Clásico – Barcelone 5 – 1 Real Madrid : Comment le Barça a fait sombrer son éternel rival

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Crédits : marca.com

Pour le 238e Clásico de l’histoire, le FC Barcelone de Luis Suárez et non de Leo Messi s’est transformé en bourreau de Lopetegui et du Real Madrid. Une rencontre pleine d’enjeu et avec du caractère. Si le Barça a réussi à reprendre confiance et à conforter sa place de leader, le Real s’enfonce un peu plus dans sa crise après une cuisante défaite 5-1 au Camp Nou. Analyse d’une rencontre aussi spectaculaire que dramatique.

Clásico J+1. Tandis que la maison culé jubile, du côté de la maison blanche la panique a laissé place à une crise profonde. Hier au Camp Nou, deux hégémonies se sont mesurées : la domination du Barça en Espagne, et la suprématie européenne du Real, triple tenant de la Ligue des Champions. Pourtant, le 238e Clásico de la Liga ne pouvait pas être plus particulier. Sans Messi ni Ronaldo, la plus grande rivalité du monde s’est jouée dans des contextes inédits. Cette fois, les enjeux étaient grands et bien présents. Pour Barcelone, leader, il s’agissait de montrer que sans un jeu flamboyant mais efficace cette équipe pouvait rassurer et être redoutable. Du côté de Madrid, gagner cette rencontre était impératif pour sortir d’une spirale infernale, 7e du classement, en panne sèche de victoires et de buts, le club en proie aux doutes, en pleine quête d’identité de jeu sans Ronaldo et avec son nouveau coach Julen Lopetegui.

Julen Lopetegui et Ernesto Valverde, entraîneurs du Real et du Barca sont dans la tourmente

Pour la 10e journée du championnat espagnol, le FC Barcelone a enfilé sa cape de héros en même que son costume de bourreau. A l’approche d’Halloween, le Real nage en plein cauchemar. 5-1. Une manita, représentant les cinq doigts de la main en Espagne, symbole parfait de la gifle prise par les Merengues. La plus large défaite du Real face à son ennemi juré depuis le 0-4 au Santiago Bernabéu de novembre 2015, mais qui fait également écho à la déconvenue de 2010, 5-0. Il s’agit de la troisième défaite des Madrilènes en championnat, la quatrième lors des six dernières rencontres de Liga, et une 9eme place après 10 journées désormais à 7 longueurs du Barça. Mais alors que s’est-il passé ?

Scénario catastrophe et Suárez show

Dominateur durant la première période, puis mis en difficulté durant dix-huit minutes dans le deuxième acte, le Barça n’a pas laissé beaucoup de chance à son adversaire. L’agonie pour les Merengues a démarré très tôt, rapidement pris à la gorge par le pressing catalan. Après une longue phase de possession, Jordi Alba a fait parler sa vitesse, lancé à toute blinde dans la profondeur de son couloir gauche, avant d’effectuer un contrôle millimétré, une passe en retrait parfaite et Philippe Coutinho à l’arrivée pour ouvrir le score sur la première occasion du Barça. Malgré des secousses à venir, le Clásico bascule déjà côté culé après une intervention défensive grossière de Raphaël Varane qui après consultation de la VAR s’est muée en un pénalty transformé par Luis Suarez.

Malgré un sursaut d’orgueil en début de seconde période et une entrée payante de Lucas Vazquez, les hommes de Lopetegui ont fini par assister à son licenciement démunis. Suárez d’un coup de tête canon d’abord, puis d’un petit piqué avant que Vidal ne conclue la démonstration des Culés. Têtes baissées, le Real Madrid ne se relèvera pas.

Coaching gagnant pour le Barça

Nouveau principe de base : l’efficacité plutôt que la qualité. Si en 2010, la manita fut tactiquement et techniquement magistralement exécutée, celle-ci aura été moins brillante et historique dans le jeu mais redoutablement efficace. Souvent critiqué, Valverde aura su quelque part surprendre ses supporters à l’image d’un collectif qui a su également se sublimer grâce à la belle performance de joueurs comme Sergi Roberto et Rakitic. La rencontre, la fourmi l’avait bien préparée. Parmi les jokers en sa possession lancés sur le terrain pour contrarier les plans madrilènes, un homme Philippe Coutinho et l’importance des ailiers. Le Brésilien a participé à l’effort collectif blaugrana imposé dès le début de partie et n’a pas hésité notamment à redescendre au milieu en phase de construction. Avec Rafinha, les deux ailiers ont su s’imposer à l’intérieur du jeu, facilitant celui de leurs coéquipiers en leur libérant des espaces, Coutinho et Alba devenu intenables sur le côté gauche.

Si les changements ont tardé, Valverde a su faire les bons choix pour relancer son équipe secouée par de fortes turbulences. Semedo pour laisser s’exprimer Sergi Roberto au milieu de terrain, le latéral droit dans un premier temps constamment en mouvement, Dembélé pour gagner des mètres et apporter fraîcheur et folie, enfin Vidal pour enfoncer le clou, la gestion de la machine catalane a été sans faille. Un football conjugué au pluriel et une maîtrise qui devra s’étendre sur la durée.

Des failles défensives au 3-5-2, Madrid aux abois

Les problèmes des Merengues ne sont pas nouveaux. Ceux-ci concernent surtout leur défense. Si les failles madrilènes dans les transitions défensives ont été clairement exposées durant la première période, certains cadres, à l’image de Ramos, peinent à se montrer décisifs et utiles depuis le début de la saison. Même si pour cacher la misère, l’entraîneur du Real procède à une restructuration tactique efficace avec la sortie de Varane pour Lucas Vázquez dès le retour des vestiaires et un passage dans un 3-5-2 inédit pour son équipe, les Madrilènes n’iront pas au bout de la stratégie. Faut-il avoir encore l’envie, une envie qui semble avoir disparue d’un Real Madrid perdu et fatigué à l’image de joueurs comme Modric. Il faudra sûrement du temps au Real pour se relever mais les Merengues ont déjà prouvé par le passé qu’ils pouvaient aisément se relever. Encore faut-il retrouver un équilibre et ça passera sûrement par le renvoi de l’ancien sélectionneur de la Roja après seulement 13 rencontres sur le banc du champion européen.

Une rencontre historique qui aura une nouvelles fois révélé le meilleur comme le pire de ses acteurs. Un bon Clásico en somme.

Soledad Arque-Vazquez
@solearquev

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