Suède : Henrik Larsson, l’histoire d’un roi

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La Suède et l’Espagne partage un point commun. Celui d’avoir abrité un joueur qui a marqué un pays et une génération entière. Idole du Celtic et héros du FC Barcelone, Henrik Larsson alias Henke aura gravé son nom dans le marbre du football espagnol en l’espace de deux saisons.

Aujourd’hui le football suédois est associé à Zlatan Ibrahimovic. Pourtant, un nom continue de lui faire de l’ombre en Suède et dans le monde, celui d’Henrik Larsson. Durant prêt de plus de deux décennies, l’attaquant d’1m75 pour 72kg a brillé sur le vieux continent, un roi suédois d’une classe et d’une générosité sans pareil. En club, en passant du Celtic, au Barça ou encore à Manchester United, il a écrit une histoire que tous les amoureux de football se complaisent à raconter et à écouter.

Dreadlocks, trophées et buts à foison

Né d’un père cap-verdien et d’une mère suédoise, cet enfant issu des quartiers pauvres d’Helsingborg n’était pas prédestiné à devenir l’un des rois du ballon rond. C’est alors, que pour fêter ses quatorze ans, en 1986, ses parents lui offrent une cassette vidéo autour de la vie et de la carrière de Pelé. C’est la révélation. Deux ans plus tard, son aventure dans le monde du football débuta au club d’Högaborgs BK. Le jeune joueur travaille dur pour tenter d’approcher le talent de son idole, mais aussi pour échapper au racisme auquel il doit faire face lors de son adolescence. Le petit Henke grandi en même temps que son talent. C’est en 1992 qu’il rejoint le club de sa ville natale d’Helsinborgs où il ne tarde pas à se faire remarquer. Auteur de 34 buts en 31 rencontres, cet attaquant doté de très belles qualités physiques et d’un bon jeu dos au but attire déjà les plus grands clubs. Il rejoint ainsi un championnat plus prestigieux celui des Pays-Bas, à Feyenoord, avant de débarquer en 1997 au Celtic où il va atteindre les sommets.

Le jeune attaquant aux dreadlocks devenues célèbres suit son entraîneur Wim Jansen après 4 saisons et deux premières coupes remportées dans sa jeune carrière. Des débuts qui lui ont permis d’accéder au prestige des sélections internationales et à la Suède d’avoir sa légende, ce qu’elle n’avait plus eu depuis la Coupe du Monde 1958 et la finale perdue à domicile contre le Brésil de Pelé. Le roi Wenke est né, le Celtic sur le trône du football écossais. Revenu plus fort que jamais d’une jambe cassée contre Lyon en Ligue des Champions en 1999, il sera désigné meilleur buteur du championnat quatre années d’affilées. En l’espace de six saisons passées avec les verts et blancs, il glanera 4 titres de champions et deviendra le premier et unique joueur du Celtic à remporter le soulier d’Or européen en 2001 avec 53 buts en 50 matchs. Des performances qui lui permettent également de figurer sur la liste du Ballon d’Or.

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Le FC Barcelone pour le couronnement

C’est à l’âge de 33 ans que Larsson décide couronner cette belle carrière au Barça. Malgré de très bons débuts avec l’équipe Blaugrana, sa première saison sera ternie par une grave blessure au genou. Les supporters persuadés que cette fois c’était bel et bien la fin de la carrière de la légende suédoise, une nouvelle fois, Henke prouvera que des débuts compliqués n’iront pas ternir la promesse d’un bel avenir. Sa deuxième sera alors couverte de gloire, avec 4 titres remportés en deux ans et surtout cette Ligue des Champions qui restera longtemps dans les mémoires des Culés.

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17 mai 2006, le FC Barcelone affronte Arsenal en finale de la Ligue des Champions. On joue la 61e et Larsson remplace Van Bommel. Mené 0-1 jusqu’en deuxième période le Barça peut compter sur son Suédois. Ses deux passes décisives pour Eto’o et Belletti ont permis à son équipe de soulever la deuxième Ligue des Champions de l’histoire.

« Les gens parlent toujours de Ronaldinho, Eto’o, Giuly et tous les autres, mais je ne les ai pas vus aujourd’hui, j’ai vu Henrik Larsson. Il est entré, a changé le cours du match et l’a achevé. Parfois, vous parlez de Ronaldinho, Eto’o et d’autres joueurs de ce genre : vous devez parler du bon footballeur qui rend le foot différent, et c’est ce qu’était Henrik Larsson ce soir. » Thierry Henry sur le prodige suédois en zone mixte après la rencontre.

Devenu un très grand joueur, également apprécié pour ses qualités humaines, à Barcelone il aura laissé une empreinte tant chez les joueurs que les supporters, et tout le monde aurait voulu le voir rester mais il a choisi de rentrer en Suède pour jouer chez lui. En sélection, buteur lors des trois Coupes du monde qu’il a disputé avec son pays (1994, 2002 et 2006), il réussit en 2005 à détenir le titre de meilleur footballeur de l’histoire de la Suède. Avec 468 buts en 873 matchs, une armoire à trophée pleine et une légende bien fournie, l’histoire d’Henrik Larsson se racontera encore surtout à l’approche du Mondial 2018.

Soledad Arque-Vazquez
@solearquev

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