Segunda – Las Palmas, De Setien à Pepe Mel : La chute sans fin

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Plus rien ne va sur l’île de Gran Canaria. Le club de Las Palmas qui était devenu la place forte de l’archipel est en train de détruire tout ce qui avait été construit et ce en moins de deux saisons. Il est passé d’un club qui jouait les troubles fêtes en Liga au ventre mou de la Segunda. Pepe Mel arrive sur le banc en pompier et se retrouve être le 7ème entraîneur  de la UD depuis 2017. Retour sur des mauvais choix qui ont précipité la chute de Las Palmas.

Ramirez et le retour au Paradis

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Paco Herrera / Source : AS

Nous sommes en juin 2015, 15 ans après avoir végété en Segunda et Segunda B, la UD Palmas décroche son billet pour l’élite du football espagnol après avoir remporté ses 2 matchs aller-retour en phase de playoffs. Un travail de longue haleine qui porte ses fruits. Ramirez arrivé à la présidence en 2005 alors que le club était en Segunda B vient de voir son projet se réaliser. Il a tout de suite instauré une rigueur dans le but de devenir la place forte des Canaries et concurrencer l’ennemi voisin du CD Tenerife. Apres quelques années de reconstruction, Las Palmas devient à partir de 2011 une équipe de premier plan en Segunda. Il aura fallu attendre 5 ans pour que la politique formatrice, économique et sportive de Ramirez soit récompensée. Les bases étant posées, la UD a un nouvel objectif : retrouver la Liga. Tout était cohérent et pensé dans ce but. Le 21 juin 2015, le rêve devient réalité suite à un match gagné 2-0 contre Saragosse avec des buts de Roque Mesa et Araujo. L’entraineur de l’époque est Paco Herrera.

 

Ramirez et la descente aux Enfers

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Quique Setién / Source : MARCA

La première saison 2015/16 dans l’élite  est correcte avec Quique Setién arrivé aux commandes en cours de saison. Le club se sauve à 3 journées de la fin. Las Palmas finit 11ème et le jeu proposé est attrayant. La saison suivante 2016/17 est dans la continuité de la précédente même si on note un petit fléchissement dans les résultats, dû à un effectif appauvri en qualité. Cependant à la fin de l’exercice, plus rien ne va et c’est la crise au sein du club. L’ambiance se dégrade car Ramirez galvanisé par la montée en puissance des canariens, s’immisce dans toutes les prises de décisions même sportives.

Il court-circuite sa direction sportive, Setién n’apprécie pas et claque la porte. C’est le début de la fin pour la UD. Le président croit en sa bonne étoile et se sent intouchable. Il nomme alors le coach de la filiale après plusieurs refus. Manolo Márquez qui a fait monter entre temps l’équipe réserve en Segunda B, accablé par la pression, démissionne au mois d’aout. Ramirez embauche de suite Paco Ayestarán. Ce dernier n’obtient pas les résultats escomptés et le bilan comptable du club au classement est aussi maigre que le CV du technicien. La situation empire de jour en jour. Ayestarán est limogé et remplacé par Paquito Órtiz qui sert d’intérim jusqu’à l’arrivée de Paco Jémez. Ce dernier ne réussira jamais à redresser la barre. La UD Las Palmas finit la saison 2017/18 avec 21 petits points sans gagner un match depuis le mois février et descend en Segunda.

Le cauchemar continue en Segunda

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Le président Ramirez / Source : Island Connections

La descente à l’échelon inférieur aurait pu apporter une once d’espoir : repartir de zéro sur des bases solides en évitant les erreurs du passé. Ramirez n’en tient pas compte et tel un monarque,  il nomme comme technicien Manolo Jiménez qui jouit d’une bonne réputation. Le président interfère dans les décisions et malgré un début de saison prometteur, Las Palmas enchaîne les matchs sans victoire et Ramirez s’impatiente. Il vire Jiménez et fait revenir Paco Herrera. L’homme de la montée quelques années plus tôt est attendu comme le messie.

Toutefois, l’effectif est beaucoup moins homogène et pas aussi fort qu’à l’époque. Après 14 matchs moribonds sans inverser la spirale négative, Herrera se voit remercier par un Ramirez de plus en plus agacé et impatient. C’est donc dans ses conditions que débarque l’expérimenté Pepe Mel, 57 ans. Un choix qui sent bon le ronronnement. Aucune prise de risque de la part de la direction du club qui espère inverser la tendance. Un 7ème entraineur en moins de deux saisons qui n’inspire pas la sérénité au sein de l’entité canarienne.

Le projet qui a mis 10 ans à se bâtir s’est retrouvé éclaté en mille morceaux en quelques mois à cause des choix de son président (on ne parlera pas des affaires de corruption dans lesquelles il est mêlées). Tel un enfant qui a fait un magnifique château de sable pendant des heures, qui saute dessus à pieds joints et le fait disparaître en une poignée de secondes. On ne parle plus de projet du côté de Gran Canaria seulement de survie. Quand on pense que des jeunes entraîneurs comme Rubén Barja, Javi Guerrero ou Velazquez ne demandent qu’à intégrer des projets sportifs d’avenir en impulsant un souffle nouveau. Ramirez a préféré lui, le recyclage et vu la tournure des évènements, à ce rythme, la place forte du football canarien va déménager sur l’île voisine.

Par Jé Pintio (@JePintio)

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