Sans Ibai Gomez que peut espérer Alavés pour la fin de saison en Liga ?

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Equipe révélation de la Liga, les basques finissent un exceptionnel premier tour à la cinquième place. Le maintien quasiment acquis, que peut espérer Alavés lors la deuxième partie de saison sans son ailier vedette parti du côté de Bilbao ? La solidité défensive, un renfort hivernal et l’efficacité de Borja Bastón vont-ils suffire ? 

Le RCD Alavés peut festoyer. Avec 32 points au compteur, les basques viennent de signer le meilleur premier tour de leur histoire. Ils pourraient se laisser aller à rêver de jouer l’Europe, mais loin de se laisser gagner par l’euphorie, leur coach Abelardo martèle que leur objectif c’est avant tout le maintien. Une vision terre à terre qui a fait des Basques l’équipe révélation de ce premier tour de championnat, à seulement trois victoires du précieux sésame qu’est le maintien.

Cette cinquième place est le fruit du style de jeu implanté par Abelardo depuis qu’il a atterrit à Vitoria il y a un peu plus d’une année maintenant. Un football fait d’organisation, d’intensité, de solidarité, d’efforts et de solidité défensive. Ce sont ces piliers qui ont fait d’Alavés l’équipe révélation de la Liga. Abelardo mise sur un noyau de 15 joueurs pour former un onze dont 8 places sont fixes et qui maintiennent les bases posées par l’entraîneur la saison dernière. S’ils ont battu leur record de point sur un premier tour, Alavés a également forger un nouveau record : ils ont fait de leur stade Mendizorroza, une véritable forteresse. Aucune équipe n’a réussi à repartir avec les trois points lors du premier tour de championnat et ils sont invaincus à domicile depuis le 29 avril 2018.

Deux coups durs

Tous ces signes laissent donc présager une saison de tous les records pour les hommes du Pitu Abelardo. Sauf que contrairement aux apparences, tout n’est pas rose chez les Basques en ce début d’année 2019. En effet, ils viennent de recevoir deux gros coups durs dans leur saison. D’abord, Alavés vient de perdre l’un de ses pilier, Ibai Gomez, qui est retourné chez lui à l’Athletic Bilbao. Auteur de trois buts et deux passes décisives, il était l’un des principaux moteurs de cette équipe sur l’aile droite. La seconde mauvaise nouvelle, c’est que l’autre catalyseur offensif, Jony (deux buts et six passes décisives) s’est fait une grosse entorse à la cheville. Le joueur offensif le plus talentueux de l’équipe qui devait prendre la relève d’Ibai en tant que leader de l’attaque devrait être absent entre quatre et six semaines. Un énorme coup dur pour Alavés qui perd à quelques jours d’intervalle ses deux poignards offensifs.

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Qui pour remplacer Ibai ?

Si dans l’immédiat Abelardo va devoir reconstituer ses deux couloirs d’attaque, Burgui et Ruben Sobrino devraient être les élus pour pallier les absences d’Ibai et de Jony. Cependant, ces deux événements devraient tout de même pousser Alavés à se manifester sur le marché des transferts cet hiver. Les rumeurs semblent cibler notamment Takashi Inui, comme renfort voulu par Abelardo. Le milieu du Betis, en ce moment avec le Japon pour la Coupe d’Asie des Nations, qui joue très peu sous Quique Setién souhaiterait quitter le club sévillan. L’ailier de Levante, Jason, est également une autre des cibles privilégiées del Pitu grâce à ses bonnes performances sous les ordres de Paco Lopez. Dernier nom sorti dans la presse, Pablo Piatti, ailier de l’Espanyol, qui, à l’instar d’Inui, ne dispose pas de continuité avec Rubi. Si pour le moment aucune autre information n’a fuité, il y a de fortes chances que l’un de ces trois noms signe d’ici la fin du mois de janvier.

Ce qui interroge, c’est le profil de ces joueurs en comparaison avec Ibai Gomez. Aussi bien Inui, Piatti que Jason sont des joueurs de rupture. Garçons de couloirs virevoltants, rapides et bons dribbleurs, leur profil contraste avec celui du basque qui correspond plutôt à un milieu créateur. Ce qui était intéressant avec le duo Ibai-Jony c’est qu’ils étaient complémentaires. L’un créait du jeu là ou l’autre, ailier plus classique, tentait de passer son défenseur par des dribbles ou en vitesse. La venue d’un joueur avec des caractéristiques aussi proches de celles de Jony va-t-elle entraîner une changement de système ou d’animation de la part d’Abelardo?

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En plus du départ d’Ibai et de la relativement longue blessure de Jony, pour la deuxième partie du championnat, les bleus et blancs vont devoir absolument se renforcer. En effet, un autre mal guette Alavés : le manque de profondeur de banc. Si l’équipe commando de 15 joueurs d’Abelardo est très compétitive, celle-ci pourrait très vite s’essouffler en cas de blessures ou de suspensions. Au vu de l’intensité que met Alavés dans ses matchs, la venue d’une ou deux recrues semble nécessaire afin d’éviter que l’équipe ne s’écroule physiquement.

Laguardia-Maripán: les gardiens du temple

Dans l’attente de ce que peut apporter le mercato, les bleus et blancs vont devoir pour le moment se baser sur les recettes qui ont fait leur succès : intensité, sacrifice et défense impénétrable. S’ils encaissent aussi peu de buts (19 buts encaissés, 4ème défense de Liga) c’est grâce à un système défensif extrêmement performant. Dans les buts ils peuvent compter sur Pacheco qui multiplie les arrêts et s’impose comme l’un des meilleurs gardiens de Liga. A 26 ans, il possède un bel avenir devant lui.

Mais avant d’avoir la chance de pouvoir tester Pacheco, les rivaux doivent d’abord réussir à faire déjouer la paire de centraux d’Alavés. Laguardia (29 ans) et Maripán (24 ans) sont peu connus du grand public mais forment pourtant l’une des meilleures charnières de Liga. Laguardia est le kaizer de cette équipe. Le meilleur soldat d’Abelardo possède un jeu de tête excellent ce qui le rend redoutable aussi bien sur les CPA offensifs que défensifs. De plus, il excelle dans les duels et s’ajoute à cela une grande science du placement, ce qui le rend très complet et difficile à passer. Depuis un an maintenant il joue à un très haut niveau ce qui lui vaut une belle reconnaissance au niveau national. Preuve de son importance pour Abelardo, il a joué toutes les minutes du premier tour du championnat.

Son comparse, le chilien Maripán, a bien profité de la blessure de longue durée de Rodrigo Ely pour se faire une place dans le onze. Bon de la tête et dur à passer dans les duels, il est aussi fort avec ses pieds ou sa tête pour couper des actions. Laguardia et lui forment un duo complémentaire et très solide grâce notamment aux 193 centimètres de Maripán. Les deux centraux ont fait des cages d’Alavés un véritable coffre-fort qu’il est très difficile de percer. Ils forment avec les deux milieux très travailleurs un carré imprenable. Une chose est sûre Pacheco est l’un des gardiens les mieux protégés de Liga. Une grosse partie du succès des Basques repose sur leurs épaules. Les socios des bleus et blancs ont d’ailleurs reçu fin décembre une excellente nouvelle : Laguardia et Pacheco, deux des cadres de l’équipe, ont renouvelé leurs contrats jusqu’à 2022 et 2023 respectivement.

Un Borja Bastón en buteur vedette

Blessé en début de saison, puis sans aucune minute pendant quelques matchs, on n’a pas pu voir Bastón au mieux de sa forme depuis le début du championnat. Cependant, depuis plusieurs semaines maintenant il dispose régulièrement de minutes, et depuis trois matchs il a fait irruption dans le onze titulaire. Il a répondu à la confiance d’Abelardo avec deux buts lors de ces trois dernières journées. Il rejoint ainsi Calleri en tête du classement des buteurs du club avec 4 réalisations. La renaissance de Borja Bastón arrive au meilleur moment possible pour les Basques. Avec le départ d’Ibai et la blessure de Jony, l’équipe aura besoin plus que jamais de son efficacité devant les buts. L’attaquant madrilène a marqué quatre buts en 559 minutes, soit une réalisation chaque 139.75 minutes. Il est l’attaquant le plus efficace de l’équipe et cette efficacité Alavés en aura besoin vu le contexte. Borja Bastón va devoir se montrer plus buteur que jamais pour aider son équipe à rester dans le haut de tableau.

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Bien que le départ d’Ibai Gomez soit une perte pour le groupe dirigé par Abelardo, l’équipe a des bases solides basées avant tout sur un collectif très bien huilé et ultra discipliné. L’absence d’un joueur aussi bon soit-il ne semble pas pouvoir faire s’écrouler les Basques. Seule inconnue, la venue d’un hypothétique renfort qui pourrait amener le coach asturien à modifier son schéma ou son animation. Armée de ses certitudes et de son état d’esprit, Alavés semble parée pour la fin de saison.

Miguel Hernandez

@Mig19Hernandez

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