Tactique / Liverpool 4 – 0 Barça : Comment les Blaugranas et Valverde ont été ridiculisés par les Reds

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Pour la 2e année consécutive, le Barça sort de la Ligue des Champions après avoir subi une remontée improbable. En 2018, c’était contre la Roma ; en 2019, c’est donc face à Liverpool. Mais comment avec 3 buts d’avance les Blaugrana ont-ils pu se faire marcher dessus à Anfield ? Vaincu par Jürgen Klopp, Ernesto Valverde a été trop attentiste pour espérer inverser la tendance. Ce sont tous les maux tactiques dont souffre le Barça quand ni Messi ni Ter Stegen ne peuvent sauver les apparences qui ont été une nouvelle fois percées à jour.

C’était trop beau pour être vrai. Après deux tirages au sort cléments et le festival Messi au Camp Nou, le Barça a sombré à Liverpool. Au terme d’un scénario improbable, Liverpool a réalisé l’impensable et a renversé le club catalan malgré 3 buts à remonter. En 90 minutes, ce sont toutes les interrogations de la saison blaugrana qui ont explosé au visage d’Ernesto Valverde et ses hommes. En 3 points, voici notre analyse tactique de ce match qui restera dans l’histoire du football.

Un XI trop prévisible

L’histoire se répète d’une manière aussi sévère qu’indiscutable. Là où Jurgen Klopp s’est adapté et a joué avec les failles adverses, Ernesto Valverde a campé sur ses positions au risque une nouvelle fois de subir sans s’en sortir. Fort d’un premier plan et d’un joker gagnant en la personne d’Arturo Vidal, capable encore une fois de se déployer comme il le voulait et d’assurer 3 postes en 1, le coach catalan pouvait avoir raison. Mais voilà. Si tous les Blaugrana étaient dans une grande forme au match aller, au match retour les formes étaient bien redescendues. Le Barça n’était pas supérieur et la première erreur a été de croire que ce qui s’est passé il y a quelques jours se répète. Les Azulgranas ont ignoré les avertissements et ont succombé aux Reds.

Si Coutinho dans les cordes n’est pas parvenu à devenir existant et décisif (comme souvent cette saison), Sergi Roberto a laissé Sadio Mane s’exprimer et provoquer la panique générale, la sensation de danger a été permanente. L’obsession de défendre tout en pensant à attaquer a conduit à  trop de précipitation et à de mauvaises décisions même de la part de Messi. Sans Salah, Firmino et Keita, Liverpool a parfaitement calculé un Barça devenu trop prévisible, des joueurs par exemple distraits dans les phases arrêtées en faveur de l’équipe adverse. Fabinho, Henderson, Robertson, Arnold ou encore Matip ont pu passer de l’anticipation au confinement, à l’intensité, à la folie et au calme, et ont amené la rencontre sur leur territoire.

Des changements et une gestion trop tardifs 

Le milieu de terrain catalan devenu prévisible, la voie était ouvert aux Reds. Trois des quatre buts sont passés par le même endroit, par le milieu de terrain. Dans l’entre-jeu les principaux acteurs catalans n’ont pas contrôlé les apparitions des Reds, souvent pris de vitesse, les défenseurs du Barça recevant ensuite leurs adversaires de manière excessivement statique. Là où Arthur aurait sûrement fait plus de bien dans un milieu à 4 tout en conservant Vidal.

À Anfield, les Blaugrana ont été incapables de gérer les minutes qui suivent les trois buts pour arrêter l’avalanche émotionnelle. Au moment où l’équipe azulgrana aurait dû marquer et stabiliser son jeu, la réaction du coach a tardé, Malcom et Arthur incapables de changer la donner en moins de 20min.

Pas préparé mentalement à résister au pressing des Reds

Le Barça n’a pas pu résisté à la pression imposée par son adversaire. Sans tension suffisante pour renverser la vapeur,  il était vain de croire que cette équipe aurait pu remporter une bataille comme celle d’Anfield. Liverpool a basé son combat sur des 1vs1 en attaque et en défense. Les Catalans n’ont pas mis l’intensité suffisante pour équilibrer les combats individuels. Les duels ont été perdus, et tous les buts ont été précédés par des erreurs individuelles.

Le pressing était de telle que Liverpool a contrôlé le processus décisionnel de Barcelone. Origi et Shaqiri en plus d’un marquage impeccable, ont parfaitement anticipé et couvert les milieux de terrains catalans. Au moment de relancer, Ter Stegen n’avait plus d’options dégagées de libres. Liverpool a été également souvent en supériorité numérique.

Après Messi et Ter Stegen, le déluge

C’est un des reproches les plus communs d’une large partie de l’afición blaugrana : quand Messi et Ter Stegen ne sont pas au sommet, le Barça ne s’en sort pas dans les matches à enjeu. L’Argentin a eu des opportunités, le gardien a sauvé plusieurs fois les siens mais, tous deux délaissés par un collectif absent, ils n’ont pas pu sauver l’essentiel. Messi est constamment cherché pour tirer les Culés d’un mauvais pas. La fin de match a été l’exacte représentation de cette dépendance intellectuelle. Il fallait donner le ballon à la Pulga et prier pour qu’il sorte un geste génial. Cette sur-dépendance traduite aussi par le besoin quasi systématique de servir Messi même cadenassé laissant la bonne option de jeu ne jamais voir la couleur de la balle. Un mal symbolisé par Jordi Alba. Ce jeu-là a (trop) souvent fonctionné. Mais les jours sans, c’est comme si le reste de l’équipe était incapable de faire du dépassement de fonction, d’aider pour une fois leur maître à jouer à se mettre dans les meilleures conditions.

Vaincu et sans réaction, le Barça sans identité de jeu, sans estime de soi et sans héros ne fait que répéter des erreurs qui durent depuis plusieurs années déjà. Sans jeu au milieu de terrain ni véritable liant entre le milieu et l’attaque, mais également sans collectif, jeu vers l’avant ni grinta, l’effet de la victoire disparu. Les remises en question doivent être à hauteur de la débâcle chez tous les acteurs du club  : joueurs, coach en passant par le board.

Soledad Arque Vazquez et François Miguel Boudet 

@solearquev & @fmboudet

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