Tactique – Barça-Valencia CF (2-2) : Comment les Blanquinegros ont résisté aux Blaugranas

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Les matches se suivent et ressemblent pour le Barça qui s’en remet encore et toujours aux inspirations de Leo Messi pour s’en sortir. Contre Valencia au Camp Nou, les Blaugranas ont eu la possession mais ont les pires difficultés à répondre au défi tactique et physique imposé par les Blanquinegros. Voici ce qu’il faut retenir de ce partidazo de Liga à quelques jours des 1/2 de la Copa del Rey. 

Valencia : défendre en bloc bas et piquer en contre

C’est un classique che sous Marcelino : contre le Barça, Valencia joue avec un bloc très bas. C’est certainement lors de tels matches que le 4-4-2 du coach asturien est le plus pertinent. Les Blaugranas jouent régulièrement contre des équipes prudentes mais qui ne parviennent pas à tenir 90 minutes et qui n’ont pas assez de répondant pour marquer en contre. L’objectif des Blanquinegros était de contraindre leurs adversaires à jouer dans l’entonnoir et de s’enferrer dans l’axe. Pour cela, il faut de la concentration et beaucoup d’agressivité intelligente. Le penalty concédé par Toni Lato en fin de 1re mi-temps est trompeur : Valencia a commis très peu de fautes, à peine 5, dont 3 pour le seul Denis Cheryshev.

5 : le nombre de fautes commises par Valencia lors des 90 minutes au Camp Nou

Clairement, Valencia n’a pas affronté le meilleur XI du Barça. Suspension de Sergio Busquets, mise au repos temporaire de Jordi Alba, blessure d’Ousmane Dembélé : les capacités de contrôle au milieu de terrain et de débordement sur les côtés sont amoindries. Philippe Coutinho est un joueur d’intérieur et la présence de Sergi Roberto à gauche n’aide pas beaucoup. Pour ce match, possiblement en prévision de la 1/2 de Copa del Rey en milieu de semaine, Carlos Soler n’est pas titulaire sur le flanc droit, remplacé à Daniel Wass.

Si le double pivot Dani Parejo-Francis Coquelin est une valeur sûre, quel allait être le comportement de Daniel Wass à droite et de Denis Cheryshev à gauche ? En 1re période, le Danois, qui a provoqué le penalty concédé naïvement par Sergi Roberto, comme le Russe, qui a touché le poteau dès la 3e minute, ont été excellents. Ils ont fini rincés en 2e période mais ils ont tous les deux disputés leur meilleur match cette saison.

Quoi qu’il en soit, le plan a fonctionné. Comme prévu, le Barça s’en est uniquement remis à Leo Messi, suivi comme son ombre par un Dani Parejo des grands soirs. L’ouverture du score a d’ailleurs été la preuve éclatante que Valencia réussissait son coup : Parejo a devancé Messi à l’entrée de la surface che pour amorcer un contre parfait achevé par Kevin Gameiro, de retour à un niveau intéressant après des semaines d’errance et montrant d’encourageants signes de complicité naissante avec Rodrigo Moreno, toujours aussi précieux et intelligent dans ses prises de balle. Sa sortie sur blessure du Français a sans doute beaucoup compteé, d’autant plus que Marcelino a privilégié le profil de Ferran Torres, certainement pour accélérer les remontées de balle, à celui de Santi Mina, plus buteur mais moins joueur que le canterano de 18 ans.

Le maillon faible de l’équipe che s’est révélé être Toni Lato. Le canterano a été titularisé à la place de José Gayà, suspendu. Dire qu’il n’a pas réalisé le meilleur match de sa vie est un euphémisme. Il a provoqué un penalty très évitable sur Nélson Semedo et manqué de tranchant pour dégager un ballon qui a fini dans les pieds de Leo Messi. Rabroué sévèrement par Gabriel Paulista et Dani Parejo en fin de match, le jeune latéral a souffert comme jamais. Ainsi se fait l’apprentissage du très haut niveau… Proche d’un départ en prêt lors du mercato d’hiver, il n’a pas marqué de points samedi après-midi et José Gayà devrait vite retrouver sa place de titulaire, dès jeudi en Copa del Rey.

Un Barça déséquilibré

L’euphorie de la Copa bien retombée, le Barça de Valverde retombe dans ses travers. Il était loin le temps où le Barça était capable de garder la possession et maintenir la pression tout en gardant le contrôle du jeu. Concédant quelques boulevards à leurs adversaires, les Culés se sont rapidement laissés dépasser. Si les locaux s’étaient installés confortablement dans la moitié de terrain adverse, avec une possession de balle supérieur à hauteur de 68%, ce sont pourtant les visiteurs qui se sont montrés finalement plus efficace. Il aura suffi d’un contre pour un peu plus dérégler la machine catalane déjà bien enraillée par les choix du coach Ernesto Valverde.

68,8% : la possession du Barça sur l’ensemble du match

Sans Jordi Alba, Sergi Roberto pour le remplacer, le jeu catalan manquait de profondeur sur le côté gauche, le canterano complètement dépassé notamment face à la densité axiale de Valence. Pourtant, c’est Semedo, plein de confiance et à l’origine du penalty qui a permis à Messi de réduire l’écart avant la pause, qui a été sanctionné en étant remplacé par Alba avant le début de la seconde période. Au milieu, le trio expérimental formé par Rakitic (dans la position de Busquets suspendu), Vidal et Aleñá n’étaient pas non plus très lucides. Si Carles Aleña a été le plus performant des trois, notamment dans les duels et l’animation, il a fini lui aussi par être remplacé par Arthur Melo devant un Arturo Vidal totalement désorienté.

Sur le plan offensif, si Messi est encore venu sauver les meubles, les premiers signes de fatigue sont apparus ne laissant présager rien de bon avant le premier Clásico décisif en 1/2 finale de Copa del Rey mercredi soir. Si le Barça ne parvient pas à décrocher les trois points pour la première fois depuis huit journées en Liga, une question demeure : Valverde réussira-t-il à gérer efficacement son effectif au vu du calendrier chargé, ou le spectre de la Roma plane-t-il encore au dessus de la tête des Catalans ?

Soledad Arque-Vázquez et François Miguel Boudet

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