La Previa Mondial : Espagne – Maroc

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Ce soir se joue Espagne-Maroc, troisième et dernier match de la Roja dans ce groupe B. Une victoire permettrait aux hommes de Fernando Hierro de finir en tête de la poule et d’affronter la Russie en 1/8 de finale. Si les Lions de l’Atlas sont d’ores et déjà éliminés, ce match peut conditionner beaucoup de choses. Le sélectionneur va devoir composer un XI oscillant entre repos des cadres, temps de jeu des remplaçants, confiance collective et rythme de jeu.

Continuité ou changement ?

Le staff technique espagnol, plutôt inexpérimenté, doit voir la rencontre face au Maroc comme un casse-tête. Une sorte de paradoxe en soi. Si la Roja semble avoir un pied et demi en 1/8 de finale, le résultat de la rencontre va déterminer le classement final du groupe B et donc son futur adversaire de la Roja, la Russie pays hôte ou l’Uruguay et ses airs d’épouvantail. Le manque de fraîcheur physique de certains cadres face à l’Iran devrait offrir du temps de jeu aux remplaçants mais il faut garder à l’esprit que jouer cultive le rythme et le repos casse la dynamique.

Si on connaissait Fernando Hierro comme un technicien à la philosophie offensive certain de ses idées, on pourrait penser que le XI aligné ce soir serait composé de « peluqueros » morts de faim. Un choix qui serait bien différent du dernier Euro et du 11 inchangeable et très critiqué de Del Bosque. Kepa, Saúl, Asensio, Rodrigo et Vázquez devraient alors entrer logiquement dans la composition de la Roja mettant au repos les Iniesta, De Gea, Busquets, Piqué, Silva et Costa.

 

Mais on connait bien Fernando Hierro, sélectionneur aux reflets de sa personnalité de joueur, synonyme de pragmatisme, continuité, aspect défensif et solidité. Sur le terrain, il était le capitaine messager du coach, véhiculant en match les directives de ce dernier. Il n’a jamais vraiment affirmé une idée de jeu et s’est toujours contenté d’être un fidèle lieutenant. Cette droiture se retrouve dans son coaching qui donne les clés du jeu aux cadres expérimentés : Piqué, Ramos en défense; Busquets, Iniesta, Silva au milieu et Costa en attaque. Il continue logiquement et presque aveuglement le travail de Lopetegui, son prédécesseur.

Hierro n’est donc pas un calculateur téméraire et devrait aligner un XI mixte composé de plusieurs cadres avec une colonne vertébrale expérimentée entourée de joueurs en manque de temps de jeu. Il ne devrait pas incroyablement innover, pragmatisme oblige. Voici son XI probable : la défense type; un milieu rassurant avec Thiago en lieu et place de Busquets sous le coup d’une suspension et un Koke qui a montré de belles choses face au Portugal; côté offensif, Isco à la baguette, entouré d’Asensio et Vázquez avec Aspas en pointe.

 

Quand on discute avec les suiveurs de la Roja, un grand nombre aimerait voir un XI tout neuf, tout jeune. Faire jouer les coiffeurs qui, aux yeux de beaucoup, n’en sont pas. Malheureusement pour eux, Hierro n’a pas le recul, l’expérience et la carrure pour se priver des cadres et oser de nouvelles choses. L’Espagne doit non seulement terminer première du groupe B mais aussi se rassurer. Pour abonder dans ce sens, on reprendra les explications de Yacine Hamened dans un article paru sur le site : parlonsbienparlonsfoot.fr

« En fait, en plus de la préparation et de tout le domaine tactique et athlétique, c’est aussi lors de ce troisième match de poule que le travail de l’entraîneur prend tout son sens. En 2014 et 2016, Didier Deschamps avait fait tourner environ la moitié de l’équipe et on se souvient combien la France avait souffert pour éliminer le Nigéria et l’Irlande en huitième de finale des deux compétitions. Lors des premières périodes notamment, on avait bien senti le manque de rythme de l’équipe. Avec l’expérience, le sélectionneur doit se servir de ce qu’il a vu et vécu pour prendre la meilleure décision. La seule certitude, c’est que, quoi qu’il arrive, sa décision sera validée par l’issue du huitième de finale ».

Le premier objectif de Hierro était de se qualifier pour les huitièmes de finale. C’est presque chose faite. Dorénavant, avec le potentiel de la Roja, une élimination à ce stade serait vécue comme un échec. On attend l’Espagne dans le dernier carré et El Mariscal en est bien conscient. Cette pression l’oblige à ne pas sortir de sa zone de certitude set donc de confort. Il devra guider l’Espagne sur le chemin du succès, avec les idées d’un autre.

Adversaire joueur et sans pression

Quand on regarde les deux premiers matchs de l’Espagne, on a deux visages. Le premier, face à un Portugal joueur, a été l’un des plus beaux de ce début de compétition avec un toque retrouvé et une efficacité offensive teintée d’erreurs défensives. Le second, face à un Iran bien regroupé en bloc bas  et aux sorties propres, a été très poussif. Iniesta, Costa et Silva en sont ressortis très fatigués, sans parler du manque d’assurance de Piqué et De Gea en défense.

On comprend bien que la Roja aime se retrouver face à un adversaire joueur. Son style de jeu permet de trouver systématiquement la faille dans les espaces laissés par une équipe aux velléités offensives. Les Lions de l’Atlas appartiennent à cette catégorie. Déjà éliminés suite à deux défaites cruelles sur le score de 1 à 0, ils ont montré qu’ils avaient de beaux atouts. Libérés de toute pression et revanchards, ils vont jouer pour l’honneur. Il faut donc s’attendre à voir des joueurs marocains impliqués. Il y a quelques jours, le sélectionneur Hervé Renard a déclaré que l’élimination était injuste et que le Maroc jouera à 100% face à la Roja. Connaissant les causeries d’avant-match du technicien français, on doit s’attendre à voir des adversaires surmotivés en entrant sur la pelouse. Aucun calcul à faire pour enfin ouvrir leur compteur de buts marqués et revenir au pays avec la fierté d’avoir battu un favori au titre.

Voici le XI probable du Maroc par @Lionsdelatlass

 

Un match qui sous bien des aspects sera très intéressant à suivre, entre les questions sur le coaching de Hierro, sur le jeu de l’Espagne et sur les cadres fatigués face à une équipe technique qui aime attaquer et avoir la possession. La Coupe du Monde ne se gagnera pas durant ce match et pourtant, la suite de la compétition de la Roja va en dépendre très fortement. Une rencontre qui permettra de jeter les bases d’un parcours jonché de succès ?

Jé Pintio
@JePintio

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