Segunda – Extremadura : Enric Gallego, de chauffeur-livreur à meilleur buteur

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Depuis un siècle, à travers le globe, les histoires relatives au ballon rond sont légion. Elles narrent généralement l’incroyable destin des acteurs de ce sport et enrichissent à coup sûr la culture Foot du passionné. En cette fin d’année 2018, l’avant-centre de la UD Extremadura défraie la chronique. De chauffeur-livreur à meilleur buteur de Segunda,  portrait d’Enric Gallego.

Né à Barcelone en 1986, le joueur âgé actuellement de 32 ans, n’a pas eu une carrière facile. Il commence son parcours de footballeur dans son club formateur de Buen Pastor, équipe catalane de niveau régional. Son premier fait d’arme remonte à son passage à Alzamora où il marque 27 buts en 44 matchs en 2007-2009. C’en est assez pour être repéré par le voisin Premia puis être recruté pour jouer dans la filiale de l’Espanyol Barcelone alors en Segunda B. Pendant plus de 9 ans, l’attaquant va poser ses valises dans plusieurs clubs catalans (Cornellà, Badalona, Olot) sans jamais jouer plus haut.

Même en étant un excellent attaquant et ayant un très bon ratio de buts marqués, le 3ème échelon du football espagnol ne permet pas à Enric Gallego de bien vivre. Avec un statut semi-professionnel au mieux, il se fait un salaire de l’ordre du SMIC soit 850€ hors primes de match. C’est pourquoi, le joueur alterne petits boulots et entraînements quotidiens. Chauffeur-livreur, maçon ou loueur de bicyclettes, Enric a connu de multiples emplois et n’a jamais perdu l’idée de jouer un jour en professionnel pour vivre de sa passion.

La montée en puissance

Entre 2010-2013, Gallego enquille les buts avec Cornellà, 55 réalisations en 100 matchs. Pourtant, seul le voisin de Badalona se précipite pour le signer. Le joueur ne parvient pas à s’adapter et part à Olot la saison suivante. Toujours dans une spirale négative, il décide de revenir sur son terrain de chasse privilégié et retourne à Cornellà. Dès lors, le réalisme est de retour et en 3 saisons, il atteint les 46 réalisations en 98 matchs. Il réalise alors un essai en Angleterre, à Sheffield mais ne convainc pas. Lors de la saison dernière, il inscrit 18 buts de septembre à décembre, une véritable performance. La UD Extremadura qui joue les premiers rôles en Segunda B, décide de le recruter pour 200 000€ au mercato hivernal.  Le joueur débarque en Estrémadure et claque 11 nouveaux buts. Il contribue à la deuxième place du club en fin de saison, synonyme de barrage pour monter en Segunda. Après un magnifique parcours, il décroche son billet pour l’étage supérieur synonyme de rêve de professionnalisme pour Gallego.

La révélation

Avec un petit budget, Extremadura ne peut pas faire de folie sur le marché des transferts et prolonge beaucoup de joueurs durant l’été. Enric, malgré son ancienneté de 6 petits mois, fait déjà partie des cadres. Il a conquis tout le staff et bien entendu les supporters. En gros travailleur qui se dépense sans compter, une véritable plaie pour les défenseurs et avec un sang-froid hors du commun devant le but, les observateurs ne comprennent pas pourquoi, le joueur n’a pas éclos avant, dans les plus hautes divisions espagnoles. Il débute donc cette saison 2018/19 en Segunda. Avec un bilan famélique d’une victoire, deux nuls et cinq défaites, Extremadura est pour le moment, lanterne rouge.

Crédits : Diario AS

Toutefois, après sa première victoire (1-4) au Wanda face au Rayo Majadahonda avec un triplé de Gallego, l’avant-centre a tourné tous les projecteurs sur lui. En seulement, 2 mois, il est passé d’amateur à professionnel, de l’anonymat à meilleur buteur de la deuxième division avec 6 réalisations. Autant qu’un autre vétéran et néanmoins plus célèbre : Rubén Castro. Le monde du football ibérique découvre enfin le buteur catalan mais le maître mot du joueur est : travail acharné! Aucunement perturbé, Gallego se fixe de nouveaux objectifs personnels et collectifs : se maintenir en Segunda, garder son statut professionnel et pourquoi pas, finir Pichichi. Une récompense pour tous ceux qui croient en leurs rêves avec comme adage : le travail paie toujours.

Néanmoins, une part d’incompréhension plane sur ce parcours et cette reconnaissance tardive. Le journaliste d’El Periodico, José Maria Ortiz a lancé un pavé dans la mare en signant un article sur le « Mystère Enric Gallego ». Il pose un questionnement sur le scouting en Espagne et tous ces joueurs oubliés de seconde zone au talent incroyable.

Jé Pintio 

@JePintio

 

 

 

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