Batshuayi et Valence apprennent encore à se connaître

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La signature de Batshuayi à Valence à déchaîné les passions. Mais pour l’instant, la symbiose n’existe pas. 

Quand Michy Batshuayi a signé à Valence, on ne sait pas trop ce qui a causé le remue-ménage le plus fort entre le nom du joueur ou le joueur lui-même. Dans Batshuayi il y a « bat », chauve-souris en anglais, symbole de la ville et du Valencia CF. Le département de communication en a fait des tonnes autour de l’arrivée de Batman. À se demander si c’était un joueur de football qui venait d’arriver ou un héros venu magnifier son nouveau peuple de sa superbe. Toujours est-il que la foule de Mestalla s’est éprise de son nouvel homme, dispensant ovations et bons sentiments lors de ses apparitions. Comme chez les Ches, partout où il est passé, Michy a su se faire apprécier. Reste qu’entre lui et le jeu des siens, il manque encore de cet allant idyllique.

Participation timorée

Batshuayi est un joueur d’une puissance totale. Une puissance en mouvement pour être précis. Rares ne sont pas les situations où il résiste à la charge de plusieurs adversaires avant de continuer sa route, imperturbable. Cela lui permet de s’aventurer loin des buts pour recevoir le ballon, avant de le remonter et de faire gagner des mètres à son équipe. Depuis le début de la saison, c’est peut-être l’action la plus fréquente qu’il a exécutée. Mais voilà, pas sûr que cela bénéficie à son équipe…

Premièrement, parce que cela suppose un risque considérable que de le faire au milieu de terrain. Les pertes de balle ont lieu dans des zones à même de donner lieu à des attaques rapides de l’adversaire. Secondement, parce qu’un autre joueur le fait mieux que lui, en la personne de Gonçalo Guedes. Ce dernier s’exécute sur le côté, là où le risque est moindre. De plus, quand Batshuayi entreprend ses chevauchées, Valence perd une référence devant. Rodrigo se retrouve sans socio. Zaza, un attaquant beaucoup moins mobile avait été le partenaire idoine pour Rodrigo la saison passée. Avec son travail d’occupation des défenseurs et de jeu en pivot, il permettait à Rodrigo de déployer son jeu entre les lignes. C’est ainsi que l’attaquant hispano-brésilien s’est hissé au meilleur niveau de sa carrière. Avec Batshuayi à ses côtés, le numéro 9 valencien n’évolue pas dans un éco-système aussi favorable.

Des buts, pour autant qu’on le trouve

Le défi pour Marcelino est donc de trouver comment utiliser au mieux les qualités de Batshuayi au moment de créer du jeu. Peut-être cela suppose une approche plus directe qu’en la présence de Gameiro sur le terrain, afin de donner des espaces à dévorer au Belge. Si Valence souhaite contre-attaquer ou attaquer immédiatement après avoir récupéré, alors Batsuayi est son homme. Avec Rodrigo et Guedes, il forme un duo capable de jouer en appui puis de courir encore meilleur que celui formé par les joueurs cités avec Zaza. Ou alors, pourquoi ne pas le laisser à l’écart de la construction en camp adverse, afin de concentrer le jeu loin de lui, avant de le trouver en diagonale, un peu à la manière d’un ailier. Pour attaquer des espaces, Batshuayi est le meilleur attaquant de Valence, devant Santi Mina.

Si les défis sont bien présents pour Marcelino, quant à l’utilisation de son attaquant dans le jeu, il peut être tranquille en ce qui concerne la finition. Dès que le cuir pénètre dans la surface, Batshuayi est dans son élément. Les problèmes de panne de but, très peu pour lui. Encore faut-il que les ballons lui arrivent. Et pour cela, il faut trouver comment l’incorporer dans l’animation offensive. Ah, le serpent qui se mord la queue…

Elias baillif (Elias_B09)

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