Le Racing Santander, le véritable amour vert et blanc de Quique Setién et Sergio Canales

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C’était écrit : le Betis a hérité du Racing Santander en 1/16 de finale de la Copa del Rey. Pourquoi une telle évidence ? Tout simplement car l’équipe cantabre voit revenir dans son stade d’El Sardinero deux figures majeures de son histoire récente : Quique Setién et Sergio Canales. Deux hommes qui ont contribué à sauver le club de la disparition il y a 3 ans.

L’amour du maillot. Vaste sujet. Existe-t-il encore ? Peut-on aimer un autre club que celui dont a porté le maillot dès sa plus tendre enfance ? Quique Setién a porté le maillot du Racing Santander pendant 12 ans, de 1977 à 1985, puis de de 1992 à 1996. Il en été l’entraîneur au début de sa carrière sur le banc, en 2001-2002. Sergio Canales n’a que 27 ans mais il a déjà une décennie de football professionnel derrière lui. Enfant prodige, transféré à tout juste 19 ans au Real Madrid, le milieu de terrain, sans démériter loin de là, n’a pas réalisé la carrière qu’il aurait pu avoir, la faute à ces saletés de blessures aux genoux qui lui ont pourri la vie. On lui prédisait une carrière à la Paco Gento, recordman des victoires en Coupe d’Europe des clubs champions avec 6 trophées, natif comme lui de Cantabrie.

Les années ont passé. Quique Setién est devenu l’un des entraîneurs les plus estimés d’Espagne, au point d’avoir été cité parmi les prétendants au poste de sélectionneur de la Roja après le Mondial. Sergio Canales, lui, a véritablement pris son envol à la Real Sociedad où il est resté 4 ans, après un passage mitigé à Valencia. Cette saison, les deux canteranos du Racing Santander se sont retrouvé, dans un autre club verdiblanco : le Betis.

« Dis-moi où je dois l’envoyer »

Ils ont beau être né dans la même ville et avoir défendu les mêmes couleurs, Quique Setién et Sergio Canales ne se sont véritablement connus qu’en février 2015, réunis par l’amour du Racing Santander. A l’époque, le club est au bord de la disparition. Le conseil supérieur du sport espagnol a donné jusqu’au 31 mars à l’association des ex-joueurs pour trouver les fonds nécessaires. En tout, il manque 1 million d’euros. Les anciens de la maison mettent la main au porte-feuille et c’est notamment Quique Setién, alors entraîneur de Lugo, qui fait le lien. Pour les plus aisés, la quote-part est de 25.000€. « El Flaco » Setién appelle Canales, lui explique la situation et que le Racing a besoin de lui et d’un chèque. La réponse du joueur ne se fait pas attendre : « dis-moi où je dois l’envoyer ». Leur Santander est sauvé. Ce match de Copa est aussi leur récompense.

Racinguistas dans l’âme

En tant que régionaux de l’étape, Quique Setién et Sergio Canales sont au centre des attentions. Et même si le Racing Santander n’est plus un habitué de la Liga et qu’il milite en Segunda B (la 3e division, ndlr), les deux hommes n’ont pas coupé le cordon.

Dans les colonnes d’El Diario Montañés, Canales démontre qu’il suit encore assidûment son club formateur : « j’ai vu beaucoup de matches, notamment sur internet, et je vois une équipe qui essaie de jouer au football, qui aime avoir le ballon, qui met beaucoup d’intensité. De ce que j’ai vu en championnat, ils sont assez bien. Ce soir, ils vont sûrement arriver avec beaucoup d’enthousiasme contre une équipe de Primera. Je suis certain que ce sera un match compliqué (…). Cette année, contrairement aux autres saisons, le Racing marque beaucoup et encaisse peu de buts. C’est clairement un candidat à la montée en Segunda, il faut nous en tenions compte ».

Mais au-delà de ce simple match aller de Copa, ce sont surtout les mots doux qui ont retenu l’attention. « Je suis verdiblanco de toda la vida, mais pas bético, a déclaré Setién sur les ondes de Radio Santander. Tu peux vraiment te sentir bético si tu y restes beaucoup de temps, si tu t’y sens bien et que tu sens aimé. Mais le lieu où tu es né, c’est autre chose ».

J’espérais tomber sur le racing. C’est une joie. émotionnellement, j’essaierai de l’aborder avec tranquillité, de me concentrer sur mon équipe. mais ce sera très spécial d’être ici » quique setién à radio santander

Canales a littéralement fait une déclaration d’amour à son club formateur et imagine déjà reporter ses couleurs : « la vérité c’est que j’ai toujours été du Racing et que je le serai pour toujours. C’est mon équipe et j’adorerai revenir jouer au Sardinero comme local et plus comme visiteur, car cela me fait toujours plus de peine. Mais bon, revenir me procure beaucoup d’émotion, d’envie et d’enthousiasme. Et puis, je veux voir comment tout le stade a été rénové ainsi que l’afición qui est fabuleuse ».

Ces retrouvailles attendues avec l’équipe de leur terre ne doivent pourtant pas faire oublier que l’objectif du Betis sera de gagner, si possible avec des buts, dans la mesure où les Andalous sont la pire attaque de Liga. Une goleada, même avec une équipe remaniée, pourrait débloquer les Béticos dans la perspective du championnat. Pour une fois, Quique Setién et Sergio Canales seront unis contre leur club de coeur. Parfois la raison doit prendre le dessus sur l’amour, au moins l’espace de 90 minutes.

François Miguel Boudet

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