¡Sí se puede! L’OM peut battre l’Atlético de Madrid !

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« Ils n’ont aucune chance », « l’Atlético est trop fort pour eux », « ils vont prendre une raclée » : depuis sa qualification pour la finale de la Ligue Europa le 16 mai prochain, l’OM est annoncé perdant certain contre les hommes du Cholo Simeone. Pourtant, il existe des motifs pour croire à un succès olympien.

On le savait depuis qu’il avait été reversé après la phase de poule en Ligue des Champions : l’Atlético de Madrid est l’immense favori pour remporter la Ligue Europa, la 3e depuis 2010, année du grand retour sur le devant de la scène des Colchoneros. Au cours d’une décennie où la C3 est devenue une spécialité espagnole avec 5 succès en 8 éditions, la Liga n’a jamais perdu une finale où un de ses clubs était représenté. En outre, depuis la prise en main (de fer) de l’Atleti par Diego Simeone en 2011, les Indios ont remporté la Ligue Europa (2012), la Liga (2014), la Copa del Rey (2013), la SuperCoupe d’Europe (2012), la SuperCopa d’Espagne (2014) et ont disputé deux finales de Ligue des Champions (2014 et 2016). Niveau expérience des grands événements, le fossé est immense avec l’Olympique de Marseille. Sur le plan du jeu, le Cholismo est devenu une marque déposée, avec des joueurs qui se donnent à 100% pour l’idée de leur coach.

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Oblak c’est Fort Knox

Cette saison, les chiffres sont en partie trompeurs. Rarement le Cholismo est apparu autant à bout de souffle, sans imagination. Il ne faut pas oublier que c’est bien contre Qarabag que l’Atlético a laissé filer 4 points en Ligue des Champions. Régulièrement, les Colchoneros ont pris la mauvaise habitude de marquer et d’attendre, de reculer, sans inscrire de 2e but. Parfois, ça a tenu mais… ça a aussi eu ses limites. Au classement, l’Atlético est certes 2e mais on s’est ennuyé comme rarement. La grinta, ce grain de folie qui, en dépit d’un jeu éminemment défensif, rendait le Cholismo jouissif à regarder s’est estompée. Ce 4-4-2 à plat est peut-être bien arrivé en fin de vie.

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Cette saison, l’Atleti a été maintenu hors de l’eau par un Jan Oblak absolument incroyable. Avant le csc de Stefan Savic contre l’Espanyol lors de la 36e journée de Liga, le Slovène avait enchaîné 13 porterías a cero consécutives toutes compétitions confondues au Wanda Metropolitano. Cette saison, il n’a encaissé que 20 buts en 35 matches disputés. Bref, c’est un mur sur lequel on aurait rajouté des fenêtres en triple vitrage.

Une attaque peu prolifique

Si l’Atlético encaisse peu de buts, il n’en marque pas beaucoup non plus. A peine 55 cette saison. Sortie des 2 goleadas inscrites contre Séville (2-5) et Leganés (4-0) les 25 et 28 février derniers pour le compte des 25 et 26e journée de Liga, les Indios n’ont ensuite trouvé le chemin des filets qu’à 11 reprises lors des 10 dernières journées de championnat. Hormis deux victoires 3-0 contre le Celta et Levante, deux équipes de la seconde partie de tableau, la moyenne est encore bien plus basse, sachant que sur les 4 dernières journées, ils n’ont inscrit qu’un seul but, à Alavés, et en a encaissé 5. Sur les 10 dernières journées, le bilan global de l’Atlético est mitigé avec 4 victoires, 2 nuls et 4 défaites.

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Contre les équipes actuellement européennes, le bilan est également contrasté. Avant le déplacement à Getafe ce weekend, l’Atlético a obtenu 17 points en 11 matches (4 victoires dont une seule par 2 buts d’écart contre Getafe, 5 nuls, 2 défaites, 8 buts inscrits, 6 encaissés). A trois reprises, il a été remonté au score après avoir ouvert la marque, à l’aller contre le Barça (match nul) et deux fois contre Villarreal (match nul et défaite) ; après avoir encaissé le 1er but, il n’est revenu qu’une seule fois à hauteur, lors du retour contre le Real Madrid (match nul). Il y est aussi récemment parvenu à l’aller contre Arsenal, à 10 contre 11. Néanmoins, l’Atlético est loin d’être le rouleau-compresseur qu’il a pu être par le passé.

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Un XI-type rarement complet

Depuis plusieurs mois, l’Atlético tourne avec un effectif très court, ce qui a entamé les organismes. Les départs de Nico Gaitán, Yannick Carrasco et Augusto Fernández en Chine ont diminué les possibilités de rotation du Cholo. A cela se sont ajoutées des blessures (Filipe Luis, Juanfran, Diego Costa, Diego Godín), la dernière en date étant celle de Vitolo Machín qui est incertain pour la finale. De plus, la Liga oblige les entraîneurs à aligner un minimum de 7 joueurs de l’équipe première dans le XI. Et même si cela semble anecdotique, l’Atlético aura 24h de moins pour préparer le match contre l’OM.

L’effectif tire la langue. Sur le dernier mois de compétition, le duo d’attaque Antoine Griezmann-Diego Costa n’a pu être aligné que 3 fois (Real Madrid en Liga, retour contre le Sporting CP retour contre Arsenal en Ligue Europa). Contre l’Espanyol la semaine dernière, Simeone a dû bricoler un 3-1-4-2 pour laisser Diego Godín au repos et donner une mi-temps chacun à Koke Resurrección et Saúl Ñiguez. Au retour contre Arsenal, c’est Thomas Partey qui a fait office de latéral droit. Il avait déjà joué à ce poste contre Alavés car Sime Vrsaljko avait dû évoluer à gauche pour permettre à Godín de se reposer. Si l’effectif de l’Atleti est en tous points supérieur à celui de l’OM, le XI-type n’a en revanche pas été aligné par Simeone depuis un bon moment.

Cela témoigne de la saison étrange que viennent de passer les Colchoneros. Pour leur 3e finale européenne en 4 ans, ils arrivent plus fatigués qu’à l’ordinaire. Détail non négligeable, le Cholo sera en tribunes, suspendu depuis le match aller contre Arsenal. Voilà quelques motifs d’espoir pour les Marseillais afin de soulever cette C3 qui s’est refusée en 1999 et en 2004. Ce sera difficile mais c’est très loin d’être joué d’avance.

 

François Miguel Boudet

 

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