Raynald Denoueix : « Bien jouer, c’est gagner »

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Dernier protagoniste du jeu à la nantaise et vice-champion d’Espagne avec la Real Sociedad en 2003, Raynald Denoueix évoque la Liga à travers le prisme de ses deux mastodontes et revient sur son épopée à Saint-Sébastien.

Chaque week-end, Raynald Denoueix a deux rendez-vous absolument immanquables : le Real Madrid et le FC Barcelone. Comme beaucoup d’entre nous finalement. Sauf que lui a eu l’occasion de les affronter les yeux dans les yeux depuis son banc de touche. Et de quelle manière ! Juste après avoir été sacré champion de France avec le FC Nantes en 2001, Denoueix et sa Real Sociedad se retrouvent à deux doigts d’être sacrés champions d’Espagne. C’était sans compter sur le Real Madrid qui les double sur le fil. Presque champions avant d’être dauphins. La Liga, la Ligue 1, le Betis, Xabi Alonso et même une course de 1500 mètres, entretien complet avec un personnage qui connait le football.

Denoueix : « Le foot, ce n’est pas la guerre »

Remarquez-vous une nette différence de niveau entre la Liga et la Ligue 1 ?

Forcément il y a de la différence, mais ce n’est pas raisonnable de faire un comparatif. Quand on regarde le milieu de Barcelone, Modric, Ronaldo,Benzema, Kroos, Marcelo, Isco, Asensio, etc. Mais c’est logique, ce sont les meilleurs joueurs du monde. Et les meilleurs joueurs du monde, on n’en a pas. Il y a Neymar qui est au PSG, mais les principaux ne sont pas en France, malheureusement pour nous. Par contre, on a de bons Français : Benzema est un super joueur, Griezmann aussi. Mais où est-ce qu’ils sont ? Ils sont en Liga. Donc forcément qu’il y a de la différence et que ce n’est pas en notre faveur puisque les meilleurs Français s’en vont dans ces clubs-là. Mais il y a des matchs intéressants. J’aime bien un équipe comme Nice, parce que, depuis quelques années, ils on un style de jeu qui ressemble un peu à Barcelone. Lyon, aussi parce qu’il y a un jeu que j’aime bien.

Quelle est l’équipe qui vous a le plus surpris cette saison ?

Barcelone. À un moment ils avaient 20 points d’avance sur le Real et je pense que l’effectif du Real est supérieur à celui de Barcelone notamment dans le domaine offensif, par rapport à la qualité et la quantité. Asensio et Vázquez, qui sont la plupart du temps remplaçant, ont permis au Real de gagner certains matchs capitaux. Ça veut dire qu’ils sont aussi bons que les titulaires, voire meilleurs. D’abord, pendant les premiers matchs de la saison (en Supercoupe), le Real met une sacrée rouste à Barcelone (5-1 sur l’ensemble des deux matchs) et il n’y avait rien à dire sur l’affaire. Après, il y a eu 20 points voire plus. Qu’il y ait eu un tel écart, ça m’a vraiment surpris. Le Real est en demi-finale de la Champion’s League, ce n’est pas par hasard non plus. C’est vraiment très, très fort. Je pense qu’ils sont plus équilibrés. Globalement, c’est plus solide que le Barça. Que le Barça soit champion, pour moi, c’est surprenant.

Appréciez-vous une équipe comme le Bétis Séville de Quique Sétien ?

Ah oui, il y a une certaine idée de jeu. J’ai lu quelques articles sur lui, la manière dont il veut faire jouer, je les ai vus contre le Barça. C’est sûr que pour ressortir le ballon, il y a certains principes que j’aime bien.

Comment expliquez-vous que le Real Madrid ait eu tant de difficultés cette saison en championnat et pas en Ligue des Champions ?

C’est un argument que j’ai, vu de loin, mais peut-être qu’il y a eu un peu d’usure mentalement parce qu’ils venaient de gagner deux Ligue des champions. Quand on est à ce niveau, il y a peut-être un petit peu de relâchement dans les matchs moins importants. La preuve en Coupe d’Espagne. Ils se sont fait éliminer chez eux en ayant gagné à l’extérieur contre Leganés. C’est humain qu’il y ait un relâchement. Après, quand ils retrouvent la Champion’s League où c’est du costaud, à nouveau, on retrouve l’énergie pour se remobiliser. Est-ce le bon argument ? Il faut être dedans. Eux, ils ont plus de chances de savoir, que moi qui suis spectateur lambda à 1000 km de l’affaire. La valeur individuelle et collective, elle, est indiscutable.

Quel est votre regard sur l’Atlético Madrid ?

Ce n’est pas vraiment ce que je préfère. Ce n’est pas le jeu, c’est plutôt une question d’état d’esprit. Même si je pense qu’ils ont un peu corrigé. Après, le jeu, on a des joueurs. On fait en fonction des joueurs qu’on a. Ce qu’a fait Simeone au niveau des résultats, c’est exceptionnel. Par contre, il y a certaines attitudes qui ne me plaisaient pas. Je pense que le foot, ce n’est pas la guerre, ce n’est pas gagner n’importe comment. Je ne parle pas du style de jeu. Par exemple, quand il y a une contre-attaque contre Séville [ndlr. contre Málaga], qu’un ballon passe près du banc de l’Atlético et qu’un autre part de ce banc pour essayer de perturber l’action, non. Quand Simeone raconte ensuite que quand il était ramasseur de balles il lui est arrivé d’envoyer le ballon pour que l’adversaire ne marque pas, ça ne me convient pas trop. C’est plus une question d’état d’esprit. Dans le foot, il n’y a que le résultat qui compte. Quand on tire le trait pour faire le bilan, je dis chapeau. Moi je dis que bien jouer c’est gagner. Mais pour y arriver, d’abord, il faut une méthode, un style. Simeone a un style, le Barça en a un, Zidane en a un,  Favre en a un. Mais après, il faut que ça reste dans le cadre du foot. Il ne faut pas sortir de cela. Il ne faut pas employer de moyens extra sportifs, que ça dégénère. On peut jouer long, on peut jouer court, mais envoyer le ballon sur le terrain pour empêcher l’autre de marquer, non. Je regarde les sites espagnols – il sont friands de cela – et j’ai vu qu’il y a un entraîneur en Amérique du Sud qui est rentré sur le terrain pour aller tacler l’adversaire. Moi je n’aime pas cela.

Denoueix : « C’était trop beau pour être vrai »

Rembobinons jusqu’à 2002. Comment en êtes-vous arrivé à signer à la Real Sociedad après avoir quitté le FC Nantes ?

Trois ou quatre jours après que je me suis fait « virer » par Nantes, j’ai eu un contact immédiat avec la Real. Sur le premier contact, on ne s’est pas très bien compris parce que la personne ne parlait vraiment que l’espagnol. Je pensais que c’était pour le centre de formation. Le deuxième contact a été peu de temps après. Là, j’ai bien compris que c’était pour l’équipe première. On a convenu de se retrouver entre Saint-Sébastien et Nantes, je me suis dit que j’allais faire le bout de chemin. Vraiment, ça m’a plu. Avec le vice-président et le directeur sportif, nous avons passé une grosse demi-journée ensemble. Ils m’ont passé le président et quelques jours après j’étais avec les trois. À partir de là, nous avons eu des contacts très fréquents et c’est comme s’y j’y étais. Je n’ai dit « oui » définitivement qu’au mois de mai quand j’ai signé, mais on a continué à se voir, préparer la saison, discuter de tout. C’est une question de confiance. Je dois dire que je n’ai pas du tout été déçu et surtout pas vis-à-vis de la confiance. Là-bas, il y a eu des beaux moments et des mauvais moments par rapport aux résultats. Au niveau de la confiance que j’ai eu en ces gens, elle était à 100%. Je ne m’étais pas gouré et c’étaient vraiment de super personnes.

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Comment vous ont-ils convaincus ?

Ils m’ont présenté le club et puis.. ça ne peut pas s’expliquer ! Vous rencontrez des gens, vous restez, trois, quatre heures avec eux et puis le courant passe, comme on dit. Avec le président, le courant est passé aussi. Je suis allé là-bas la première fois avec ma femme et maintenant ce sont des gens avec qui je suis toujours en contact parce que c’est passé. Ce sont des gens que j’apprécie énormément. D’autant plus que je savais depuis longtemps que j’allais être « viré » de Nantes. Plus tard, j’ai appris que deux, trois mois avant que la Real me contacte, il y avait une personne de la Real qui est venue à Nantes pour observer les jeunes. Je n’ai pas discuté très longtemps avec lui, mais après, on s’est compris. Donc il y avait d’un côté la confiance que j’ai pu avoir et puis aussi quelque part du professionnalisme. Ce n’est pas par hasard qu’ils m’ont contacté après. Il était certainement aussi venu pour enquêter un peu sur Raynald Denoueix. Il y a des résultats, il y a l’équipe – ça, il la voyait jouer –, mais il y aussi un peu « comment il est ce mec-là ? » Quand je suis arrivé à la Real, on a fait le tour du club où il y avait les vidéos qui étaient bien rangées. Dans la salle vidéo, il y avait les deux dernières saisons complètes du Football Club de Nantes. Celui s’occupait de ça m’a dit : « Ton équipe, je la connais mieux que toi » (rires). C’était un club très pro avec cet esprit formateur qui existe toujours chez eux.

Dans quel était d’esprit êtes-vous en 2002 lorsque vous laissez le titre au Real Madrid en toute fin de saison ?

Très déçu… Et je le suis encore plus aujourd’hui. Parce qu’être champion d’Espagne, quand même, ce n’est pas mal, hein ! La Real Sociedad est un beau club. Les gens, la région… Pour eux, pour moi, ça aurait été vraiment magnifique et puis ça aurait été rendre la confiance qu’ils m’avaient donné. Mais oui, c’est une déception terrible. Quand on est premier pendant longtemps, tout près de la ligne et qu’on se fait coiffer sur le poteau, c’est le plus dur. Si on est deuxième, troisième et qu’on n’y arrive pas, quelque part, on peut être heureux et s’en contenter, mais quand on a été premier et qu’on se fait rejoindre… Le pire, c’est peut être sur le banc du dernier match. Comme c’est possible d’être champions mathématiquement ce jour-là, au bout d’un quart d’heure, vingt minutes, ils (les supporters) n’arrêtaient pas de crier « Champion ! Champion ! » En réalité, ce qu’ils criaient, c’était « Champion’s ! » parce qu’on était qualifiés pour la Champions League. Pendant une demi-heure, j’ai cru que c’était possible. Finalement, j’ai eu une demi-heure de bonheur (rires).

Avez-vous eu un sentiment d’injustice ?

Ah non ! Dans le foot il n’y a pas de mérite, pas de justice, il y a le résultat, point, il faut l’accepter. Ça ne peut pas être une injuste. Parfois, on joue mal et on gagne, parfois on a le sentiment d’avoir produit beaucoup de choses. Pour obtenir un résultat, il faut avoir beaucoup de cohérence et il n’y a pas moyen de faire autrement. C’est qu’au fond le Real a été meilleur. Il y a 38 matchs à faire. Il faut de la régularité. En coupe, on peut avoir de la chance sur un match ou de la malchance. Mais sur 38 matchs, c’est la meilleure équipe qui va s’imposer. S’il y a un 1500 mètres à faire et qu’à trois mètres de la ligne vous vous écroulez, c’est que l’autre est plus fort. S’il est plus fort dans les trois derniers mètres, il a fait les 1500 mètres avant vous. C’est a loi du plus fort tout simplement.

Pourquoi n’avez-vous pas repris d’autre club après la Real ?

Je me souviens d’une réflexion d’un journaliste, Régis Dupont, quand on est champions à Nantes : « Est-ce que tu pourrais aller à l’étranger ? – Nan mais ça ne va pas, ce n’est pas possible. » Et puis quelques mois après je m’y retrouve. Mais parce que c’est des gens. Après je n’ai pas retrouvé cela, je ne me sentais pas… Quand j’étais allé à la Real au mois de mai, j’avais eu confiance dans les dirigeants. Ils m’avaient appelé pour me dire : « Bon, Raynald, ça chauffe vraiment parce que, ça y est, les informations commencent à fuiter et les gens savent que c’est toi (le futur coach), donc il faut qu’on te présente officiellement. » Pendant huit jours, j’ai discuté avec ceux avec qui j’allais bosser, Julen Masach – qui était au PSG –, Xabi Mancisidor – qui s’est retrouvé à City –, Jesús María Zamora – qui était adjoint à l’époque… Je pense même que c’était trop beau pour être vrai. J’étais vraiment comme à Nantes. Je ne pouvais penser qu’au foot. Je n’ai jamais vu le président, les dirigeants, ils ne sont pas intervenus. Il y a même une fois, ils sont venus me poser une question avant que la saison ne débute, c’était vraiment super respectueux. C’était une question importante parce qu’au bout de cette question il y avait beaucoup d’argent. La décision que je leur ai demandé de prendre était à l’encontre de l’argent, donc peut-être du club. Heureusement, j’ai eu cette chance qu’on arrive deuxième. Si ça s’était mal passé, ils auraient pu le regretter. C’était plus que de la confiance, c’était le plaisir d’être avec eux. Après je n’ai jamais retrouvé ça. J’ai effectivement eu pas mal de propositions et de possibilités mais je n’ai pas replongé.

Vous parlez beaucoup des dirigeants et c’est important. Mais quels sont les joueurs qui vous ont marqué ?

C’était une chance pas possible ! Quand je suis arrivé, la Real Sociedad était mal financièrement donc on n’a quasiment pas recruté. Sauf (Valeri) Karpin qui est revenu parce qu’il était en fin de carrière et il ne trouvait pas de club. Comme il avait déjà fait un passage à la Real (1994-1996), ils l’ont pris. Mais il est arrivé après. Valeri Karpin c’est un super joueur. Deux, trois mois avant, j’avais vu un match France-Russie et Valeri s’était castagné avec Marcel Desailly. Je m’étais dit : « Mais ce n’est pas possible, il ne va pas finir le match. » Parce que je connaissais un peu Marcel… Karpin, c’était un mec hyper fort dans le jeu, avec un sacré caractère. Pour s’entraîner, il était toujours à tirer les autres pour donner et faire l’effort. Concernant Darko (Kovacevic), j’ai dit au président : « Je veux le garder pour jouer dans l’axe. » Il n’avait rien joué la saison précédente, il s’était fait opérer du ménisque.

Javier de Pedro, à gauche, c’est un super joueur. Il termine meilleur passeur. Au milieu il y avait Xabi (Alonso), qui commençait, avec un super talent, un passeur pas possible que tout le monde connaît maintenant. Il y avait (Mikel) Aranburu qui était super un complément à côté de lui. Dans l’axe, c’était les costauds. Il y avait (Bjorn Tore) Kvarme. Aujourd’hui, j’entends qu’on parle beaucoup du professionnalisme des joueurs, Kvarme c’était… exceptionnel. L’argentin, Gabi Schurrer, c’est un joueur. Il y avait quelques jeunes aussi, comme Xabi Prieto qui va arrêter maintenant. Et surtout, tous ceux qui venaient après étaient pour la plupart des gens du club, formés au club mais avec une super mentalité – la plupart du temps je faisais jouer le même onze et c’est peut-être aussi ce qui nous a pénalisé à la fin parce qu’on était un peu sur les rotules. Ils ne jouaient pas, on faisait entraînement le lendemain de match, il s’entraînaient beaucoup plus. Aucun problème. Et ça compte forcément. On le voit souvent, ceux qui jouent moins dans une saison ne sont pas contents et ça se comprend. La deuxième année j’ai Lionel Potillon qui est venu. C’est pareil, super mec !

C’est vous qui l’avez fait venir ?

Ce n’est pas vraiment moi. Il s’est trouvé qu’on avait des problèmes de latéraux parce qu’on avait un jeune du club qui était un bon en devenir mais qui n’a pas vraiment été un super joueur après. Je me souviens, il n’était pas loin du groupe. Il avait été avec une sélection espagnole de jeunes et il s’était fait péter la cheville. Donc à un moment on a eu besoin. En plus, « Pot’ » pouvait jouer dans l’axe et sur le côté. Il s’est trouvé qu’à ce moment là, il y avait un problème de contrat avec Paris, je ne sais pas quoi, mais il ne pouvait pas rester. Alors on l’a récupéré. J’ai eu la chance d’avoir des dirigeants, des joueurs, un staff où c’était le plaisir. Même quand on perdait. Et ça s’est vu la deuxième année. On est qualifié en Champions League mais en championnat, toute la phase allée est difficile. C’est là que j’ai vu que je ne m’étais pas trompé.

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Fin décembre, le président m’a convoqué avec des dirigeants pour manger, on devait être quinzième. Au bout de trois heures, il m’a dit : « Bon, si on t’a convoqué, tu sais bien que ce n’est pas pour discuter d’une manière sympa. On voulait te voir. » Je lui ai dit : « Oui je me doute bien. » Et moi dans ma tête je me doutais bien que j’allais me faire « vider. » Il a dit : « Tu as une année en option, tu le sais. On a passé trois heures ensemble et maintenant ce que je veux te dire, c’est que demain je vais annoncer que ton année en option est levée et que tu es prolongé pour la troisième saison. » Il s’est écroulé de rire : « Tu ne t’attendais pas à ça, hein ! » Ah je lui ai répondu : « Non, c’est bien clair, je ne m’attendais pas à ça (rires). » Néanmoins, je savais que ce serait dur. En janvier, on a réussi à gagner six matchs de suite et ça nous a remis dedans mais je savais que, quoi qu’il arrive, c’était mort. Je ne pouvais pas rester, c’était impossible. Ça se casse auprès de spectateurs. Il vaut mieux s’en aller. J’ai peut-être eu tort de ne pas retrouver de club parce qu’il doit bien en avoir qui fonctionnent de manière sympathique. (Il réfléchit) J’ai même oublié les médecins. Bref. C’est peut-être ce Pays-Basque aussi. C’est vraiment une région qui me plaît. D’ailleurs, il n’y a pas de hasard. Un an ou deux avant, quand j’étais à Nantes, j’allais toujours voir pour recruter – ça faisait deux, trois jours un peu vacances et puis ça changeait – et je choisissais toujours d’aller dans le Pays-Basque. Il y avait le style de joueurs aussi qui m’intéressait. C’est vrai que c’est sympa le Pays-Basque même s’il pleut beaucoup, mais enfin à Nantes il pleut beaucoup aussi. Et au bout du compte je m’y suis retrouvé. Est-ce que c’est une coïncidence ou pas ? Aujourd’hui, le Pays-Basque, j’aime encore. Français et Espagnol, d’ailleurs. Basque c’est au-dessus de Français et Espagnol à mon avis pour eux. Ils sont d’abord Basques, ça c’est clair. C’est comme les Catalans. Ils sont copains, il n’y a pas de hasard.

Quel club pourriez-vous coacher aujourd’hui ?

Il y en a plein. Quand on est coach on a envie d’avoir de meilleurs joueurs mais c’est ridicule. Dans la mesure où ce n’est pas d’actualité, c’est impossible de répondre. Comme tous les coachs, j’aurais voulu entraîner le Barça d’aujourd’hui (il éclate de rire). Pourquoi pas le Real aussi ? Quand on a des joueurs comme cela… Le Bayern aussi. Forcément, ce sont les meilleures équipes. Et puis il y a tout simplement se dire : « J’irais bien avec n’importe quelle équipe de 15 ans ou de 17 ans pour le plaisir de faire un entraînement, tout simplement. » Parce que c’est surtout et d’abord cela. Parce que bon, avoir la meilleure équipe du monde est impossible, on en revient à l’essentiel. On essaie de faire passer des idées, être entre les joueurs pour mieux les associer, le plaisir est là. Enfin, pour moi, c’est le plaisir d’entraîner tout simplement. Parce qu’après, il y a l’autre coté aussi qu’on n’a pas forcément envie de retrouver. S’il y a des jours de victoire, il y a aussi de mauvais moments. Valverde, les journalistes avaient un peu inversé la tendance, après Rome il était déjà discuté. À nouveau, après 5-0 contre Séville, d’un seul coup ça va un peu mieux. Ce qu’il y a autour est quand même un peu insupportable – d’ailleurs je crois que c’est le bon terme parce que dans « insupportable » il y a « supporter. » Il y en a qui disent qu’avec l’âge ils sont plus patients, moi je ne supporte pas. Je ne pourrais pas.

Propos recueillis par Victor Massias

@victor_massias

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