Bojan, Jesé, Loren : Les plus grands one-season wonders de Liga de la décennie

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Il y a des joueurs qui marquent une saison à tel point que leur football est dans toutes les rétines et sur toutes les lèvres. Puis, la saison d’après leur football est surtout dans les tiroirs poussiéreux de la mémoire. Voici les plus grand one season wonder des dernières saisons de Liga.

2011 : Bojan

Il suffit de repenser au Barça de Guardiola pour se noyer dans un océan d’idéalisme. À cette époque, tout allait pour le mieux, pense-t-on dans une sorte d’équivalence avec le « c’était mieux avant ». Et effectivement, Bojan Krkic, c’était mieux avant. Si la saison 2010/2011 ne semble pas être la meilleure de la carrière de Bojan, elle marque l’ultime espoir de le voir devenir un grand de ce monde. Après ça, un passage à l’AS Rome fera déchanter ses défenseurs. Ils devront se rendre à l’évidence : ce n’est guère un joueur capable de dépasser les quelques buts par saison. Les difficultés psychologiques prendront le pas sur le talent de Bojan durant le reste de sa carrière.

2012 : Manu Del Moral

Getafe, Séville, Elche, Eibar : Manu Del Moral a une carrière magnifique en première division ! D’autant que l’Andalou a aussi goûté aux joies de la Sélection et a une chanson à son nom à Getafe. Contrairement à d’autres joueurs de cette liste, son parcours n’est en rien décevant. Mais comme les élus de ce panel, lui aussi a connu une saison exceptionnelle qu’il n’a su répliquer. Dans le Séville de Marcelino puis de Míchel, il réalise une saison à dix buts en tant que titulaire indiscutable. Il partage le haut de l’affiche avec Álvaro Negredo. Tandis que le second est sur la pente ascendante, le premier diminue drastiquement son bilan comptable. Sa meilleure marque reste celle de 2012.

2013 : Diego López

Un jour, Mourinho lâche en conférence de presse qu’il préfère Adán à Casillas. Mais quand Adán se fait expulser après huit minutes de jeu pour sa première titularisation au Bernabéu, Mourinho doit changer de script. Son nouveau favori s’appellera Diego López. De retour dans son club formateur, le géant espagnol va connaître six mois d’extase. Contre toute attente, il multiplie les arrêts miracles. En Liga il porte le n°25, en Ligue des Champions le 41, et en général, il porte un Real Madrid convalescent. D’ailleurs, Manchester United doit une bonne partie de son élimination en Ligue des Champions au gardien espagnol.

Aussi exceptionnel qu’inattendu, son niveau baissera après ces six mois de 2013. En 2014 il garde son poste en Liga contre toute attente, bien que cette décision s’avère au final néfaste pour le Real. Polémique permanente et aucun titre dans les buts côté pile, arrêts fantastiques et succès dans son club de coeur côté face, Diego López aura vécu une aventure madrilène intense.

2014 : Jesé

Dans le vestiaire du Real Madrid, il y avait El Bicho, aka Cristiano Ronaldo, et El Bichíto, aka Jesé Rodríguez. La bête et la petite bête en version française. La bête étant suspendue en ce début d’année 2014, c’est la petite bête qui prend en charge son poste et les buts qui vont avec. Jesé était le plus grand espoir de la Fábrica depuis longtemps et le voir se révéler aux yeux du grand public réjouit l’entier du madridismo. Celui qui avait réussi l’exploit de faire se lever Florentino Pérez de son siège lors d’un match avec le Castilla fait désormais se lever le Bernabéu. On l’imagine convoqué par Del Bosque dans la liste du mondial brésilien avant qu’une rupture des ligaments croisés ne détruise ses plus grands espoirs. Dans son histoire madrilène, il aura néanmoins remporté deux Ligues des Champions.

2015 : Alberto Bueno

Le Rayo Vallecano, ce cimetière d’espoirs déchus. Rien que cette saison, le club madrilène compte dans ses rangs Giannelli Imbula, José Pozo, Mario Suárez et Álvaro Medrán. Toutes les saisons au premier échelon amènent avec elles ce lot de lente décadence. Mais pour une fois, le Rayo a assisté à l’éclosion d’un joueur. C’était en 2015. Dans l’orchestre du terrible Paco Jémez, Alberto Bueno flambait. À cette date-là, lorsqu’on fait la liste des grands joueurs que le Real Madrid a formé puis laissé filer, on en vient à inclure Alberto Bueno aux côtés des Mata, Negredo, Eto’o et autres Soldado.

Ses 17 buts lors de la saison 2014/2015 font de lui le meilleur buteur espagnol du moment. Il marque même un quadruplé en 14 minutes. Personne n’avait fait aussi vite depuis Bebeto en 1995. Dans une période où la Sélection se cherche un avant-centre, son nom est évidemment évoqué. Il ne recevra cependant jamais le coup de fil tant désiré, pas plus qu’il ne dépassera les un but par saison depuis. Passer de 17 à un… inexplicable. Après le Rayo, cinq seront les clubs à avoir espéré récupérer le Bueno d’antan.

2016 : Lucas Pérez

Le début de l’histoire est beau. Après avoir connu une carrière peu commune à écumer la D2 espagnole et les premières divisions ukrainienne et grecque, Lucas Pérez rentre au bercail pour y triompher. Sous le maillot du Deportivo de la Coruña, le club de sa ville, l’attaquant enchaîne les buts. Il est le joueur de l’automne 2015, marquant durant sept matches consécutifs. Il finit la saison avec 17 réalisations au compteur. Nombreuses sont les scènes où l’attaquant attrape le ballon loin du but et l’amène à bon port au terme d’une course jonchée d’obstacles.

Fort de son capital buts, le garçon au parcours sinueux embellit encore son histoire en partant à Londres, où il retrouve son père qui y vend du poulpe (une spécialité de la Galice) et Arsène Wenger. A Arsenal, les noces prennent fin lorsque la marche s’avère trop haute du côté de l’Emirates. Quand il joue les matches de Coupe, Lucas Pérez n’est pourtant pas mauvais du tout. Délaissé par son aura, il rentre à la maison pour une mission sauvetage du Deportivo, ratée. Les 17 buts et les 10 passes décisives ne se répéteront plus.

2017 : Sandro Ramírez

Sandro Ramírez au Barça, ça ne convainquait personne. En revanche, du côté de Málaga, son prochain club, le Canarien met tout le monde d’accord. Durant une grande partie de la saison, l’équipe va mal. Puis, Míchel arrive sur le banc et tout change, y compris la forme de Sandro. En un mois et demi de compétition, il marque sept fois, portant son total de buts à 14. Révélation de la saison à la pointe de l’attaque, son départ est un crève-cœur pour les fans de Liga qui se font encore chaparder un talent par la toute-puissante Premier League. Contrairement à d’autres exilés, il y avait de quoi être optimiste sur la réussite de Sandro en Angleterre. Cette puissance impressionnante, pas tout le monde ne la possédait. Pourtant, son passage à Everton est un échec tout comme son retour au pays à Séville puis à la Real Sociedad. Depuis le 14 mai 2017, Sandro n’a plus marqué en championnat…

2018 : Loren Morón

On a encore peu de recul sur le cas Loren. De la même manière qu’il est sorti de nulle part, il est retourné dans la pénombre. En mars 2018, le produit du centre de formation du Betis débarque à la surprise générale dans le onze de l’équipe première et surtout, il marque sept buts en quinze matches. Son éclosion semblait régler un problème à la pointe de l’attaque récurrent depuis le début de la saison. La fin de saison en trombe du Betis de Setién version 1 était due bonne partie à Loren Morón.

En 2019 pourtant, c’est le calme plat. Cinq buts en une trentaine de matches et plus que tout, une sensation d’incompatibilité avec le jeu des Béticos. Le longiligne attaquant ne brille pas dans les petits espaces ni à l’heure de participer au jeu ni à l’heure de faire de la surface son aire de domination. Toutes les solutions apportées par l’Andalou en 2018 sont devenues des problèmes cette saison.

 

Elias Baillif (Elias_B09)

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