Uruguay : Oscar Tabarez à Oviedo, quand le Maestro était dans le creux de la vague en Europe

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Oscar Tabarez est un géant du football uruguayen et une figure incontournable du football mondial. A la tête de l’Uruguay il a tout connu. En club il a eu des résultats partout où il est passé sauf à un endroit : en Europe. Oscar a construit sa carrière et sa notoriété en Amérique du Sud mais il a rapidement tenté l’aventure européenne. Retour sur ces 4 ans sur le vieux continent et surtout sur le passage du Maestro à Oviedo entre résultats sportifs moyens mais trace indélébile.

Tout bon suiveur du football connait au moins de nom Oscar Tabarez, actuel sélectionneur de l’Uruguay et ce depuis plus de 10 ans. Lors de la Coupe du monde en Russie en 2018, son histoire a encore suscité admiration et éloge. Lui l’entraîneur de plus de 70 ans, malade qui se déplace avec des béquilles voire même en fauteuil quand les douleurs sont importantes tient sa place sur le banc de son pays. Mieux encore, il prend vie lors des matchs, lâche les béquilles et guide ses protégés vers les sommets depuis sa zone technique.

Quart de finaliste lors du dernier mondial, l’Uruguay retrouve de l’allure depuis qu’Oscar est sur le banc de la Celeste. Bien sur, on est loin des années fastes du 20e siècle mais pour un pays de moins de 4 millions d’habitants cela reste sensationnel. Avant de devenir un géant mondial, Tabarez a bourlingué avec succès en Amérique du Sud et s’est heurté au football européen. Retour sur son passage à Oviedo, la seule fois où le Maestro a joué le maintien.

Cagliari, le Milan et Oviedo

En 1994 quand Cagliari annonce l’arrivée de Tabarez sur son banc, l’uruguayen a déjà plus de 47 ans et près de 15 ans d’expérience derrière lui. Défenseur de formation, Oscar n’était pas un bon joueur de football et il a arrêté sa carrière très tôt à 32 ans. Il le dit lui même, il n’aurait jamais pu percer dans le football actuel et à son époque il ne faisait pas du tout parti des meilleurs.

Crédits : Egypttoday

Celui qui a été professeur durant quelques temps se tourne alors logiquement vers le coaching. Il est passionné par le football et débute dans les sections de jeune du modeste Bella Vista. Les succès sont au rendez-vous et l’amène à entraîner l’équipe olympique d’Uruguay encore avec réussite. Ensuite c’est l’emballement : Danubio, une Libertadores avec Penarol, le Deportivo Cali et un premier passage en tant que sélectionneur de l’Uruguay. C’est une constante avec Tabarez, il revient régulièrement dans ses habits de sélectionneur. C’est à Boca qu’Oscar entre dans la cour des très grands et atteint vraiment les sommets. L’Amérique du sud commence à être petite pour le Maestro et après une nouvelle pige à Penarol nous voilà en 94 avec cette première expérience en Europe à Cagliari.

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À l’époque les sardes disposent d’une très belle équipe et sortent d’un très bon parcours européen. On les pense capable de réussir une nouvelle fois une bonne performance. Sous la coupe de Tabarez Cagliari se classe 9e, une performance acceptable mais pas incroyable. Cependant, les victoires de prestiges face au Milan et à la Juve notamment donne du contenu à cette première expérience d’Oscar en Europe. Le 4-3-3 du Maestro est aussi une réussite. Cependant, il n’est pas reconduit et Tabarez se retrouve alors sans emploi.

« Moi, avec les joueurs, j’ai toujours parlé, j’ai toujours cru en la force de la persuasion, je n’ai jamais imité les autres, et j’ai ri quand ils m’ont dit que je devais crier sur le banc. Je ne le ferai jamais «  Oscar Tabárez

Quelques mois plus tard, il est appelé par Silvio Berlusconi pour devenir coach du géant Milan AC. L’expérience ne durera que quelques mois, limogé alors que les rouges et noirs sont 9e et quasiment éliminés de la Ligue des Champions dès la phase de groupe. La méthode toute en douceur d’Oscar ne fonctionne pas avec les stars qui peuplent le vestiaire milanais. Le fruit était clairement nécrosé et Tabarez n’est pas le facteur le plus important dans la dérive du Milan à cette époque. Lui ne crie pas, il apprend, il écoute et discute avec ses joueurs. L’actuel sélectionneur de l’Uruguay donne aussi beaucoup de liberté à ses joueurs. Son rôle est complexe, en Uruguay il a par exemple lancé quasiment tous les joueurs de la Celeste présent dans la liste pour la Coupe du Monde 2018 et fait office de mentor. Si rien ne se crée avec ses joueurs, tout s’écroule.

Même Maldini l’a soutenu après son limogeage déclarant : « Le licenciement de Tabarez est une défaite pour nous (les joueurs du Milan) tous car si quelque chose ne fonctionne pas c’est que les joueurs ne se sont pas assez bougé « . Quelques mois après son départ du Milan, un nouveau pari s’offre à Tabarez : mener le Real Oviedo au sommet.

Une seule saison mais une trace encore vivace à Oviedo

Quand Tabarez arrive dans les Asturies Oviedo est en Liga depuis un moment mais ne surperforme pas et a fini juste au dessus de la zone de relégation la saison précédente. En 1997 l’équipe est cohérente et regroupe de nombreux talents comme Paulo Gento, Abel Xavier ou encore Dely Valdes. Le panaméen est connu de Tabarez vu qu’il l’avait sous ses ordres à Cagliari. Pour sa seule expérience en Liga, les résultats sont moyens. La phase aller est très bonne, mais l’équipe perd 8 fois sur les 9 derniers matchs de la saison et doit disputer un barrage pour rester en Liga.

C’est une période compliquée pour Tabarez qui n’avait jamais joué le maintien auparavant. Cette double confrontation face à Las Palmas sera épique. A l’aller Oviedo l’emporte 3-0, et au retour dans un stade de Gran Canaria plein, Las Palmas l’emporte 3-1 mais c’est Oviedo qui se maintient en Liga. Tabarez n’est pas reconduit et file pour 4 matchs à Cagliari avant d’une nouvelle fois se faire licencier et de rentrer en Amérique du Sud et plus particulièrement en Argentine.

Crédits : Marca

Les résultats sportifs mis à part, la marque Tabarez à Oviedo est encore vivace aujourd’hui. Un de ses premiers souhaits lors de sa signature est la construction d’un gymnase pour améliorer le centre d’entrainement du club. Ce gymnase est encore utilisé par les Azules aujourd’hui. On se rappelle de lui comme un grand professionnel qui a fait beaucoup pour faire grandir le club. A Oviedo il a instauré pour la première fois les mises au vert et un suivi alimentaire strict. C’est une révolution pour le club. Dely Valdes qui est devenu entraîneur s’inspire de Tabarez par exemple. On se souvient aussi de lui à Oviedo pour ses déclarations.

Oviedo : La première grande réalisation de Tabarez avant l’Uruguay

Lors d’un match face à l’Espanyol, Juanchi Gonzalez alors attaquant d’Oviedo va rater deux penalty. Les mots de Tabarez lors de la conférence d’après match résonne encore : « la première pénalité a été manquée par le joueur, la seconde par son entraîneur ». On se souvient aussi avec joie du coté d’Oviedo de la victoire magnifique face au rival du Sporting dans un Molinon chauffé à blanc. Tabarez a vraiment marqué la ville des Asturies avant de repenser totalement le système de formation en Uruguay pour remettre le pays sur la carte du football mondial. Une de ses premières décisions lors de son arrivée à la tête de la Celeste fut de créer un centre de formation ultra moderne, comme à Oviedo mais en mieux.

Benjamin Bruchet

@BenjaminB_13

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