Mexique : la lose andalouse de Memo Ochoa

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Crédits : deportes.televisa.com
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Au sortir d’une belle Coupe du Monde 2014, Memo Ochoa fait partie des gardiens les plus cotés du moment. Relégué avec l’AC Ajaccio, le Mexicain, véritable star dans son pays, cherche un nouveau point de chute et met le cap en Espagne. Mais à Málaga comme à Granada, le portero d’El Tri n’est jamais parvenu à s’imposer comme une référence en Liga. 

Qu’elle fut cruelle cette fin de 1/8 de finale de la Coupe du Monde 2014 entre les Pays-Bas et le Mexique ! En avance au tableau d’affichage depuis l’ouverture du score de Giovani Dos Santos à la 48e minute, El Tri est à une poignée de secondes de briser enfin la malédiction du 5e match. Las, à la 88e puis à la 94e, Arjen Robben puis Klaas-Jan Huntelaar brisent le rêve mexicain. Les joueurs de Miguel Herrera sont inconsolables. Maigre consolation, leur gardien Memo Ochoa est élu homme du match. En dépit de la cruelle élimination, ce trophée honorifique récompense le Mondial de haute volée réalisé par le portier de l’AC Ajaccio, récemment relégué en Ligue 2.

Memo en post it

Crédits : la opinión de Málaga

Tout comme face au Brésil (0-0), Memo Ochoa a vu sa performance mise en valeur et sa cote s’est envolée pendant l’été. De nombreux clubs lui font les yeux doux. Il signe finalement à Málaga pour 3 ans. Un choix surprenant car le club andalou est clairement sur la phase descendante. L’UEFA a privé les Boquerones de Ligue Europa en 2013-2014, quelques mois après avoir disputé un 1/4 de finale de Ligue des Champions. En quête de liquidités, Málaga a vendu Isco au Real Madrid, Martín Demichelis et Joaquín Sánchez ont également mis les voiles.

Au moment où Ochoa débarque dans le Sud de l’Espagne, la Rosaleda voit débarquer son 3e coach en 3 ans. Après Manuel Pellegrini et Bernd Schuster, c’est au tour de Javi Gracia de prendre les rênes de l’équipe. Malgré les restrictions budgétaires, Málaga a un effectif compétitif : Nacho Camacho, Recio, Nordin Amrabat et Welington partagent l’affiche avec des jeunes talentueux comme Pablo Fornals, Samu García, Samu Castillejo Juanmi, Juanpi et Sergi Darder.

Le problème pour le Mexicain, c’est que la concurrence est féroce dans les cages. Carlos Kameni a un CV long comme le bras et sa réputation en Liga n’est plus à faire. En Espagne depuis 10 ans, le Camerounais a joué 8 saisons à l’Espanyol où il a notamment conservé sa cage inviolée durant 550 minutes battant ainsi le record de la légende Thomas N’Kono (496 minutes), puis à Málaga.

Autrement dit, Ochoa a beau être une star dans son pays, il part avec plusieurs longueurs de retard et Javi Gracia l’installe sur le banc. Sa première opportunité réelle arrive en fin d’exercice 2015-2016, soit près de 2 ans après sa signature. Kameni blessé, le Mexicain dispute 11 matches de Liga. Cependant, sa situation n’évolue pas, malgré le départ de Javi Gracia au Rubin Kazan et l’arrivée de Juande Ramos. Alors après deux saisons quasi-blanches, Ochoa demande à être prêté. Il reste en Andalousie et rejoint Granada. Deuxième mauvaise pioche.

D’un marasme à l’autre

La hype Ochoa a pris du plomb dans l’aile depuis son arrivée en Espagne. Pour jouer, il doit revoir ses ambitions à la baisse. A l’image de Málaga, Granada n’est pas un synonyme de stabilité sportive et institutionnelle. La famille Pozzo envisage très sérieusement de vendre le club nazarí à un groupe chinois et après une saison 2015-2016 achevée par un maintien quasi-miraculeux, Granada est en pole position pour finir dans la charrette en juin. Malheureusement pour les locataires de Los Cármenes, c’est un chemin de croix. Et Memo Ochoa est aux 1res loges pour assister au marasme.

Certes, il est titulaire indiscutable (38 matches) et réalise 161 parades, meilleur total de Liga mais il encaisse tout de même 82 buts, 2e pire défense du championnat. Peu convaincant dans les airs, régulièrement auteur de boulettes, le gardien d’El Tri ne convainc pas du tout. Entre 2010 et 2017, sur les 5 saisons pleines qu’il a disputé en championnat, ses statistiques ne sont guère reluisantes : 51 buts encaissés avec l’América en 2010-2011,  59, 50 et 71 avec Ajaccio entre 2011 et 2014 et 82 avec Granada entre 2016-2017. Soit une moyenne de 1.66 but/match. Loin, bien trop loin du niveau où il était attendu, même si les clubs dans lesquels il a évolué sur le Vieux Continent sont loin d’être des clubs de première catégorie.

Depuis, Memo Ochoa s’est refait la cerise au Standard de Liège en Belgique. Mais ses trois saisons en Liga témoignent de ce que de nombreux joueurs ont vécu avant lui : le miroir grossissant du Mondial peut s’avérer très trompeur. N’est pas Keylor Navas qui veut.

François Miguel Boudet

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