D’une défaite face à Getafe à une démonstration face au Real, comment Machín a remis en scelle son Sevilla.

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La saison du Sevilla FC est déjà bien avancée. Débutée fin juillet par un tour de qualification préliminaire pour l’Europe League, les organismes sont éprouvés et Pablo Machín, le Mister de Sevilla a déjà vécu des périodes de trouble. Pour cette 9e journée, les Nervionenses affrontent le Barça dans le rôle surprise d’un leader qui a déjà terrassé le Real. Décryptage de ce qui a changé dans le jeu des Palanganas, après une défaite cinglante contre Getafe. 

La défaite face à Getafe est le match qui a changé la saison de Séville. Dans le jeu face aux Azulones, les Andalous ont été dépassés du début à la fin surtout en première mi-temps. Cette défaite vient à la suite de la perte du Gran Derbi face au Betis et à un nul sans saveur face à Villarreal. Après un début de saison en fanfare bien aidé il est vrai par la faiblesse des adversaires, Pablo Machín était déjà au pied du mur et se devait de réagir.

Changement de costume

Pablo Machín est arrivé cet été en provenance de Girona. Le club catalan a été l’une des révélations de la saison dernière. Les préceptes de Machín sont clairs : une défense à 3, une construction qui passe par les ailes et un secteur offensif qui explose dans tous les sens. A Girona, il n’avait qu’une vraie pointe en la personne de Stuani, Portu était un électron libre quand Borja García s’occupait de la liaison avec le milieu.

Lorsqu’il pose ses valises à Nervión, Machín reconduit un schéma identique, une chose tout à fait classique. Les premières sorties lui donnent raison. Des victoires nettes et un jeu qui emballe beaucoup de monde. Wissam Ben Yedder et Pablo Sarabia sont les hommes en forme. Pourtant, dès que la Liga a repris ses droits, les failles du système ont sauté aux yeux. Le problème de Sevilla résidait dans l’incapacité à générer du danger face à des équipes de stature identique. Le Machín de Girona devait devenir le Machín de Sevilla.

De Mesa-Banega à Banega-Vazquez au milieu

Nous sommes fin septembre et le bateau Sevilla commence à tanguer. Machín manage son équipe depuis plusieurs semaines maintenant. Il a pris le pouls de son effectif et semble l’avoir apprivoisé. Face à Levante et après deux défaites consécutives, il garde le même système mais change les hommes. Résultat ? Une victoire 6-2 à la Ciutat de València et une toute nouvelle dynamique de travail.

Machín a changé deux grandes choses pour inverser la tendance. La première au milieu. Face à Getafe, lors du match précédent : Roque Mesa était associé à Éver Banega au milieu. Ce double pivot se ressemble beaucoup. Les deux sont des machines à laver les ballons. Ils ont un rôle de sentinelle qui donne le tempo mais sont à l’aise loin de la zone de pression. Sauf qu’en semble, ils ne se rendent pas plus forts et au contraire se marchent dessus. Les Andalous disposent de bien trop de monde derrière le ballon en phase offensive et c’est Sarabia qui doit déserter son côté pour proposer des solutions dans l’axe.

Le match face à Getafe, symboles des problèmes de Seville

Face à Levante, Machín a choisi Franco Vazquez pour accompagner Banega. Un choix bien plus offensif. El Mudo est un pur 10 quand Roque est un vrai 6. Le choix est pourtant intéressant. L’ancien de Las Palmas ne fait que très peu de courses vers l’avant quand Vazquez adore traîner autour de la surface. La partition change logiquement : au lieu d’avoir deux joueurs (Banega-Roque) qui restent toujours en retrait des actions, on observe un Vazquez qui monte toujours très haut et laisse Banega seul à dicter le tempo devant la défense. Le choix est ambitieux mais donne bizarrement plus d’équilibre à toute l’équipe.

La proposition de Mudo Vazquez face au Real : Un 8 qui ne joue que vers l’avant

Le football se joue à deux pointes

Ce changement au milieu est complété avec une autre évolution devant. Machín a toujours apprécié la possibilité d’aligner deux pointes. A Girona, surtout en Segunda, il avait tenté l’expérience à plusieurs reprises avec des réussites variées. A Seville, il dispose de deux garçons très complémentaires. Ben Yedder qui ne semblait pas dans les petits papiers de Machín au début de saison est un vrai attaquant de pointe qui sent parfaitement les coups et adore prendre la profondeur. André Silva est quant à lui un garçon qui adore décrocher et participer au jeu.

Sëville avec une seule pointe et un double pivot statique 

En début de saison, Ben Yedder était aligné seul en pointe. Ensuite c’était Silva seul. Cependant, l’attaque du Sevilla FC manquait d’intérêt, surtout avec le Portugais, mais jamais ensemble. L’ancien du Milan décrochait et personne ne pouvait profiter de l’espace qu’il ouvrait avec ce déplacement. Quand Machín décide d’aligner les deux ensemble, on a observé deux garçons qui se bonifiaient. Silva pouvait décrocher et combiner avec Sarabia et Ben Yedder lancer des appels en profondeur pour profiter des espaces.

Séville face au Real : 2 pointes et un double pivot mobile et porté vers l’avant

Des résultats à nuancer

Depuis ces changements, Sevilla reste sur 4 victoires en Liga dont une monumentale face au Real Madrid (3-0). Dans le jeu, les Palanganas sont dangereux et génèrent bien plus de déséquilibre tout étant peu mis en difficulté. Pourtant, ces résultats semblent très flatteurs et bien trop dépendants de la forme de Banega. L’Argentin n’est pas un nouveau venu, on connaît sa force mais aussi très bien ses travers. Sergi Gómez résume l’importance du deuxième joueur le plus utilisé par Machín en ce début de saison : « Pour un central, c’est un luxe de d’avoir Banega à proximité. Vous lui donnez le ballon et il trouve la solution. Cela vous facilite la vie ». 

Banega face à Getafe : bien pris et mis en difficulté. Résultat : défaite de Seville

Banega face au Real : beaucoup plus de libertés. Résultat : victoire de Seville

La dernière sortie face au Celta confirme encore la fébrilité de Séville . Les Galiciens ont certes perdu le match 2-1 mais ont mis énormément d’intensité au milieu, poussant Nervión dans ses derniers retranchements. Les Andalous ont profité de leur réussite incroyable devant les bois pour enchaîner. Cependant, face à un Barça qui est de plus en plus pragmatique, la marche peut être trop haute, surtout au Camp Nou. Mais avec Machín à la baguette, Séville a les moyens de réaliser pour piéger des Blaugranas en plein doute.

Benjamin Bruchet 

@BenjaminB_13

 

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