Betis – Mais alors ce William Carvalho c’est un crack ou une énième chimère ?

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William Carvalho a quitté le tourbillon du Sporting CP en échange d’un chèque de 25 millions. Désormais au Betis, le milieu de 26 ans qui a débuté très fort au Portugal et auréolé d’un Euro en 2016 se doit de répondre aux attentes d’un statut qui semble lourd à porter pour Sir William. Du talent mais aussi des critiques : panorama du début de saison du moustachu chez les Verdiblancos. 

Lors de l’annonce la signature de William Carvalho, l’excitation est à son paroxysme du côté de l’Héliopolis. Ce mouvement avait tout du coup parfait pour les Verdiblancos. Pourtant, les courtisans semblaient nombreux pour le natif de Luanda en Angola : Monaco, OM ou encore West Ham. Sa signature s’accompagne d’un mercato ambitieux pour les Béticos : Sergio Canales, Takashi Inui, Giovani Lo Celso ou encore Sidnei. Pour son retour en Europe, le Betis frappe fort et montre ses ambitions. Cependant, mi-novembre et après 11 journées de Liga, le crack Carvalho n’a pas encore conquis la Liga et le Betis fait du surplace. Simple période d’adaptation ou marche trop haute ?

Trahi par son physique ?

William Carvalho est un colosse, un vrai. 1.87m pour près de 90 kg et une tendance à broyer physiquement les joueurs qui se mettent sur son chemin. Depuis son arrivée au Sporting CP en passant par un prêt en D3 portugaise et en Belgique, le milieu de terrain montre l’étendue de son talent et accumule les récompenses. Lorsqu’il est lancé avec le Sporting par Leonardo Jardim, Carvalho continue de rayonner et est nommé 6 fois meilleur espoir du mois de D1 portugaise. Ses performances lui ouvrent même la porte de la sélection. Sa première cape est en Suède pour un barrage qualification retour pour la Coupe du Monde 2014. Entré en fin de match, Sir William fait le ménage avec son physique et confirme aux yeux du monde qu’il est le prochain joyau de l’académie du Sporting.

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Lorsqu’il signe au Betis cet été, l’histoire de William Carvalho s’est un peu ternie. Sa réputation est quelque peu retombée. Chaque saison, alors qu’il est annoncé à Manchester United, Arsenal ou encore La Juve, lui continue de porter le maillot vert et blanc de son club de coeur. On le qualifie de fainéant et on l’accuse même de prendre un peu de poids. Avec la Selecção, il n’est pas un titulaire indiscutable jusqu’à l’Euro 2016 qui va être la deuxième bascule dans sa carrière. En France, il va enfin devenir la boussole qu’il prétend être et guider les siens vers un titre annoncé par tout un groupe. Ce retour en haut de l’affiche ne change pas sa situation : Carvalho ne quitte toujours pas son Portugal.

« Je suis une boussole, je cherche toujours à faciliter les choses. Si je dis que l’équipe doit jouer à droite, elle va à droite. Si je dis qu’elle doit jouer à gauche, elle joue à gauche. » William décrit William

Le moustachu a un style qui ne semble pas convenir à son physique. Il sait aller au combat mais ne semble pas aimer ça. Lui ce qui le botte, ce sont les dribbles et l’organisation. Il court beaucoup, touche énormément de ballons mais a besoin d’avoir un soldat qui colmate les brèches et lui sert de garde du corps. Alors qu’on voit en lui la sentinelle parfaite, lui préfère être plus haut sur le terrain et plus proche de la surface. Pour son premier match avec le maillot verdiblanco, il est aligné en tant que pure sentinelle, seul devant une défense à 3. Ce match va être un cataclysme pour le Betis et Carvalho. Il touchera moins de ballons que ses 2 associés du milieu, on ne verra que sa lenteur et sa frilosité. L’histoire du Portugais avec ses nouveaux supporters débute très mal.

Ajustement tactique et création d’un contexte favorable

William Carvalho a pourtant la totale confiance de son entraîneur Quique Setién et est titulaire à chaque fois qu’il est à 100% physiquement. Pourtant, à l’image de sa nouvelle équipe, Sir William tarde à trouver un rythme et ne semble pas à l’aise dans le jeu de position mis en place par l’ancien Míster de Las Palmas. Bien qu’il soit un faux lent, Carvalho a besoin que son équipe soit positionné haut sur le terrain et qu’il ait du temps pour trouver l’angle de passe dévastateur. Il faut aussi qu’il apprenne à jouer dans une équipe qui ne fait pas partie des plus fortes du championnat et dans un championnat où le niveau est très homogène.

Il est certain que le marasme dans lequel évolue le Betis n’aide pas le plus gros investissement du Betis. Le Betis est devenu une équipe trop équilibrée et au jeu trop stéréotypé pour être dangereux. Ce n’est pas pour rien si l’équipe marque en moyenne moins d’un but par match et vivote en seconde partie de tableau. Pourtant depuis quelques matchs, le frémissement qu’avait créé l’annonce de la signature de Carvalho au Betis semble réapparaître.

Sauvé par Lo Celso ?

Cependant ce n’est pas le Portugais qui en est la raison, mais l’Argentin Giovani Lo Celso arrivé en toute fin du mercato au Betis en provenance du PSG. Avec notamment ce 3-3 face au Celta le week-end dernier et le 1-1 face à l’AC Milan en Ligue Europe, le Betis se remet à l’endroit et génère bien plus de danger. Le but de Lo Celso face au Milan pour la 4e journée de C3 montre bien ce changement. Alors qu’il était souvent loin des actions dans le rond central, Carvalho est maintenant beaucoup plus haut sur le pré. Il a aussi beaucoup plus de monde dans sa zone et donc bien plus de possibilités pour trouver un homme libre. C’est lui qui trouve Sergio Canales aux abords de la surface, une première passe qui aboutira au but sensationnel de Lo Celso. Avoir un joueur comme GioLo qui bouge, fait des appels vers la surface et génère des décalages permet à Carvalho d’avoir plus de temps pour faire sa passe et d’avoir plus de libertés. Le Portugais semble avoir besoin de dispositions particulières pour être performant et il tarde à trouver ça en Andalousie.

L’équilibre destructeur du début de saison a fait beaucoup de mal au Betis et à Carvalho. Maintenant que Setién semble disposé à lâcher les chevaux, Carvalho devra enfin s’habiller de lumière et réussir à être performant sur le long terme. A 26 ans, il est le joueur le mieux payé de l’histoire du Betis et doit montrer qu’il est à la hauteur des prédispositions de ses débuts. Face au Barça, il va devoir faire quelque chose qu’il n’aime pas : défendre en reculant.

Benjamin Bruchet 

@BenjaminB_13

 

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