matin Ander est en cours, l’après midi il chausse les crampons à l’entraînement.

À la maison, il connaît les impératifs du sport de haut niveau. Sa mère, Azu Muguruza est la coach de l’IDK Gipuzkoa, club féminin de basketball proche de la Real Sociedad, évoluant en D1 féminine. Au club, c’est Moya, un des des vétérans de l’effectif qui joue le rôle de modèle pour le jeune Ander. Souvent même, c’est lui qui le ramène après les matchs et les entraînements vu que Barrenetxea n’a pas encore le permis. Au club, Ander Barrenetxea n’a pourtant pas de chauffeur attitré ou de passe droit. Son talent hors norme lui a offert un contrat jusqu’en 2025 mais pas de traitement de faveur.

Crédits : Mundo Deportivo

Barrenetxea semble vraiment avoir la tête bien faite. Lors d’une interview pour Diario Vaso, le journaliste a demandé au jeune ailier d’évaluer ses débuts. Sa réponse est laconique : « Je pense que mes performances ne sont ni très bonnes ni mauvaises. J’essaie de faire tout ce que l’entraîneur me demande et me bats le plus possible pour continuer à aider l’équipe avec tout ce que je peux. Les choses se sont mieux déroulées contre Getafe grâce au soutien de mes coéquipiers et de mon entraîneur ». Dans la même interview, on lui a demandé ce qui le stressait le plus entre les cours et les matchs. Encore une fois, sa réponse prête à sourire : « Ces jeux me rendent plus nerveux que les examens, mais c’est clair que je dois aussi me concentrer sur les études ».

Cette gestion casse un peu les codes, souvent les clubs mettent leurs cracks dans une certaine bulle. Pour la Real Sociedad, pas question, au contraire même. Sans le mettre trop en difficulté, les Basques veulent faire grandir Ander Barrenetxea en le traitant comme un joueur classique et en le poussant à sortir de sa zone de confort. Après le match face à Getafe par exemple, celui où il a confirmé tout son talent, Ander est rentré seul, en vélo. Ce vélo n’était même pas le sien, mais un des nombreux en libre service dans la ville. Personne ne sait où Ander Barrenetxea va s’arrêter, une chose est sûre, il a toute les cartes en mains pour devenir un très bon joueur de football, à lui de continuer à grandir, cette Real est parfaite pour ça.

Benjamin Bruchet

@BenjaminB_13

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