Real Madrid : Steve McManaman, la finesse anglaise

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Crédits : Daily Mail

Steve McManaman n’était pas un Galactique du Real Madrid. Pourtant, il en avait tous les attributs. Altier, virevoltant, décisif, l’Anglais a été un membre très important du vestiaire de Vicente Del Bosque. Supporter d’Everton formé à Liverpool, « Macca » a enrichi son palmarès au Real Madrid et régalé le public du Bernabéu.

C’est un duo iconique du Liverpool des années 90 : Steve McManaman-Robbie Fowler. Unis sur le terrain et en dehors dans des soirées endiablées, les deux hommes ont porté les Reds grâce à leur jeu imprévisible. Pourtant, à l’image de Jamie Carragher qui a aussi été leur coéquipier, ils sont nés avec le coeur bleu :« J’ai peut-être joué pour Liverpool, mais les membres de ma famille sont des fans d’Everton. Je me souviens être allé à Wembley pour la première fois à 12 ans afin d’assister à la victoire des Toffees en Cup en 1984 face à Watford ».Convaincu par la formation du LFC et les portes qu’ouvrent l’institution, McManaman rejoint finalement le rival à 15 ans et signe professionnel à 18 ans, en 1990.

Crédits : Belfast Telegraph

Faux ailier

L’image que l’on a de Steve McManaman, c’est celle d’un ailier délié, précis et élégant. Or de son aveu même, « Macca » n’est pas complètement ce genre de joueur. « Je n’ai jamais été un ailier, mais c’est la façon dont les gens parlent de moi, constatait-il dans une interview en 1997. J’ai des responsabilités défensives, mais je me permets d’aller de l’avant. Je suis plus cohérent sur le terrain ».Véritable mordu de football, l’Anglais puise dans les matches qu’il regarde, y compris ceux des championnats étrangers, des façons de s’améliorer pour mieux servir le collectif. International depuis 1994, McManaman est un des grands visages de Liverpool mais l’arrivée de Gérard Houiller sur le banc des Reds l’encourage à changer de cycle lui aussi. Quelques mois avant la fin de saison, il signe un pré-contrat avec le Real Madrid, ce qui passe mal auprès du public d’Anfield avec qui il se réconcilie au moment des adieux.« Je suis très triste de quitter Liverpool car c’était une décision difficile à prendre, explique-t-il lors de son départ. Je suis ici depuis l’âge de 12 ans. Mais j’ai toujours dit que je voulais jouer ailleurs en Europe à un certain moment de ma carrière. C’est une chance de me tester dans un championnat européen de haut niveau. J’ai choisi le Real Madrid parce que j’ai toujours pensé que c’était un excellent club ».

L’homme de la Octava

Avant McManaman, seul Laurie Cunningham avait tenté sa chance en Espagne, d’abord au Real Madrid à partir de 1979, puis à Gijón (1983-1984) et au Rayo Vallecano d’abord en 1986-1987 puis en 1988-1989 année où il décède dans un accident de la route. Même s’il a pris quelques cours d’espagnol pour communiquer avec ses coéquipiers, l’adaptation en Liga prend du temps, d’autant qu’il se blesse 3 mois. Mais dans le vestiaire, « Macca » fait l’unanimité. Finalement, il s’impose dans le XI merengue et devient l’alter ego de Fernando Redondo. La Liga se passe mal pour les hommes de Vicente Del Bosque et la Casa Blanca termine à un 5e place indigne de son rang. Pour illuminer la saison, le Real Madrid soulève la 8e Ligue des Champions de son histoire contre Valencia (3-0). McManaman marque un but mythique et est élu homme du match.

Pro jusqu’au bout

Steve McManaman est aux premières loges pour constater le changement de mentalité au Real Madrid. Florentino Pérez a de grandes ambitions, le début de la 1re ère des Galactiques. Il vend Redondo, recrute Luis Figo pour 61M€ et veut récupérer de l’argent avec McManaman qui est proche de signer à Middlesborough. Quitte à avoir un Anglais dans l’effectif, autant que ce soit David Beckham qui signera quelques temps pour tard. Face à la volonté de FloPer de le transférer, « Macca » s’obstine et refuse, comme ses coéquipiers et une très large partie de l’afición madridista qui l’adorent.

 

Vicente Del Bosque doit aussi se rendre à l’évidence : il peut compter sur McManaman même s’il joue de moins en moins. Chaque saison, une nouvelle star offensive débarque, ce qui limite de plus en plus les apparitions de « Macca ». Néanmoins, il contribue aux titres domestiques et européens du Real Madrid (2 championnats, une SuperCoupe d’Europe et d’Espagne et surtout 2 C1), marque un but décisif lors de la 1/2 finale de C1 contre le Barça en 2002 et participe même à la finale où il dispute la dernière demi-heure. En 4 saisons, McManaman s’est forgé une belle réputation en Espagne avant de terminer sa carrière à Manchester City. « El Macca » n’a jamais eu le statut de Galactique mais par son talent, son style et sa personnalité, il l’aurait largement mérité.

François Miguel Boudet

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