Coupe d’Asie des Nations : anciens du Real Madrid et du Barça, un club de D3 et Xavi : quand le Qatar parle espagnol pour préparer le Mondial 2022

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Crédits : Sven Hoppe/dpa

Le Qatar fascine autant qu’il énerve et indigne les suiveurs du football mondial. Depuis l’attribution du Mondial 2022 à ce micro-Etat, tous les regards sont braqués vers Doha pour voir comment le pays construit des infrastructures high tech et une équipe à coups de gros chèques. Au milieu de la démesure, des chameaux et des dunes de sables, un dôme bleu a pour mission de construire une équipe cohérente et compétitive. Ce centre ultra-moderne porte le nom d’Aspire. Déjà bien connu en Europe, la réussite de ce projet pharaonique repose sur des hommes en grande partie venant d’Espagne. Entre péninsule ibérique, Qatar et Belgique : explication des secrets de fabrication d’une sélection nationale cohérente pour le rendez-vous de 2022, climax de cette politique de soft power par le sport.

Sur les 23 joueurs qataris qui composent l’équipe nationale qui va disputer la coupe d’Asie des nations 2019 aux Émirats arabes unies, 9 sont passés de près ou de loin par l’Espagne durant leurs carrières courtes mais déjà bien remplies. De plus, l’homme qui doit mener le Qatar dans cette première grande compétition avant le Mondial 2022 est aussi espagnol : Felix Sánchez Bas. Ancien de la Masia, ce sélectionneur plutôt jeune représente bien ce que le Qatar veut pour son avenir. Avant de s’asseoir sur ce banc, Sánchez Bas a gravi tous les échelons dans l’académie d’Aspire et connaît parfaitement la jeune génération qui doit mener le Qatar à la gloire en 2022.

Du pétrole et des idées

Le Qatar, actuellement 93e au classement FIFA, dispose d’un réservoir très maigre pour constituer son équipe première. Bien sûr, le pays regroupe près de 3 millions d’habitants sauf qu’une majorité est constituée de travailleurs étrangers. Le pays ne compte même pas 10.000 licenciés et les maux de têtes sont violents quand, en 2010, le Qatar reçoit donc le droit d’organiser la plus grande compétition de football du monde. Il est vrai pourtant que l’Etat du Moyen-Orient réfléchit depuis un moment à grandir par le football. Un soft power diplomatique qui prend énormément de poids ces dernières années avec comme symbole l’achat du PSG.

La première décision que prend le Qatar pour grandir sportivement est la création d’Aspire puis d’Aspetar et ce dès 2004. Le premier est un centre d’entraînement omnisports ultra moderne. Ce dôme bleu ressemble à un supermarché du sport. Plus grand centre d’entraînement couvert du monde, Aspire doit dénicher et former les footballeurs qui doivent permettre au Qatar de ne pas être ridicule lors de cette fameuse Coupe du Monde 2022. Aspetar est la partie clinique sportive d’Aspire et accueille de très nombreux sportifs de tous horizons pour des soins, des interventions chirurgicales ou de la rééducation.

Ivan Bravo, l’ancien du Real Madrid PDG d’Aspire. Crédits : Mykhel

Pendant longtemps cependant, le Qatar voulait surtout miser sur des naturalisations massives pour se construire une équipe nationale comme cela avait déjà fait pour son équipe de handball, avec succès puisque lors du Mondial à domicile les locaux avaient atteints la finale contre la France. Sauf que les règles de la FIFA sont très strictes sur ce point et que les résultats n’ont pas été à la hauteur des investissements lors de la phase d’expérimentation du projet. Depuis, le Qatar a changé son fusil d’épaule et veut former des joueurs pour porter l’étendard du pays très haut en 2022.

Iván Bravo, directeur général d’Aspire, explique les objectifs de l’Académie à court terme : « Nous voulons être le meilleur centre d’entraînement au monde et être le fournisseur numéro 1 de talents à la sélection ».

Cependant, entre vouloir former des cracks et réussir à les former, la différence est énorme. C’est là qu’arrive la patte espagnole déjà bien présente dans la région. Aux Émirats Arabes Unis, la Liga et l’Espagne détiennent presque le monopole des académies qui sont souvent privées. Au Qatar, Aspire est détenu par la famille au pouvoir et si plie directement aux directives des Al Thani. Son directeur général est un Espagnol : Iván Bravo. Ancien du Real Madrid, Bravo modèle l’avenir du football qatari et surtout suit les projets à l’étranger de l’académie qui déploie ses tentacules partout dans le monde.

D’aspirateur à exportateur de talents et de science de la post-formation

Aspire emploie énormément d’étrangers à l’image du Qatar même si les Espagnols sont majoritaires dans l’académie sportive. La vie est assez douce pour les Qataris au pays. Aspire s’inspire de la Masia, le centre de formation le plus connu et qui a la cote à l’étranger. A l’image du football espagnol, la Masia est à la mode et son modèle s’exporte…surtout que le Qatari moyen ressemble énormément à un Espagnol. Plutôt petit et pas vraiment trapu, les sacres de la Roja ont montré qu’il y avait de la place pour des footballeurs pas dotés d’un physique hors norme.

A lire : Michel Salgado, un ancien repreneur potentiel de l’OM en passant par le système des académies et Tebas : Al Aïn ou comment l’Espagne modèle l’avenir footballistique des Émirats Arabes Unis

Aspire c’est la Masia… en mieux. En Catalogne, les joueurs s’entraînent 1 fois par jour; à Aspire c’est deux fois. Et c’est comme ça pour presque tout : au Barça, les jeunes étudient dans des écoles classiques hors du centre tandis qu’au Qatar les jeunes étudient directement dans le centre. Pareil pour le logement : à Aspire les jeunes dorment régulièrement sur site quand, à la Masia, les joueurs dorment souvent à l’extérieur. Cependant, quand un ex du Barça prend la tête d’Aspire avant Iván Bravo le constat est simple : le Qatari a un mal fou à sortir de sa zone de confort. « Mis padres, mis amigos, mi gente » au Moyen-Orient en somme…

C’est une constante avec tous les jeunes joueurs de la région. Dans un des pays les plus riches du monde qui est aussi celui qui investit le plus d’argent par habitant dans le football, la vie est relativement paisible pour les locaux. Les jeunes sont relativement bien payés, ont des responsabilités et même ceux qui sont encore à Aspire vivent dans un complexe 5 étoiles avec un staff digne d’un très grand club au quotidien. Jamais ou presque ils sont dans une situation où ils doivent se battre pour avoir quelque chose. Une situation qui les rend peu enclin à se surpasser en match et donc de performer au très haut niveau. Au sein d’Aspire, la plus grande réussite locale est le sauteur en hauteur Mutaz Essa Barshim, champion du monde en 2017. Pour l’instant, ses homologues footballeurs tardent à l’imiter.

L’internationalisation d’Aspire

C’est là qu’arrive la deuxième phase de développement d’Aspire sous la houlette de sa direction espagnole. L’académie va d’abord se mettre à scouter un nombre incroyable de jeunes joueurs partout dans le monde (près de 700.000 par an !). Dans cette liste impressionnante, les plus chanceux sont recrutés par Aspire pour augmenter le niveau global et durcir les confrontations. L’objectif n’est pas annoncé mais on voit une volonté d’Aspire de mettre les Qataris très jeunes face à un autre style de football pour les faire progresser plus vite.

Ensuite, pour faire éclore des talents, il faut aussi soigner la post-formation. Malgré un championnat en légère progression avec notamment l’arrivée de joueurs étranger set des choix intelligents sur les bancs, la Qatar Star League n’est pas encore assez grande pour post-former des cracks. Aspire se met donc en quête de clubs partenaires hors des frontières pour envoyer ses jeunes en prêt. Ce projet d’ouverture d’Aspire est porté par Josep Colomer, un ancien de la Masia responsable du projet : Aspire Football Dream. Sous sa direction, l’Académie a tissé ses premiers partenariats avec les clubs qui aboutiront aux premiers achats d’entité entière. Il sera par la suite repris par Iván Bravo notamment.

Akhram Afif sous le maillot de Villarreal. Crédits : Diario As

Après quelques partenariats en Espagne (Afif à Séville) Aspire achète ses premiers clubs : Linz en Autriche et Eupen en Belgique. ce dernier est la première plaque tournante et accueille énormément de jeunes passés par Aspire. Dans cette petite ville germanophone, les diplômés d’Aspire sont plongés dans le bain d’entrée, un peu à la manière des joueurs africains sortis de l’académie Jean-Marc Guillou qui débutaient à Beveren. Les Qataris sont une nouvelle fois mis dans une situation qui peut générer une situation d’échec et faire un écrémage entre les joueurs fort mentalement et les faibles, surtout qu’Eupen est en D3 belge lors du rachat. Les Pandas sont maintenant en Jupiler League et ont un des groupes les plus jeunes d’Europe, ce qui a permis à bon nombres d’anciens d’Aspire de se confronter au football européen.

« Cela leur donne la possibilité de grandir et jusqu’à présent, nous essayons différents joueurs là-bas. Toutes les expériences ont été très positives et c’est la chose la plus importante ». Félix Sánchez Bas sur les passages en Europe des jeunes qataris.

Cependant, Aspire est toujours attiré par l’Espagne et en 2015, l’académie se met en quête d’un club de D3 espagnole disponible à la vente. C’est là que se présente l’opportunité Cultural Leonesa. Club avec plus de 80 ans d’histoire, le Cultural n’est pas un géant et ne compte qu’une saison en Liga. Avant le rachat, le club de Léon est dans une situation financière exsangue en Segunda B et a des dettes monstrueuses. Comme à Reus actuellement, l’avenir du club est alors en sursis et la disparition proche. Le deal est mené entre les représentants d’Aspire, deux anciens basketteurs du Real Madrid, et le président du Cultural un ancien arbitre de… basket. Très vite, l’affaire se fait et Aspire éponge les dettes en plus de doubler le budget. Ce rachat n’est que le premier en Espagne. Aspire tisse des liens avec d’autres petits clubs de Tercera (la 4e division, ndlr) pour continuer son expansion.

Ce projet est une réussite comme en Belgique, même si les résultats sont moins bon (le Cultural est aujourd’hui en D3 après une saison en Segunda). Comme l’explique Llamazares qui est encore dirigeant de l’entité espagnole, ce projet voit grand : « Profitant de l’élan de la Coupe du Monde, le Qatar souhaite aller plus loin et créer un superbe centre de formation de football à León », a-t-il déclaré. « La méthodologie de travail et le style de jeu ont été unifiés dans toutes les catégories. Nous allons créer un groupe d’élite avec les meilleurs cadets et jeunes, avec un traitement spécialisé et individualisé, et nous formons des entraîneurs pour qu’ils travaillent avec ces jeunes ». L’implantation en Espagne est un objectif clair pour le Qatar. En plus d’être un modèle au vu du style imprimé par la Roja, dans la péninsule le niveau tactique des entraîneurs est excellent et ce dans toutes les divisions. Très en avance notamment sur le jeu de position par exemple, côtoyer au quotidien un environnement aussi riche permet aux joueurs qataris de grandir rapidement et d’en apprendre beaucoup.

En Espagne, un tuteur d’Aspire suit les joueurs venant de l’Académie à León. Il explique son rôle : « Mon travail est de faire des reportages sur chaque joueur, mais pas sur le plan technique. Ça c’est la responsabilité des entraîneurs. Mais sur les questions d’attitude, d’intégration dans la culture, de discipline, de ponctualité, nous les lâchons à León et les contrôlons à distance. Je m’occuperai de vos visas, de vos billets d’avion et de tous les documents juridiques « , explique Issa Abdullah, coordinateur de projet de l’Aspire Academy. « À ce jour, tout le monde s’est adapté rapidement. Nous avons eu un problème de nourriture, mais rien d’autre ».

En plus de former des joueurs, former des coachs ?

Comme à Eupen, ce rachat est d’abord accueilli avec méfiance par les supporters. Bien trop souvent, ils ont vu arriver des investisseurs étrangers dans les petites divisions avec de voir le projet s’effondrer et le club couler. Très vite cependant ils constatent le sérieux de la proposition. Au Cultural, les abonnements sont passés de 1500 avant Aspire à près de 7000 maintenant. Un chiffre très haut malgré la redescente du Segunda B. Le club de León qui voit ses infrastructures progresser rapidement n’a plus aucun Qatari dans son équipe A cette saison en D3 mais en a vu passer une dizaine en près de 2 ans. Le Cultural semble devenir le club pour envoyer les Qataris d’Aspire quand Eupen est celui pour les Africains de l’académie.

Néanmoins au Cultural, c’est aussi les choix des coachs qui montrent ce vers quoi tend Aspire. Les trois coachs nommés par Ivan Brávo, qui est aussi dans le CA du Cultural et de Leeds (un partenaire d’Aspire), ont une caractéristique : la jeunesse. Rubén de Barrera, qui a conduit le club à une montée historique en Segunda et a quitté le club après la descente, avait 31 ans lors de sa nomination. Victor Cea n’en avait que 34 au moment de sa nomination. Aira bien connu des Français pour avoir été à la tête de Sochaux n’a que 41 ans. La suite de la carrière de de La Barrera montre comment Aspire ne laisse rien au hasard.

Crédits : Diario de Léon

Après son départ du Cultural en fin de saison dernière; il est nommé entraîneur adjoint d’Asier Garitano à la Real Sociedad en Liga. Il rejoint un entraîneur très expérimenté avec un style très différent du sien. De la Barrera aime jouer au ballon quand Garitano est réputé plutôt défensif. L’homme qui a poussé pour la signature de De la Barrera n’est autre qu’Olabe un ancien dirigeant d’Aspire maintenant directeur sportif à la Real. Mais quelques mois après son arrivée l’ancien entraîneur du Cultural est annoncé partant et a signé à Al Ahli Dubai au Qatar. Ce club est la propriété d’… Aspire, avec notamment Al Sadd.

Lors du partenariat avec Leeds, Aspire a placé ses pions dans l’organigramme du club coaché actuellement par Marcelo Bielsa. Ivan Brávo est arrivé à un poste haut placé dans l’entité anglaise. Razzani, le président du club anglais a expliqué les détails du partenariat : « Nous avons notre stratégie et notre objectif. Ils (Aspire) apporteront éventuellement un échange de savoir-faire avec nos entraîneurs et nous ferons de même. Nous enverrons les nôtres là-bas pour apprendre et nous enverrons nos équipes disputer des tournois à Aspire. Certes, nous avons une grande histoire, mais nous devons également rester ouverts à ce qui se passe dans le monde et éduquer nos joueurs dans un état d’esprit international ». Une déclaration qui montre bien que le Qatar et Aspire ne laissent rien aux hasards et veulent apprendre des meilleurs pour grandir.

Et Xavi dans tout ça ?

Au Qatar depuis maintenant plus de 2 saisons, le génial milieu de terrain qui a totalement réinventé la science de la passe est devenu aussi un ambassadeur du Mondial 2022. Sauf qu’en plus de prendre un gros chèque et d’agrandir sa famille (ses deux enfants vont naître à Doha) Xavi Hernández prend du galon dans l’organigramme technique de la sélection qatarie. Au début, comme Raúl avant lui, Xavi n’était qu’un observateur qui passait régulièrement à Aspire pour faire de la transmission de savoir et d’expérience. L’ancienne gloire du Real Madrid est partie quand celle du Barça est toujours là, même si cela ressemble à sa dernière année crampons aux pieds.

Or la vie de la leyenda du Barça au Qatar ne se résume pas à son quotidien de joueur. Depuis quelques mois maintenant, en plus de devenir une alternative crédible pour le poste de sélectionneur en 2022 (en plus de Pep Guardiola), Xavi est devenu un assistant de Félix Sánchez Bas. Bien sûr, il n’occupe pas ce poste à plein temps, mais dès qu’il le peut, comme l’assure l’actuel entraîneur du Qatar, Xavi vient au centre d’entraînement et participe à la réflexion tactique.

« Xavi est d’une grande aide. Il est footballeur 24 heures par jour. Il est avec nous chaque fois qu’il le peut car il est toujours avec Al Sadd. Pour nous c’est un privilège. Imaginez ce que cela signifie pour ces joueurs d’avoir quelqu’un comme Xavi qui leur donne des conseils ». Félix Sánchez sur le rôle de Xavi dans son staff

En plus, Xavi est aussi un VRP de luxe pour les talentueux locaux vu qu’il les côtoie au quotidien. Lors de la signature d’Afif au Sporting de Gijón, Abelardo avait fait une confession : « Il (Xavi) m’a appelé cet été et m’a dit qu’il était le meilleur joueur du Qatar ». Un appel qui conduira à la signature du prêt pour le joueur qatari, preuve de l’importance du Catalan.

Crédits : Laliberté

La Qatar ne laisse plus rien au hasard, et en plus de réussir à créer une génération capable de matérialiser sur le terrain l’ambition étatique, il réussit à se créer un groupe d’entraîneurs ambitieux et intéressants pour faire progresser cette génération le championnat local. L’idée du Qatar n’est pas de laisser moisir sa génération sur les bancs ou dans les tribunes de clubs européens. Hormis les plus talentueux comme Afif qui sont préparés à l’Europe (bien qu’il soit encore à Al Sadd actuellement en prêt), tous les autres ont vocation à s’épanouir au pays après un passage par l’Europe.

Aspire, simple académie ou aussi agent de joueurs ?

Il est vrai que beaucoup s’interrogent sur l’omnipotence d’Aspire dans les choix de carrière de ses diplômés les plus talentueux. Afif s’est expliqué sur le sujet : « Si quelqu’un vous aide, vous ne pouvez pas vous sentir bloqué ou emprisonné par lui parce qu’il fait le meilleur pour vous » explique l’attaquant. « Aspire ne me force pas pour quoi que ce soit. Si je ne voulais pas aller à Villarreal, je n’y serais pas allé. Ils travaillent pour moi, pas l’inverse ». En clair, « ils sont comme un agent pour moi. Si j’ai besoin de quelque chose, si je dois faire quelque chose, je leur demande en premier ». De loin, on a vraiment l’impression que le Qatar se comporte comme un club qui doit faire mûrir ses protégés en les prêtant ailleurs pour qu’ils puissent s’épanouir avant de se confronter au haut niveau. Une politique très novatrice pour une fédération, aussi riche soit-elle.

Le parcours de ses joueurs moins talentueux passent cependant par l’Europe pour être confronté à l’échec et être testé dans des conditions bien plus contraignantes qu’au pays. Ensuite, ils sont rapatriés dans le championnat pour s’épanouir et faire grandir les autres joueurs. Cette méthode, qui n’a pas encore réellement porté ses fruits, reste pourtant bien plus cohérente que celle mise en place par le passé au Qatar. Sera-t-elle payante pour 2022 ? Premiers éléments de réponse fin janvier avec le classement final de la Coupe d’Asie des Nations 2019.

Benjamin Bruchet
@BenjaminB_13

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