Alavés : Où en est le projet de rénovation de Mendizorroza ?

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Image de synthèse du Nouveau Mendizorroza, sympa non ? [Crédits : Deportivo Alavés]

Après la rénovation du stade d’Anoeta, et le projet fou du président du Real Madrid pour le Bernabéu, place au Mendizorroza. Avec tous ces stades, on pourrait penser que Furia Liga fait une fixation. Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à un projet présenté il y a presque deux ans. 

Pendant les quelques premiers mois de l’année 2017, la direction du Deportivo Alavés a présenté une maquette d’un stade se réclamant le ‘Mendizorroza du XXIe siècle’. Peu de temps auparavant, en décembre 2016, le club de la capitale de la communauté autonome du Pays Basque avait publié une vidéo dévoilant ce projet de rénovation. Mais aujourd’hui, de très rares avancées ont pu être constatées.

Ce à quoi pourrait ressembler le nouveau Mendizorroza [Crédits : stadiumdb.com]

Un stade ayant fait son temps

Les ambitions de José Antonio Querejeta sont claires. Le dirigeant du groupe Baskonia-Alavés souhaite un stade capable de remplir des besoins sportifs mais aussi économiques. Ainsi, le nouveau Mendizorroza doit être digne d’une équipe restant en première division. Dans le bulletin mensuel du club de Vitoria-Gasteiz, il est expliqué que des stades tels que le San Mamés (de l’Athletic, avec environ 54 000 places assises) ou le Matmut Atlantique (des Girondins de Bordeaux, environ 42 000 places) ont inspiré ce projet.

L’actuel Mendizorroza a fêté ses 94 ans et ne remplit pas les objectifs de Querejeta. Du point de vue sportif, celui-ci manque de places. La direction souhaite passer de 20 000 à plus de 32 000 places. Avec cette rénovation, le stade basque devrait enfin respecter la totalité du règlement de l’UEFA sur les stades.
L’influence du San Mamés se fait davantage ressentir sur le papier. On parle d’un musée, d’un restaurant, d’une boutique, d’un espace VIP ainsi que d’un affichage sur la façade extérieure du Mendizorroza. Tout comme à Bilbao.

Mais le sport n’est pas l’unique dimension de ce projet. L’économie a une place très importante dans le groupe Baskonia-Alavés. Ce stade a pour objectif assumé d’être une référence en modernité. Il doit être actif durant toute l’année, afin d’alimenter les hôtels des environs et d’être en mesure de recevoir des concerts lors des périodes creuses – comme les trêves internationales.

« Le stade doit exploiter au mieux l’énorme potentiel économique du football, tout en profitant à la ville (Gasteiz, ndlr) et à la province (l’Araba, ndlr) » souligne José Antonio ‘Josean’ Querejeta

L’actuel Mendizorroza [Crédits : elcorreo.com]

Un stade appartenant à la municipalité

Comme d’autres équipes de première division espagnole – telle que le Celta Vigo -, le Deportivo Alavés n’est pas propriétaire du stade dans lequel il évolue à domicile. Appartenant à la ville de Vitoria-Gasteiz, Mendizorroza est loué à Alavés. Un partenariat actif jusqu’en 2023, s’il n’est pas renouvelé d’ici là.
Cette situation n’a pas favorisé l’avancée du projet. En effet, la maquette du nouveau Mendizorroza a dû être présentée aux élus locaux, afin d’être validée… ou rejetée.

Dans notre cas, les avantages économiques du rayonnement d’une équipe locale, dans un stade bien rénové, ont su convaincre les élus de la capitale basque. Mais pour un projet estimé à environ 50 millions d’euros, le seul soutien financier de la ville ne peut pas suffire. Même si le club est prêt à mettre la plus grosse partie.

Le projet du ‘Mendizorroza du 21e siècle’ [Crédits : stadiumdb.com]

Le gros soutien des Institutions basques

Avec quatre équipes de football en première division espagnole, la communauté autonome du Pays Basque rayonne en Liga. C’est en partie pour cette raison que le gouvernement d’Iñigo Urkullu n’a pas hésité à mettre la main à la poche pour des stades comme le San Mamés Barria ou le nouvel Anoeta.

Dans le cas du nouveau Mendizorrotza (l’orthographe basque du nom du stade, ndlr), le gouvernement basque contribuera à hauteur de sept millions d’euros à la rénovation de l’enceinte. En d’autres termes, la présidence d’Urkullu est prête à investir à 14% dans ce projet. C’est autant que la province d’Araba.

Du côté de la ville de Vitoria-Gasteiz, propriétaire du stade de 1924, elle a affirmé être en mesure d’investir huit millions d’euros dans la rénovation de Mendizorroza.
Ces informations concernant le financement de 40% du projet ont été données en juin dernier. Rien n’a été annoncé depuis.

La maquette du projet [Crédits : gasteizhoy.com]

« Le plus gros investissement du l’histoire du club »

Toujours en juin 2018, le président du Deportivo Alavés, Alfonso Fernández de Trocóniz a affirmé que son club allait participer au financement du nouveau stade. Ajoutant même qu’il s’agira du plus gros financement de l’histoire du club, il souhaite montrer que le club est attaché au bon déroulement du projet.

Le discours du président a aussi servi pour justifier l’abandon des objectifs de gros recrutements pendant le mercato. Ce qui n’a pourtant pas empêché Alavés de sortir un total de 12 millions d’euros lors de l’été 2017. Des joueurs comme le défenseur Rodrigo Ely (Arrivé de l’AC Milan pour 3 millions d’euros) ou l’ailier Burgui (Arrivée du Real Madrid pour 3 millions d’euros) ont posé leurs bagages en terres basques.

Cet été, l’Alavés s’est visiblement remémoré son désir d’un stade moderne, en économisant trois millions d’euros par rapport à l’année précédente. Sûrement pas encore assez pour prétendre pouvoir financer les 60% restants du Mendizorroza.
D’après ce qui a été annoncé par Alfonso Fernández de Trocóniz, les revenus des droits TV seront en très grande partie investis dans ce projet.

Le nouveau Mendizorroza, en synthèse [Crédits : kirolexpres.com]

Toujours pas de date de livraison prévue

Vous l’aurez compris, le projet – vidéo + maquette – a été présenté au public à la fin du mois de décembre 2016. Presque deux ans plus tard, uniquement 40% du financement du nouveau stade est réuni. Certains supporters babazorros commencent à voir ce Mendizorroza davantage comme une utopie.

De plus, les prémices d’une polémique se sont fait sentir en juin dernier. C’est en effet à cette période que le maire de Vitoria-Gasteiz, Gorka Urtaran a évoqué la possibilité d’une piste d’athlétisme au sein du nouveau Mendizorroza.
Ceci se ferait avec la complicité de la Fédération Espagne d’Athlétisme, est-il donc possible d’imaginer une participation financière de cette dernière au projet ?

D’autant que cette possibilité n’avait jamais été évoquée. La maquette du stade, ainsi que sa vidéo en trois dimensions, ne montraient aucune piste d’athlétisme. Plus contradictoire encore, le bulletin officiel du Deportivo Alavés louait la proximité entre les supporters et la pelouse.

Observation de la maquette par un supporter [Crédits : elcorreo.com]

Il n’y a plus de doute. Le projet du Mendizorroza XXIe siècle est encore loin d’être conclu. Cependant, il serait étonnant qu’il ne voit pas le jour, avec ou sans piste d’athlétisme.

Jérémy
@Euskarade

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