Europa League / Previa Celtic – Valence : Les pieds au Celtic Park, la tête ailleurs pour le VCF

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Opposé au Celtic, en seizièmes de finale aller de Ligue Europa, jeudi (21h00), Valence débute une compétition qui semble de trop pour ses objectifs de la saison. Mais la C3 offre un billet pour la Ligue des champions. Le jeu en vaut peut-être la chandelle.

Valence retrouve l’Europe sur la pointe des pieds. Très moyen durant l’automne lors de son retour en Ligue des champions, le club espagnol va débuter sa campagne de secours en Ligue Europa sur un terrain mythique, jeudi soir (21h00) : le Celtic Park. Et face à un adversaire prestigieux : le Celtic Glasgow, titan absolu d’un championnat sans suspens mais au charme absolument délicieux. À condition d’en apprécier ses charmes.

Apprécier un stade unique, seul objectif du Valence sur cette double confrontation ? 

À défaut d’avoir des ambitions dans une compétition qui semble peut-être de trop, le VCF pourra profiter d’un voyage unique. Il n’a plus mis les pieds dans l’antre de son adversaire depuis 18 ans où le grand Valence de Rafael Benitez avait survécu à une séance de tirs au but au bout de la nuit face à l’équipe de Martin O’Neill, alors menée par Henrik Larsson, Neil Lennon et consorts. Secoués par les Hoops, les Espagnols avaient combattu, mais souffert comme jamais. Pas dans son meilleur élément à ce moment-là, début décembre 2001, Valence avait survécu à ce qu’on peut appeler un voyage au bout de l’Enfer. Son parcours s’était ensuite arrêté en quarts de finale face à l’Inter d’un certain Hector Cuper. C’était un autre temps. Le Celtic n’est d’ailleurs plus aussi imprenable dans son antre qu’auparavant. Il gagne même à l’extérieur (à Anderlecht en C1 la saison dernière) et à Rosenborg cette saison.

Ce Celtic-là n’existe plus. Sa version moderne n’est pas dans le rapport de force, pas tout le temps en tout cas, mais elle n’en constitue pas moins un danger. Repris intelligemment par Brendan Rodgers depuis 2017, le club écossais continue de dominer son championnat, a retrouvé son rival historique, les Rangers, mais son niveau à l’échelon européen reste une bonne énigme à résoudre, même si ses résultats récents n’invitent pas à l’optimisme. Car ce Celtic-là répond désormais aux besoins de Rodgers, un homme qui aime le jeu offensif, tout du moins la créativité, l’ordre tactique et avoir un groupe uni autour de lui comme son modèle et mentor José Mourinho, celui qui l’a paramétré pour ce métier. Tous ces éléments laissent le Celtic des 2000′ dans un fossé sur le plan sportif. Passé en seizièmes de finale avec un bilan de trois victoires et trois défaites, le club écossais n’a pas vraiment rassuré à l’automne. Il a juste profité de la méforme du RB Leipzig et du faible niveau de Rosenborg pour se qualiier. Le FC Salzburg n’a, lui, pas eu trop de mal à le battre deux fois.

Jouer à fond l’Europe ou garder de la force pour le championnat ? 

Engagé sur plusieurs front mais mieux dans sa peau, Valence va devoir marcher sur des œufs pour affronter au mieux les défis qui se présentent à lui. Avec la finale de la Copa del Rey dans tous les esprits, pas sûr que cette double confrontation en une semaine avec le Celtic tombe à pic. Mais jouer le coup à fond en C3 peut offrir de belles perspectives, comme celle de se qualifier directement pour la Ligue des champions. Apparus fatigués face à la Real Sociedad (0-0), le week-end dernier, les joueurs de Marcelino vont devoir faire jouer leur profondeur de banc dans un premier temps, avant d’éventuellement avoir quelques ambitions en Europe. Il faudra dans un premier temps renouer avec la victoire : cela fait trois matches que le VCF ne gagne plus. La fatigue pèse sur les organismes, mais ce Valence n’a pas le droit d’être fatigué. Il faut endurer.

Pour les joueurs en manque de temps, pour ceux qui ont été récemment intégrés (Ruben Sobrino, Kang In), ce parcours européen tombe à pic. Rien de mieux que de jouer pour certains ou se remettre en confiance pour d’autres. Valence ne doit pas jeter à la poubelle une compétition, où il a joué deux demi-finales lors de ses trois dernières participations (2012, 2014). L’Europe mérite mieux que ça. Elle mérite un grand Valence. Si le VCF veut peser à nouveau chez les très grands, en C1, il devra réussir chez sa petite sœur, passage absolument indispensable pour grandir.

 

Le groupe appelé par Marcelino comporte quelques absents de marque. Gabriel Paulista, Santi Mina, Rodrigo Moreno et José Gayà, blessés, sont forfaits. Autre absence, celle de Facundo Roncaglia, suspendu pour quatre rencontres après avoir reçu un carton rouge avec le Celta Vigo lors de la demi-finale de l’édition 2017 jouée face à Manchester United. L’indisponibilité de l’Argentin va obliger Ezequiel Garay à enchaîner en défense centrale aux côtés de Mouctar Diakhaby. Le départ de Ruben Vezo à Levante et les circonstances du moment offrent peu de solutions de repli à Marcelino. En cas de problème en charnière pendant le match, ce sera à Francis Coquelin de dépanner.

XI probables

Au poste de latéral gauche, Toni Lato va pouvoir gagner du temps de jeu et sera doublé par le canterano Alex Centelles, convoqué pour la première fois en compétition européenne et en attente de jouer son premier match chez les professionnels. A droite, Cristiano Piccini devrait être titulaire, bien que l’option Daniel Wass existe toujours. Polyvalent, et en forme, le Danois a quand même de grandes chances d’évoluer dans l’entrejeu. Une énigme : Daniel Parejo débutera-t-il ? Son statut d’indispensable fait dire que oui. Son coup de fatigue aperçu face à la Real Sociedad (0-0) rend la chose moins évidente. L’idée de voir Carlos Soler à sa place, avec un numéro 6 à ses côtés, est tentante.

Quelques absences du côté du Celtic : Kieran Tierney et Olivier Ntcham, blessés, n’en seront pas. Tout comme les blessés de longue date : Tom Rogic, Eboué Kouassi et Daniel Arzani, tous sur le flanc pendant un moment (rupture des ligaments croisés du genou pour les trois). Emilio Izaguirre (cheville), et Jozo Simunovic (virus) ont été déclarés aptes au dernier moment. Si le Hondurien est jugé trop juste pour débuter, la recrue Jeremy Toljan pourrait basculer à gauche et laisser le couloir droit à l’expérimenté Mikael Lustig. Simunovic accompagnera Dedryck Boyata en charnière.

Dans l’entrejeu, le trio Callum McGregor-Scott Brown-Ryan Christie apparaît incontournable. La question sera de savoir qui évoluera au poste de numéro 9. Trois candidats vont se disputer la place aux côtés de Scott Sinclair et James Forrest : Oliver Burke (3 buts, 2 passes décisives), la nouvelle sensation, arrivée en provenance de West Bromwich en janvier, Odsonne Edouard et Timothy Weah, les deux anciens du PSG. Weah a inscrit 3 buts et délivré une passe décisive en 7 rencontres depuis son arrivée cet hiver. Mais sa titularisation semble peu probable vu d’Ecosse.

Parlons statistiques : Valence en Europe

1. C’est le nombre de défaite de Valence face aux clubs écossais en Coupes d’Europe. Le VCF a joué trois fois les Rangers et une fois le Celtic lors du 3e tour de l’édition 2001/2002 de la Coupe UEFA. Cette fameuse défaite est survenue lors du match retour à Glasgow (1-0) en décembre 2001.

4. Pour sortir Valence en C3, il faut parler espagnol. Ses quatre derniers bourreaux dans la compétition étaient des pensionnaires de Liga : l’Atlético de Madrid (1/4 en 2009/2010, 1/2 en 2011/2012), le Séville FC (1/2 en 13/14) et l’Athletic Club (1/8e en 2015/2016). Le dernier club non-espagnol à avoir sorti Valence en C3 est le Steaua Bucarest lors de la saison 2004/2005 (en 16e de finale).

Le saviez-vous ?

Brendan Rodgers n’a jamais affronté Valence dans sa carrière d’entraîneur, mais il a déjà gagné à Mestalla. L’ancien technicien de Liverpool faisait parti du staff d’Avram Grant lorsque les Blues étaient venus s’imposer à Mestalla en phase de groupes de la Ligue des champions en octobre 2007 (1-2).

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