Futfem : Pourquoi l’équipe féminine du Barça est la seule section du club à ne pas être déficitaire ?

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Au Barça, toutes les sections sportives du club sont déficitaires. Toutes ? Pas exactement. Grâce à un sponsoring efficace, l’équipe de football féminin est dans le vert, trois ans seulement après avoir accédé au statut professionnel.

Le nouvelle est passée inaperçue mais elle était d’importance : le 27 juillet dernier, au cours d’une tournée aux Etats-Unis, le FC Barcelona Femeni a signé un contrat de 3 ans avec l’entreprise Stanley pour orner les maillots des joueuses blaugranas. D’après le journal La Vanguardia, ce sponsor exclusif (une première) rapporte 3.5 millions d’euros à la section féminine. Une somme qui permet aux vice-championnes d’Espagne et récentes demi-finalistes de la Ligue des Champions de couvrir l’intégralité de ses dépenses, y compris le salaire de Lieke Martens (plus de 100.000€ annuels), élue meilleure joueuse du monde en 2017.

Un projet novateur et une politique indépendante

Quand les dirigeants négocient en 2016 le nouveau contrat de sponsoring avec Rakuten (55 millions d’euros par saison), le meilleur jamais signé par le FC Barcelone, ils excluent volontairement la section féminine. L’objectif n’est pas de mettre sur le côté l’entité. Bien au contraire, il s’agit de trouver des partenaires exclusifs pour valoriser le projet de structuration du FCB Femini devenu professionnel un an auparavant. Évidemment, les sommes n’ont rien à voir, notamment en ce qui concerne les salaires, mais la stratégie fonctionne.

Actuellement, si le football féminin est en plein essor en Espagne, comme en attestent les résultats des différentes catégories de jeunes de la Selección et le niveau de jeu affiché par l’Atlético de Madrid et le Barça, générer de l’argent reste précaire. Si la Liga Iberdrola bénéficie d’une belle exposition télévisuelle qui augmente chaque année (cette saison, jusqu’à 5 matches sont diffusés : 2 sur GOL, 2 sur BeIN Sports, 1 sur une antenne locale) et que de nombreux clubs se mettre à produire leurs propres contenus, la diffusion ne rapporte rien. De plus, la billetterie rapporte trop peu, sachant que les socios peuvent assister gratuitement aux matches disputés à la Ciutat Deportiva Joan Gamper et au Mini Estadi. Mais apparemment, cela suffit à Stanley qui produit du matériel d’outillage (une de ses filiales est Black & Decker, ndlr) pour investir sur la marque Barça. Question de prestige.

Jeunesse et internationalisation

La force de la section féminine du Barça, ce sont ses deux axes de développement : la jeunesse et le cosmopolitisme de l’effectif. Par exemple, 4 joueuses de la sub-20 vice-championne du monde font partie de l’effectif de Fran Sánchez : Patri Guijarro (20 ans et meilleure joueuse du tournoi), Aitana Bonmatí (20 ans), Candela Andújar (18 ans), Clàudia Pina (17 ans). Par ailleurs, 7 nationalités se côtoient.

L’internationalisation du Barça, déjà largement perceptible chez les hommes, contribue à l’attrait de marques de second ordre, c’est-à-dire capables d’investir dans du sponsoring mais à des hauteurs bien moindres que Rakuten, de mettre un pied dans un des clubs les plus puissants au monde. Le potentiel du FCB Femeni devient une nouvelle valeur marchante, en partie grâce à la renommé de l’équipe masculine. Une alliance pertinente et qui bénéficie à l’institution dans son entier, d’autant que le Barça veut injecter une dose de modernité dans le secteur de la formation et du sport féminin.

A l’heure actuelle, la section féminine est la seule bénéficiaire de toute l’institution qui comporte des équipes de futsal, handball, rink hockey et basket. Un modèle de gestion quand on sait que la section basket accuse un déficit de 25 millions d’euros. Sur les plans économique et sportif, le Barça féminin planifie son avenir avec intelligence et rigueur. Au point de devenir un modèle ?

François Miguel Boudet
@fmboudet

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