Tactique / Barça 3 – 0 Manchester United : Comment collectivement le Barça a remporté sa place en demi-finales

0
Crédits Photos : Manu Fernandez AP

Après trois saisons d’attentes, le Barça valide son ticket pour les demi-finales de la Ligue des Champions. Concentrés et dominants, les Catalans n’ont donné aucune chance à un Manchester United qui a su surprendre en début de rencontre mais battu par le football intelligent de Messi et le collectif de Barcelone.

Un pour allumer le brasier, les autres pour répandre les flammes. Dans un Camp Nou bouillonnant, guidé par leur héros et génie Messi, le FC Barcelone réalise un rêve. Celui enfin de se positionner parmi les quatre grands finalistes d’une Ligue des Champions. Si depuis 2015 les Catalans n’ont pas pu aller aussi loin dans la compétition, cette saison, les Blaugrana fêtent dignement leur arrivée en demi, démontrant que le collectif peut s’allier aux prouesses de chacun, et surtout à celles du petit par la taille, mais immense par son football, magicien argentin. Lui qui n’avait plus marqué en quart de finale de LDC y est allé de son doublé avant de se muer en guide pour son équipe quelque peu perdue par l’audace des Mancuniens dans le premier quart d’heure de jeu.

Le flottement puis l’explosion

Au Camp Nou, Manchester United a eu ses 15 minutes de gloire mais n’a pas su en profiter. La faute à celui qui fait la pluie et le beau temps sur le football et sur son équipe, le seul, l’unique, Leo Messi. Ambitieux Ole Gunnar Solksjaer ne veut pourtant rien laisser au hasard. Martial et Lingard, des joueurs incisifs ont quitté le banc. L’entraîneur norvégien est à la recherche d’un match révolutionnaire et, en effet, Manchester United commence incandescent, fugitif, à la recherche d’un but et sème la panique dans un Camp Nou fatigué par les tentatives de naufrage anglaises. L’impression que l’histoire, le bouclier et les mythes que le club mancunien illuminent poussent l’équipe, avec un bloc agressif qui rend anecdotique les brèves possessions du Barça.

Manchester United profite des espaces laissés dans le dos de la défense barcelonaise pour lancer ses flèches, Rashford et Martial, en contre-attaque pour attaquer l’espace. Dans l’ensemble les hommes de Valverde n’ont pas souffert, sauf lors de ce début de rencontre indomptable. La phase de domestication dure environ dix minutes, jusqu’à ce que le Barça commence à mettre en place son centre d’activité sur le terrain de l’adversaire. Il a suffit d’une inspiration de génie et d’une boulette de De Gea pour faire basculer ce match dans une toute autre dimension.

Messi et les autres

Avec lui la rébellion n’est pas possible. Plus qu’un buteur, plus qu’un extraterrestre descendu pour nous émerveiller, Messi est un guide et montre l’exemple, ouvre la voie à son équipe. Irréprochable dans le pressing et exquis dans l’orientation du jeu, le numéro 10 met fin à tous les débats et oriente ses coéquipiers. Car comme durant toute cette saison, l’équipe azulgrana a besoin de sa boussole pour retrouver son chemin.

Messi a transformé le cheval de course que United a été en un âne arthritique. En dix minutes, il crée plus d’opportunités que durant tout le match aller à Old Trafford, laissant de nombreux cadavres derrière lui à l’image de Fred. Le Barça surmonte la pression à sa guise, combine sans problème dans les zones à risque… Ni le bouclier, ni l’histoire n’ont été en mesure de soutenir un rival impossible à maîtriser. Résigné, conscient de leur incapacité, l’équipe anglaise ne bénéficie pas du reste.

L’apparition d’un collectif

Toute l’équipe presse, Messi joue plus large, les conditions sont idéales pour favoriser le jeu collectif. Accompagné par le GOAT, le jeu de Barcelone est notamment né de la pression exercée par Rakitic, Busquets et Arthur. Souvent critiqué cette saison ce trio a su bien occuper l’espace et exercer une pression constante. La courageuse approche de Solksjaer est tombée lorsque les joueurs du Barça ont réussi à se placer, à l’image de Rakitic, sur les talons de Young.

Alors que le Croate a su aller de l’avant donnant plus d’élan à son équipe, Arthur a de nouveau été le garant de la sortie de balle, capable d’apporter des mouvements intéressants à son équipe. Fred et McTominay souffrent et ne peuvent plus se rencontrer. Loin d’avoir convaincu lors du match aller, Busquets a su cette fois accompagner ses coéquipiers tout en maîtrise. Tout le monde s’attelle à la tâche et les choses déroulent. L’approche des latéraux catalans a également été intéressante eux aussi capables d’ouvrir les espaces. Avec une prestation aboutie surtout en seconde période, Coutinho à lui aussi eu son moment de gloire, auteur du troisième et magnifique but pour son équipe.

Les Blaugrana imposent à l’unisson leur volonté avec considération dans chaque passe et chaque mouvement, ravissants les supporters toujours quelque peu inquiets pour la suite de belles séquences collectives, elles qui étaient si inconstantes et rares cette saison. Mais voilà. Un tout autre combat attend les Catalans. Si le message est passé, celui que cette équipe peut encore et toujours se montrer sous son meilleur visage, le pragmatisme d’Ernesto Valverde et cette tendance petit bras doivent disaraître. Car face à un adversaire comme Liverpool et face un pressing conséquent (ce que Manchester United n’a pas eu l’occasion de faire) les choses peuvent être différentes. Le Barça doit proposer plus et Valverde céder définitivement au goût du risque. Car comme le montre l’Ajax qualifié avec le Barça lors d’une nuit magique de football, le risque remporte toutes les batailles, surtout celle pour l’amour du jeu.

Soledad Arque-Vazquez

@solearquev

Commentaires