Avec la Roja, Sergio Ramos tempère ses ardeurs

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Crédits : El País
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Alors que Sergio Ramos est le joueur le plus expulsé de l’histoire de la Liga et du Real Madrid, paradoxalement, avec la Roja il n’a écopé d’aucun carton rouge en 155 matchs. Décryptage de ce double visage du capitaine de la sélection et du Real Madrid

Symbole et capitaine du Real Madrid et de la sélection espagnole, Sergio Ramos est un défenseur dur sur l’homme, excellent dans le domaine aérien et efficace dans la zone de vérité adverse. Il est considéré pour beaucoup comme le meilleur du monde à son poste. Mais si Ramos est un excellent footballeur, il représente également une redoutable synthèse de vice et de brutalité. Une brute que l’on adore détester dans l’équipe adverse, mais que l’on vénère lorsqu’elle joue pour notre équipe. Avec sa défense agressive et son tempérament de feu, il arrive souvent à l’ancien Sévillan de manquer de lucidité et de perdre ses nerfs ce qui a pour conséquence de lui faire écoper d’un très grand nombre d’avertissements. Aussi, le défenseur espagnol possède un inventaire de cartons jaunes assez exceptionnel.

Crédits : lospleyers.com

Recordman de cartons

Ramos est la joueur le plus sanctionné du Real Madrid avec 222 jaunes, de la Ligue des champions avec 36 jaunes, de la Liga avec 167 avertissement et de la Roja avec 22 avertissements. C’est dans le championnat espagnol que le natif de Camas écope le plus facilement d’un carton jaune (un tous les 2.9 matchs). En comparaison, en C1, c’est un avertissement tous les 3 matchs, et avec la sélection espagnole il est averti tous les 7,4 matchs. Le contraste est conséquent. De même, en Liga il a été exclu à 19 reprises en 430 rencontres disputées avec Séville et le Real. (une expulsion tous les 22 matchs) devant ainsi le joueur ayant récolté le plus de cartons rouges dans l’histoire de la Liga devant Pablo Alfaro (qui l’avait d’ailleurs pris sous son aile à Séville quand il a débuté sa carrière) et Xavi Aguado. À l’inverse en Ligue des champions, il n’a été expulsé que 3 fois en 127 rencontres (un rouge tous les 42 matchs).

L’Andalou possède également un autre record. Il est le détenteur du plus grand nombre de cartons rouges pour un joueur du Real : il en est désormais à 24 en 564 apparitions avec le célèbre maillot blanc. Un triste record qu’il convient évidemment de mettre en perspective avec la longévité de carrière de Sergio Ramos, mais qui témoigne aussi de son manque de retenue et de maîtrise. En effet, le Merengue ne parvient pas à régler ce problème qui le poursuit depuis le début de sa carrière.

Aucune expulsion avec la Selección

Avec la Roja, Ramos fait mentir sa réputation de défenseur rugueux ainsi que les statistiques. Sa collection de 24 cartons rouges recèle un détail intéressant: il les a reçus alors qu’il portait le maillot du Real et jamais alors qu’il disputait un match avec l’équipe nationale. En sélection, c’est un tout autre Ramos que l’on peut observer.

En 155 apparitions avec la Roja, il n’a pas été exclu une seule fois, faisant souvent preuve d’un comportement irréprochable. Pour chercher les raisons d’une telle différence, il faut peut-être se référer aux différents critères d’arbitrages selon la compétition. En effet, la FIFA défend d’autres critères que ceux qui sont employés dans le championnat espagnol. Le joueur a lui-même reconnu il y a plusieurs années son amour pour le système d’arbitrage anglais qui laisse jouer tout en pointant du doigt qu’a la FIFA et en Europe l’arbitrage est plus permissif qu’en Liga. Des propos qui, si l’on se penche sur le détail de ses cartons, semblent lui donner raison. En Espagne, Ramos a écopé vingt et une fois de carton rouge (19 en championnat et 2 rouges en Coupe du Roi), en Ligue des champions, seulement trois et avec la sélection espagnole… aucun !

Il est également possible de trouver une explication dans les styles de jeu différents du Real Madrid et de la Roja. Avec son club, l’équipe est souvent axée sur l’attaque en laissant la défense à l’abandon, ce qui oblige souvent le Sévillan à devoir se sacrifier en commettant une faute. Tandis qu’avec l’équipe nationale, il joue plus en bloc et avec plus de maîtrise dans le jeu ce qui implique qu’il a moins besoin de faire de fautes pour stopper les attaques adverses. Assurément, le jeu très contrôlé de la sélection ne permet que rarement à Sergio Ramos de donner libre cours à son tempérament incandescent.

Miguel Hernández

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