Ernesto Valverde – Timidité ou témérité, on vit comment sans Leo Messi?

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Un être vous manque et tout est dépeuplé? Le Barça va devoir faire mentir l’adage dimanche et tenter de renouer avec la victoire dans un clasico au Camp Nou où la dernière remonte à mars 2015 (2-1). Quelles solutions s’offrent à Ernesto Valverde pour articuler une équipe qui ne vit que pour et à travers les exploits de Léo Messi depuis que le Barça n’est plus cette immense machine collective? Éléments de réponses. 

« Parfois lors de ce genre de match, il faut attendre que Léo nous sorte une action à lui. » Cette phrase Sergi Roberto l’a prononcée en août dernier après une rencontre difficile contre Alaves où le Barça a bien eu du mal à déverrouiller le verrou de l’équipe d’Abelardo. Symptomatique de la situation de cette équipe? Attendre un coup d’éclat du génie quand la situation est désespérée ou cadenassée est- ce vraiment ça le Barça actuel? On serait tenté de dire que c’est là le quotidien de n’importe quelle équipe qui possède en son sein un joueur au dessus de la moyenne. Il est celui qui doit être le sauveur, le messie. Mais pour ne pas être une dépendance l’équipe doit aussi savoir répondre seule. Gagner, rendre en retour à son leader ce qu’il apporte depuis tant d’années et c’est ce que Valverde et ses hommes doivent être en moyen de faire depuis la 15e minute de ce Barça – Seville de samedi soir dernier. Par quels moyens?

Les solutions estampillées Valverde

Option 1 :

On serait tenté de penser que l’absence de Messi devrait être compensée par un joueur de son profil. Mais Ernesto Valverde n’a pas la même vision des choses. La perte du numéro 10 est « l’occasion » pour lui de continuer à voguer sur ce que l’on a déjà vu précédemment : un milieu bien fourni au détriment de l’animation offensive notamment sur les ailes. Contre l’Inter Milan cette semaine le plan était simple, contrôle et équilibre au milieu et des couloirs quasi déserts en situations offensives, notamment comme souvent le côté droit de Sergi Roberto et Rakitic. Résultat un Barça qui gère le ballon au milieu et récupère très vite et très bien le cuir. Inconvénient: Ça ne ressemble plus vraiment au Barça! Les supporteurs acceptent le bricolage à petite dose et lorsque sur le banc Ousmane Dembélé et Malcom restent sagement assis durant les 90 minutes, la patience devient limitée.

Option 2 :

D’une manière pragmatique le plan du Txingurri a fonctionné mais au détriment de l’animation offensive des couloirs, un élément essentiel du Barça de Cruyff, de la créativité et surtout du plaisir. Cette notion de plaisir qui a quittée depuis bien longtemps le navire bleu et grenat ne tient encore qu’à la baguette des quelques magiciens présents sur la pelouse mais elle n’est plus une essence collective.

Dans cette optique de pragmatisme qui suit Valverde depuis de nombreux mois, il pourrait décider d’aller plus loin au moment de jouer un match si important. On le sait la prise de risque n’est pas dans son ADN et encore plus lors des grands rendez-vous. Alors pourquoi ne pas revenir à un 4-4-2? Les défauts d’une telle composition sont nombreux : peu de verticalité, une animation offensive faiblarde sur le couloir droit et un manque criant de déséquilibre dans les phases d’attaques. Cependant et c’est là l’essentiel pour le natif d’Extremadure, hormis les pertes de balles individuelles, pouvant être compensées par un coéquipier, c’est un XI qui a un risque quasi nul de se faire prendre à revers dans les phases de transitions offensives.

 

Et si il nous étonnait (un peu) ?

Mais au fait? Comment joue le Real Madrid? Dans une période extrêmement compliquée les Blancos peinent à gagner des matchs, Lopetegui est sur la sellette plus que jamais même si un clasico reste un match à part. Ce Real est en difficulté dans plusieurs secteurs et notamment défensivement et particulièrement sur les côtés. Du coup est ce que Valverde ne devrait pas appuyer la où ça fait mal? Pour se faire l’option Ousmane Dembélé est la plus plausible. Si tel était le cas il s’agirait de ses toutes premières minutes face au Real Madrid sous les couleurs blaugranas, blessé lors du match aller la saison dernière, il n’avait pas joué une minute au retour en terre catalane, resté sur le banc.

D’un point de vue schématique la donne ne change pas le 4-3-3 reste en place. Replacé du côté droit alors qu’il a le plus souvent évolué à gauche avec Coutinho et Jordi Alba en début de saison, il pourrait être le dépositaire de ce côté droit apathique et le dynamiser, Messi n’y restant jamais vraiment et bougeant énormément sur le pré. En effectuant le travail défensif il pourrait compenser aisément, le manque d’un ailier-milieu comme a pu l’être Rafinha cette semaine. Pour une optimisation des automatismes, Ousmane Dembélé devrait être accompagné de Semedo derrière lui, ayant montré plus de complicité avec le Portuguais la saison dernière. Une variante en 4-4-2 est également possible avec un recul de position pour Coutinho qui a du mal à briller à ce poste d’ailier qui lui a été attribué depuis l’éclosion d’Arthur.

Ces 3 options ne sont qu’une partie des infinies possibilités dont dispose Ernesto Valverde pour ce Clasico et les matchs à suivre. Il a également dans sa besace un joueur hybride entre le régulateur et le créateur qu’est Carles Aleña, jamais convoqué jusqu’ici. Malcom reste une alternative à Dembéle bien qu’il n’est foulé la pelouse que 25 minutes actuellement. Denis Suarez fait lui toujours partie de l’effectif, et peut être une bonne alternative dans un 4-4-2. Difficile d’imaginer leur présence pour un tel choc mais pourquoi pas contre le Rayo la semaine prochaine? Entre temps la Coupe du Roi aura fait son apparition. Les Catalans y affrontent le Cultural Leonesa, une rencontre que Leo Messi n’aurait probablement pas joué de toute façon, mais le moment idéal pour Valverde le timide, de se montrer enfin téméraire.

Tracy RODRIGO

 

 

 

 

 

 

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