ITW – Dimitri Foulquier (Getafe) : «La Ligue des Champions, on n’y pense pas»

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Arrivé cet été dans la banlieue sud de Madrid, le milieu droit français Dimitri Foulquier (25 ans) s’éclate avec Getafe. Avant le déplacement au Real Betis, le champion du monde U20 a accordé un entretien à FuriaLiga. L’occasion d’évoquer la bonne saison des Azulones, son nouveau poste, mais aussi l’Équipe de France. ¡ Vamos !

Furialiga : Bonjour Dimitri, tu réalises une saison pleine avec Getafe (20 matchs TTC). On peut dire que tu as fait le bon choix en signant ici cet été. Raconte-nous comment c’est fait ce transfert. Tu étais désireux de revenir en Liga ?

Dimitri Foulquier : Oui, j’ai passé quatre ans en Espagne à Granada. La Liga est un championnat que j’ai appris à connaître et où individuellement j’étais de mieux en mieux. C’est vrai que les trois dernières saisons, j’ai connu des blessures qui m’ont freiné dans ma progression alors après l’année que j’ai passée en France à Strasbourg je voulais revenir en Liga. Quand l’opportunité de Getafe s’est présentée, je n’ai même pas hésité. Je suis content d’être ici !

À l’heure où l’on parle Getafe est donc 4ème de Liga, une place synonyme de qualification pour la Champions League qu’est ce que cela t’inspire ?

(Il sourit) Être bien classé, ça donne encore plus de motivation dans le travail. Mais nous on est une équipe très humble, on essaye simplement de répondre présent à tous les matchs. On ne parle pas de classement ni d’objectifs. On ne pense pas à la Ligue des Champions, on prend les matchs les uns après les autres. Quelles sont les clés de votre réussite ? L’une des clés c’est la solidarité et surtout l’intensité qu’on met à chaque match. C’est une consigne du coach, mais c’est surtout une mentalité que le groupe a adoptée. Aujourd’hui dans le football si une équipe ne met pas d’intensité elle ne peut pas gagner. Pour l’instant, on parvient à imposer cette intensité à chaque match ce qui fait qu’on est difficile à jouer. Et j’espère que ça va continuer.

Vous jouez aussi très vertical, avec une certaine agressivité sur le porteur du ballon et ça explose dès la récupération. C’est la griffe de Bordalas ?

C’est vrai qu’on n’est pas une équipe qui prend son temps dans l’élaboration des attaques. On a un jeu direct. Chaque style a ses avantages et ses inconvénients. On peut gagner avec notre style de jeu, pour preuve ça nous réussit jusqu’à présent. Il faut que l’on garde ce que l’on fait de bien mais aussi que l’on améliore certains choses. Comment il est d’ailleurs le coach ? (Rires) C’est un coach exigeant qui sait ce qu’il veut et qui sait le faire comprendre aux joueurs. Les séances d’entraînement sont longues donc on travaille beaucoup. Entre le début de saison et aujourd’hui j’ai progressé dans plusieurs aspects de mon jeu, mais surtout mentalement. À vrai dire, on s’entraîne comme on joue, avec beaucoup d’intensité.

Ça doit être fatigant alors ?

Nan ça va, le corps s’habitue au final. (Il tapote sur ses jambes)

Getafe a la réputation d’être une équipe défensive (22 buts encaissés soit la 3ème meilleure défense de Liga) on vous compare à l’Atletico Madrid du Cholo, qu’est ce que tu en penses ?

Si les gens pensent que notre jeu ressemble à celui de Simeone c’est forcément qu’il y a des similitudes, mais il ne faut pas se voir trop grand. L’Atletico c’est un grand club avec beaucoup plus d’argent que nous, Getafe n’est pas dans la même catégorie.

Getafe est une équipe peu appréciée, son style de jeu est notamment décrié et il y a même une certaine animosité. Tu la ressens ?

On lit la presse, on voit que ça critique beaucoup. Ce que je veux dire c’est qu’on n’est pas quatrièmes juste parce qu’on fait des fautes. On est quatrièmes parce qu’on répond présent depuis le début. On est quatrièmes parce qu’on créé beaucoup d’occasions. On a marqué plus de buts (32 buts marqués soit la 9ème attaque de Liga) que certaines équipes qui ont la réputation de bien jouer au football. Les critiques ne sont pas justifiées, mais on les accepte tout en continuant à travailler. J’aimerai juste savoir à quoi on juge si une équipe joue bien au football ou pas ? C’est subjectif. Il faut qu’on prenne des critères et ensuite on pourra discuter. On n’a pas la pire équipe du championnat, loin de là même.

Malgré cela, le Coliseum n’est pas toujours plein, c’est difficile d’exister dans une ville où le Real Madrid et l’Atletico sont rois ?

Le fait qu’à Madrid il y ait cinq clubs en première division dont le Real et l’Atletico ça nous permet d’être plus tranquille ici on va dire. Alors oui dans le stade il y a moins d’engouement qu’à Granada ou Strasbourg par exemple, mais on ne va pas se plaindre. L’important c’est que ceux qui viennent au stade nous encouragent et qu’on sente le soutien des supporters.

Cette saison, tu joues un cran plus haut que ton poste habituel à savoir milieu droit. Qu’est ce que cela change pour toi ?

Quand tu joues latéral il faut plus faire attention à ce qu’il se passe dans ton dos alors qu’au milieu je vais être plus dans le pressing. Offensivement parlant j’essaie de jouer simple, d’apporter des bons centres. La seule différence c’est la présence dans la surface : quand il y a des centres côté opposé il faut être présent lors des situations chaudes.

Jouer plus haut implique forcément d’être plus proche des buts, déjà trois buts et une passe décisive. C’est pas mal ?

Oui c’est pas mal, mais je pourrais faire mieux ! Il faut que je continue à travailler pour aider l’équipe. D’ailleurs comment tu t’es retrouvé à jouer milieu droit ? Je m’entraînais et un jour il y a eu des absences et le coach a décidé de me mettre plus haut simplement. Depuis j’ai joué qu’un match arrière droit à Villarreal.

Et tu préfères quoi latéral droit ou milieu droit ?

Du moment que je suis sur le terrain (rires)

Tu appartiens toujours à Watford, tu n’es que prêté ici, tu envisages de rester ?

Je suis prêté sans option d’achat mais je ne pense pas trop à ça. Il faut déjà bien finir la saison en restant bien physiquement et le reste suivra forcément.

Une potentielle qualification européenne pourrait t’influencer ?

C’est une question qu’il faudra se poser si qualification il y a, donc on verra en fin de saison. Qu’est ce qu’il va falloir faire justement pour rester dans le top 6 ? Notre objectif ce n’est pas forcément d’être européen, nous on veut le maintien. Dimanche, il y a un match important, on fonctionne comme ça : match après match. On ne va pas commencer à s’enflammer et penser à des choses trop grandes.

En 2013, tu étais sacré champion du Monde U20 avec Pogba, Thauvin, Areola et consort. L’Équipe de France tu y penses ? Surtout dans une période où l’on est en pénurie de latéral droit ?

Franchement, je ne pense pas que l’Équipe de France soit si loin que ça pour moi. Je ne vais pas dire que j’y pense parce que je suis un mec qui ne se prend pas la tête. Je viens à l’entraînement je travaille. J’ai 25 ans, mon équipe fait une bonne saison, je joue dans un championnat compétitif alors si on m’appelle je serais enchanté d’y aller.

Propos recueillis par Maxime Oliveira (@MaximeOliveira) pour Furialiga.fr.

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