Bayern 1-2 Real : Comment les Vikingos n’ont rien lâché face au Bayern

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Crédits : Marca

Le football se joue souvent à rien, et pour cette demi finale aller le Real a fait basculer le match en profitant d’une demi-occasion. Décryptage de ce classique européen particulier :

Mardi on a vu un football anxieux, qui ne calcule pas, un football qui veut faire mal à son adversaire en mettant très rapidement le ballon dans la surface adverse, un football aussi passionnant qu’haletant. Ce Mercredi, c’était un classique, deux géants qui s’affrontaient et le match a accouché d’une souris. Une domination stérile du Bayern et un Real qui profite des moindres erreurs allemandes pour faire parler la poudre. Un football plus pragmatique, plus calculateur et donc logiquement un football qui passionne moins. Cependant comment le Real, en étant plus bas que terre, a pu terrasser le Bayern dans son antre ? Explication.

Un Real sonné mais jamais KO

On s’en était déjà rendu compte au tour d’avant face la Juve, surtout au retour, mais ce Real ne s’avoue jamais vaincu. Même poussée dans ses retranchements, la maison blanche tient le choc et attend l’ouverture pour frapper et montrer qu’elle est une grande dame.

Hier le plan de papy Jupp était clair, amener rapidement le ballon dans le surface merengue et attendre un exploit de « Robbery ». Le plan a pris du plomb dans l’aile après la sortie prématurée de Robben avant le quart d’heure de jeu. Sauf que Ribery a fait le boulot pour deux et a fait beaucoup de mal à la défense du Real. Rarement on a vu un Carvajal autant en souffrance. Le latéral espagnoll a été mis en difficulté pendant une heure par le trentenaire français encore plein de vivacité. Le Real a eu la tête sous l’eau tout le premier quart d’heure et on ne donnait pas cher de sa peau.

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Pourtant par la suite, le Real semble reprendre le contrôle du cuir et tente de faire entrer le match dans un faux rythme qui leur convient bien mieux. Les Vikingos sont plus haut sur le pré, Marcelo commence à se faire voir aux avants postes et Carvajal respire. Pourtant le Bayern va doucher ce petit retour de flamme par l’intermédiaire de Kimmich. Le petit latéral s’engouffre dans le trou laissé par Marcelo et Casemiro pour tromper un Navas pas exempt de tout reproche sur le coup.

« C’est une erreur de tous. Au début de l’action nous ne sommes pas bien placés et c’est la conséquence de nos erreurs. Ce n’est pas seulement Keylor. Mais en deuxième période il a fait deux ou trois arrêts. Il a été très bon. Nous avons beaucoup souffert sans ballon, mais c’est normal. Ribéry a fait un grand match, mais même lorsque Carvajal est sorti et que Lucas est passé sur le côté, nous avons bien joué. C’est un bon résultat » Zidane, lucide

Va s’en suivre une nouvelle domination claire du Bayern qui n’arrive cependant pas à faire le break. Les occasions bavaroises s’enchaînent et pourtant c’est le Real qui va égaliser juste avant la mi-temps. Sur un centre de la tête un peu bizarre de Carvajal, Marcelo déclenche une demi-volée aussi soudaine que sublime qui va se loger dans le petit filet d’Ulreich qui ne peut rien faire. Le Real a encore enfilé son costume de tueur et le Bayern en est la victime.

En deuxième mi-temps, le Bayern continue de forcer la décision et Ribery bute sur Navas. Le gardien, qui est passé au travers sur le premier but, a été simplement impérial par la suite. Il a pris la mesure de l’ailier français et a profité de la maladresse de Lewy pour régner dans sa surface. Il symbolise ce Real qui ne rompt jamais et qui a une confiance en lui incroyable. Alors que beaucoup d’équipes se seraient écroulées sous la pression des Allemands, le Real est resté concentré et a eu la lucidité pour profiter de la seule erreur du Bayern en deuxième pour mettre ce 2e but ultra important. Le Real n’est jamais mort, il faut le tuer sinon c’est lui qui s’en chargera.

Des changements déterminants pour le Real

En deuxième mi-temps c’est les entrants qui vont faire la différence pour un Real qui subit pourtant toujours autant. Jupp a dû revoir très tôt son plan. À la 30e déjà deux joueurs importants pour les Allemands sont sortis avec Robben et Boateng. Les deux entrants ne vont pas avoir un impact déterminant sur le match bien au contraire.

Tout d’abord Robben qui est remplacé par Thiago. Deux profils bien différents, un joueur purement provocateur et qui crée énormément de différences face à un joueur plus habitué à créer le danger par la passe. Hier l’ancien de la Masia n’a pas montré grand chose, se cachant derrière James on ne la que trop peu vu.

Le deuxième c’est Süle qui remplace Boateng. Le jeune Niklas a fait le travail mais n’apporte par la sérénité d’un Boateng à Hummels. L’ancien du BVB a été à côté de ses pompes tout du long, ne réussissant pas les transversales dont on a l’habitude. Une défense bavaroise qui ne respirait pas la sérénité et ça c’est vu.

« Asensio a fait la différence. Il a une vitesse et une puissance importante. Il est très bien rentré dans le match. Je suis content de lui comme de ses coéquipiers. » Zidane, amoureux.

Côté Real les changements sont aussi subis, mais ils auront un impact beaucoup plus positif sur le jeu des Vikingos. Tout d’abord Asensio qui remplace Isco à la pause. L’ancien de Málaga est sorti à cause de soucis à l’épaule. L’entrée d’Asensio va permettre au Real de se positionner réellement en 4-4-2 avec deux lignes de 4 qui bougent ensemble et font les compensations qu’il faut. Si le Real a aussi bien tenu le score en deuxième, ce n’est pas pour rien. Isco a énormément de qualités mais il ne défend pas ou très peu. Contrairement à Asensio qui fait un boulot excellent à la perte. Le Real a joué en équipe en deuxième mi-temps et ça c’est vu.

Ensuite le changement Carvajal-KB est lui aussi obligatoire. Après près d’une heure ayant été mis en difficulté par Ribery, Dani a craqué et a demandé le changement sur blessure. C’est le bon Lucas quia pris le poste de latéral droit et avec une réussite certaine. Mais surtout Benzema va se créer la seule vraie occasion nette du Real avec cet enchaînement parfait qui trouve Ulreich.

« Si on avait gagné 5-2 ce soir personne n’aurait pu se plaindre. Je crois que je n’ai jamais vu un Real aussi faible à Munich que ce soir » Süle découvre le Real et en prends 2.

Le Real n’est pas imbattable mais il est clairement insubmersible. À Munich, comme à Madrid au tour précédent, il a subi de très nombreuses avaries. Il a tangué, il y a eu des perforations dans la coque mais jamais le Real n’a abdiqué. Lors de ce match aller c’est une nouvelle fois le banc et la jeune garde Vikinga qui a fait le travail. Hier on a vu un tout petit Real, celui qui se fait piéger, celui qui n’arrive pas à contrôler le match. Sauf que ce tout petit Real en a passé deux à l’extérieur et revient avec un avantage plus que conséquent d’Allemagne. Hier il a flotté une odeur de Real 2016, une odeur de titre…

Benjamin Bruchet

@BenjaminB_13

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