Arsenal 1-1 Atlético de Madrid : Comment les Colchoneros ont réussi à passer le match aller avec un avantage ?

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Loin du tumulte du Vélodrome, un combat de tous les instants a eu lieu à l’Emirates. A Londres, Arsenal pouvait faire un grand pas vers la qualification en disposant d’un Atlético réduit à 10 durant 80 minutes. Pourtant au coup de sifflet final, le grand vainqueur semble être l’Atleti. Comment les hommes de Wenger n’ont jamais vraiment réussi à trouver la faille ? Tentative de réponse.

Pour ce match aller des demi-finales d’Europa League, le choc était clairement à Londres. Arsenal, pour le dernier round de Wenger sur son banc pouvait s’offrir le droit de rêver d’une finale et d’un sacre européen. L’Atleti se donne le droit de pouvoir conclure cette saison éprouvante pour tout le monde avec un nouveau sacre européen. A Londres, le scénario semblait être à l’avantage des Gunners, Costa sur le banc, une expulsion très tôt coté Atleti et surtout une domination claire dans le jeu. Et pourtant, les madrilènes ont pris l’avion du retour avec un nul et un but marqué à l’extérieur. Un avantage plus que conséquent pour eux.

Exister dans la souffrance, le leitmotiv de l’Atleti du Cholo

Cette saison, l’entraîneur argentin en a pris pour son grade assez régulièrement. Souvent à raison, le jeu proposé cette saison a été bien trop pauvre pour un club de ce standing. Arrêtons de se voiler la face, l’Atleti est entré dans la cour des grands, mais des événements extra-sportif font que cette saison ressemble plus à une saison de transition en attendant un nouveau cycle qu’à une saison d’aboutissement d’un projet. Sauf que cette mentalité décriée de Cholo, de se définir comme le petit qui doit lutter pour arracher des points, de club pas invité à la table des géants qui doit forcer la porte, elle a prouvé son utilité hier. À froid, on se dit même que cette expulsion précoce, a fait plus de bien que de mal aux madrilènes.

“On fait souvent des entraînements à 4 contre 10 ! On savait comment gérer (l’infériorité numérique) !” Griezmann nous explique la folie du Cholo

Comment peut-on penser ça, comment peut-on se dire qu’un club est plus fort à 10vs11 qu’à 11vs11 ? C’est plutôt simple, parce que Simeone a inculqué à ses joueurs le plaisir de souffrir. Hier, les Godin ou autre Lucas ont pris un plaisir monstre à être dans cette situation c’est certain. Quand cette équipe est aussi bien organisé à la 88e pour détourner un corner en ayant 78 minutes en infériorité dans les jambes, on se dit qu’ils ne sont pas de cette planète. Hier la philosophie du Cholo a atteint son paroxysme, l’Atleti a pris un avantage comptable mais surtout un avantage mental.

Un plan simple pour l’Atleti

Les 10 premières minutes du match sont très compliquées pour les hommes du Cholo. Toujours à contre temps, l’Atleti laisse énormément d’espaces et les situations chaudes se succèdent sur les cages d’Oblak. L’Atleti n’est pas au mieux, l’effectif réduit n’a plus d’essence et la valise peut arriver très vite. L’expulsion de Vrasjlko arrive à ce moment, quand les madrilènes ont la tête sous l’eau et qu’Oblak est déjà fortement mis à contribution. Ce deuxième jeune logique pour le latéral croate va pourtant faire plus de bien que de mal à l’Atleti.

Le plan devient simple, on verrouille au maximum l’axe et on essaye d’être tranchant sur chaque petite situation offensive. On se retrouve donc avec un bloc de 9 joueurs, agglutiné dans l’axe avec un Godin qui rayonne dans le domaine aérien. L’Atleti ne veut pas éteindre la furia offensive des londoniens, le bloc équipe des rouges et blancs veut juste ne jamais leur permettre d’être dans une situation de frappe idéale. Chaque situation offensive, Arsenal doit se battre pour l’avoir. Petit à petit l’Atleti reprend confiance et Arsenal est de moins en moins dangereux. Surtout que chaque fois qu’Arsenal réussit à créer un infime décalage, Oblak fait régner la terreur dans la tête des attaquants anglais. Plus les minutes filent plus Arsenal s’impatiente avec le ballon, plus l’Atleti a des cartouches à utiliser en contre…

Griezmann-Lacazette, duel de numéro 9

En dehors du match : Attaquant londonien-Oblak, il y a eu un vrai duel entre Griezmann et Lacazette. Un affrontement à distance vu que les attaquants français ne se sont que très rarement rencontrés sur le pré, mais un duel de style. Lacazette a eu énormément de situations quand Griezmann a joué latéral pour remplacer Vrasjlko après l’expulsion. Ce match dans le match a été riche d’enseignements.

Tout d’abord Lacazette, dans un axe ultra verrouillé il a été un des seuls à proposer quelque chose par la course. Il a énormément bougé, il a essayé d’ouvrir des brèches pour ses coéquipiers ou pour lui. Entouré du vieux briscard Godin il a bien existé et réussi à être servi un bon nombre de fois. Une activité salutaire pour créer du mouvement dans de si petits espaces pour Arsenal. Un match qui en appelle d’autre pour lui, mais surtout un match qui a permis à Arsenal de ne pas être à court d’idée quand le ballon approchait de la surface adverse. Comme le football sait être juste, il a offert un but au français pour le féliciter.

“Vous les gars n’ont aucune idée de combien il est difficile de défendre. Le football est le jeu, et le jeu est la partie amusante, mais la défense, vous avez vraiment besoin d’avoir des coui* pour le faire.” Cholo aime faire souffrir ses joueurs.

Pour Griezmann la donne est totalement différente. Quand Lacazette a pu faire étalage de son talent offensif, Griezmann a fait don de son corps pour permettre à l’Atleti de rester en vie. Durant de longues minutes il a contenu les attaquants anglais comme il a pu, avec ses armes et en se remémorant les conseils du Cholo à l’entraînement. Il n’est jamais vraiment sorti de son match et a essayé de peser offensivement sur chaque situation offensive. Surtout qu’il aurait pu disjoncter après son erreur qui a amené le but d’Arsenal à l’heure de jeu. Mais non, il est resté appliqué et concerné. Son but égalisateur, c’est lui qui se le crée en poussant à la faute Koscielny et en ne s’avouant pas vaincu face à 3 défenseurs anglais. Griezmann a passé énormément de paliers avec Cholo, pour atteindre un niveau de polyvalence rare pour un joueur offensif. Griezmann sait presque tout faire, lui manque encore un peu de caractère pour être un très grand.

“Ces gars sont des monstres. Après une saison durant laquelle il n’y avait quasiment que 16 joueurs de champ, ce sont des héros. Résister 80 minutes à un de moins sur la pelouse d’Arsenal comme ils l’ont fait, c’est incroyable” Simeone, admiratif

Lors de ce match aller, Arsenal avait toutes les cartes en main pour essayer d’aborder le match retour avec de la sérénité. Sauf que c’est bien les hommes du Cholo qui ont pris un réel avantage mental sur les Anglais . Au terme d’un match âpre et loin d’être facile, c’est l’Atleti qui a un pied en finale. Rien n’est fait encore, et le Wanda devra se muer en Calderon le temps d’une soirée pour rendre ce rêve possible. Mais l’Atleti a maintenant les cartes en main pour accrocher un ticket pour Lyon, et ils ont les ressources mentales pour le composter jeudi prochain à Madrid.

Benjamin Bruchet

@BenjaminB_13

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