La Previa Mondial : Iran – Espagne

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Après un premier match porteur d’espoirs contre le Portugal en ouverture du Mondial, l’Espagne affronte l’Iran vainqueur du Maroc. Un succès placerait la Roja dans les meilleures conditions en vue d’une qualification pour les 1/8 de finale. En cas de défaite, elle serait en revanche quasiment éliminée.

Après les tumultes de la semaine dernière, la Roja s’est rassurée contre le Portugal. Certes, la Selección a concédé le match nul dans les derniers instants du match, victime d’un partidazo de Cristiano Ronaldo, mais dans le jeu, l’Espagne a montré que ses principes ne s’étaient pas envolés avec Julen Lopetegui. Koke Resurrección, Isco Alarcón et Diego Costa se sont particulièrement mis en valeur et Fernando Hierro débute son court mandat avec quelques certitudes.

Confiance maintenue à De Gea

A priori, le Portugal était l’adversaire le plus dangereux pour la Roja. Mentalement, le match a été éprouvant avec deux remontées au score avant la déception légitime suite au coup franc vainqueur de Ronaldo. Pour autant, une chose est certaine : cette Selección est bien présente et solide dans la tête, si loin des batacazos de 2014 et 2016.

La seule incertitude concerne le gardien David De Gea. Coupable d’une énorme boulette sur un tir anodin de Ronaldo et d’un placement hasardeux de son mur sur le coup franc du Madridista, le portier de Manchester United a vu son leadership largement remis en question par l’afición, à tel point que la cote de Kepa Arrizabalaga, pourtant un novice à ce niveau (1 sélection), a sensiblement augmenté. Néanmoins, Hierro a publiquement maintenu sa confiance au titulaire qui sait également qu’il n’a absolument plus le droit à l’erreur car ce Mondial pourrait bien conditionner le reste de sa carrière avec la Roja.

Coupable d’une faute sur Ronaldo qui a amené le penalty portugais en début de match mais buteur en 2e période, Nacho Fernández est annoncé sur le banc. Remis de sa blessure contractée en finale de Ligue des Champions contre Liverpool le 26 mai dernier, Dani Carvajal devrait bel et bien tenir sa place au poste de latéral droit au détriment de son coéquipier au Real Madrid.

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Le côté droit pourrait être totalement chamboulé contre l’Iran. Si Marca affirme que David Silva sera titulaire à droite, Diario AS émet l’hypothèse d’une titularisation de Lucas Vázquez. Le pur ailier du Real Madrid offrirait des solutions de débordement et de dédoublement avec Carvajal, tandis qu’El Chino est davantage un joueur d’intérieur à l’image d’Isco, excellent contre les Quinas et en pleine confiance avec le maillot de la Roja. Le choix est d’importance : avec la petite victoire du Portugal contre le Maroc en début d’après-midi (1-0), l’Espagne doit absolument gagner et soigner sa différence de buts. Tout sera donc fait pour mettre Diego Costa dans des conditions optimales, d’autant que l’Iran n’est pas réputé pour offrir des occasions gratuitement. « L’Espagne part à l’assaut du coffre-fort de Carlos Quieroz qui est à la tête de la sélection iranienne depuis 7 ans, écrit ce matin Alfredo Relaño, le rédacteur en chef du Diario AS. Il a créé un système défensif ultra solide. Lors de 15 des 19 derniers matches officiels, le tableau d’affichage est resté à zéro, y compris le dernier remporté 1-0 contre le Maroc ».

 

Les XI possibles

Surprise ! Alors que l’on pensait que Hierro confirmerait le 4-3-3, il opte pour un 4-2-3-1 avec un doble pivote Busquets-Iniesta, Isco en position de meneur de jeu axial et Lucas Vázquez placé à gauche. Un choix qui n’était pas dans les tuyaux, notamment quant à la position de l’ailier merengue. Dans l’optique d’une attaque-défense programmée, c’est donc Koke Resurrección, pourtant excellent contre le Portugal qui fait les frais de cette composition du Mariscal.

Espagne

 

 

Iran

 

Javi Poves, entre Madrid et Téhéran

Le nom de Javi Poves n’est pas très évocateur mais son parcours est hors du commun. Formé à la cantera de l’Atlético de Madrid puis du Rayo Vallecano, le défenseur passe ensuite par Las Rozas et Navalcarnero, deux clubs de la région de Madrid, avant de rallier les Asturies et le Sporting de Gijón. Entre 2008 et 2010, Poves dispute une soixantaine de matches avec la B et accède enfin à l’équipe première le 21 mai 2011. Entré à la place de l’éternel David Barral, il dispute ses 12 et uniques minutes en Liga. En fait, il dispute ses 12 dernières minutes dans la peau d’un professionnel. A 24 ans, lassé par un football qu’il qualifie de « mercantile », Javi Poves reprend une licence à Madrid en 2014 et signe dans un club de Tercera, la UD San Sebastián de Los Reyes, où il raccroche définitivement quelques semaines plus tard.

Crédits : porem.net

Membre du mouvement des « Indignados » qui a engendré la création du parti politique « Podemos », Poves se lance dans un tour du monde et découvre 35 pays. « Je ne cherchais rien, simplement connaître et retrouver le bonheur« , explique-t-il dans les colonnes de Marca. Au cours de son périple, il a le coup de froude pour l’Iran. « C’est une puissance mondiale de l’amour, avec une société qui coexiste avec beaucoup de respect entre ses citoyens. Les femmes ont les mêmes droits que les hommes. Elles peuvent exercer le travail qu’elles veulent, et sont parfois plus respectées qu’en Espagne. Dans le gouvernement précédent, il y avait plus de femmes qu’en Espagne. L’homme iranien a aussi des restrictions vestimentaires. L’Iran est l’un des rares pays où le pourcentage de femmes universitaires est plus élevé que celui des hommes. Il y a beaucoup d’idées fausses concernant ce pays, pour des intérêts politiques et économiques. Dans les familles de haut rang, il est mal vu que le gendre n’appartiennent pas à la même classe sociale et dans ce cas-là, oui, les femmes sont mises sous pression. Aussi, on devrait changer la loi qui interdit aux femmes d’aller aux matches, mais on ne doit pas criminaliser un pays pour cela ». Une vision certainement idyllique mais une perception manifestement sincère puisque Poves mène des projets footballistiques en Iran, comme il le fait en Espagne, au Club Mostolés Balompié dont il est le président et où il a monté une école de football.

 

Podcast #47 : Focus Iran

Avant ce 2e match de la Roja, Navid alias @BarcelonistaFRA a parlé du football en Iran et de la société iranienne. A partir de 16’42 jusqu’à 36’45. Disponible également sur Itunes et en téléchargement.

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