Star du Barça empoisonnée par la maison blanche ? Le mystère Benitez

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C’est l’histoire d’un jeune uruguayen de 18 ans qui décide un jour de quitter le Racing Club de Montevideo pour conquérir l’Espagne. Nous sommes dans les années 60 et tout aficionado Albiverde qui se respecte, se souvient ou a déjà entendu parler de Julio Benitez. La star du Barça qui va décéder la veille d’un Classico dans des circonstances encore obscures et non éclaircies à ce jour. Furia Liga vous plonge dans ce mystère qui a ému (ou pas) le monde du football, il y a 50 ans.

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Julio Cesar Benitez Amodeo est né à Montevideo en 1940. Il est champion junior d’Amérique du sud en 1958. Il est repéré par Valladolid pour ses qualités techniques et de puissance. Le joueur est capable d’occuper différentes positions sur le terrain, d’arrière droit à attaquant en passant par milieu de terrain. Ce qui lui permet de gravir les échelons du football espagnol. Un an après son arrivée, il est recruté par Saragosse puis débarque au FC Barcelone en 1961 pour 8 millions de pesetas (50 000€), une fortune à l’époque. Le club catalan n’est pas encore l’institution qu’il représente aujourd’hui, mais est déjà en Espagne, le rival du grand ennemi, le Real Madrid.

Gento le craignait

L’une des stars des Merengues est Paco Gento, la terreur des défenses en Liga. De mémoire, Julio Benitez est le premier joueur qui le fait déjouer et qui l’empêche de pratiquer son jeu.

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credit wikipedia

Alfredo Relaño, journaliste à l’époque, s’en rappelle : « Gento avait l’habitude de foncer balle aux pieds, tout en puissance et rapidité, il perforait les défenses. On avait l’habitude de voir les arrières courir derrière lui, résignés. Mais lors de leur première confrontation, Julio Benitez s’est posé face à lui, mains sur les hanches, en le défiant. Gento a bien tenté de le passer sur son premier ballon mais la puissance de l’uruguayen était telle, que la star du Real Madrid a été contraint de passer la balle à un de ses partenaires. Dès lors, Benitez est devenue une star en Espagne et ses duels avec Gento étaient, de fait, très attendus par tous les amateurs de football ».

Equipes Pays Périodes
Racing de Montevideo Uruguay 1955—1959
Real Valladolid España 1959—1960
Real Zaragoza España 1960—1961
Barcelona España 1961—1968

Sous le maillot blaugrana de 1961 à 1968, Benitez n’a jamais remporté le championnat espagnol mais une Coupe d’Espagne et une Coupe d’Europe des Foires (ancienne Coupe UEFA).

Sa mort

En ce début du mois d’avril 1968, la Ligue Espagnole fait une trêve pour la rencontre internationale entre l’Angleterre et l’Espagne, qualificatif pour le championnat d’Europe des Nations. Benítez profite de la journée de congé et se rend à Andorre avec sa femme et un ami. Quand il revient de cette escapade, il se sent mal. À la reprise de l’entrainement, l’uruguayen prévient le club et son entraîneur qu’il est malade et qu’il préfère se reposer chez lui. Le dimanche suivant, le Barça doit recevoir le Real Madrid, match clé pour l’issue du championnat.

À cette époque, le climat entre Madrid et la Catalogne est tendu. En effet, quelques jours auparavant, Joan Manuel Serrat avait refusé de participer à l’Eurovision si on ne le laissait pas chanter en catalan. Langue qui était interdite par la dictature de Franco.

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Les jours passent mais l’état de Julio Benitez ne s’améliore pas. Ses coéquipiers se préparent et font une mise au vert sans lui. Le vendredi, il est transporté d’urgence à l’hôpital après avoir perdu connaissance. Le 6 avril 1968, au petit matin, Julio Benitez meurt d’une fibrillation ventriculaire suite à un choc septique.

À l’époque de l’obscurantisme franquiste, la presse espagnole ne s’en est pas trop préoccupée. Les premières explications parlent d’ingestion de moules avariées. Le classico qui doit se jouer le dimanche soir, retransmis à la télévision, est reporté au mardi. Julio Benitez est enterré le lundi. Le match a lieu et se solde sur le score de 1 à 1. Le Real Madrid qui conserve 3 points d’avance, sera déclaré champion en fin de saison.

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credit Barcelona rutas

Le mystère

Personne ne pouvait être convaincu que des moules avariées pourraient envoyer un jeune homme de 27 ans, en bonne santé et bien entraîné, dans la tombe. Il y avait énormément de rumeurs autour de cette mort, on parlait d’une infection étrange, d’hépatite mal soignée…

À la mort de Julio Benitez, le journal catalan La Vanguardia a interviewé sa veuve, Pilar Ruiz. Leur mariage avait fait sensation à l’époque, car elle était beaucoup plus âgée que lui et travaillait comme danseuse dans un cabaret de Saragosse.

“Julio est mort d’une intoxication”, a-t-elle dit. Elle a même expliqué que lors du voyage à Andorre, il n’avait pas mangé de fruits de mer mais juste de la viande et des légumes. De plus, elle a rappelé qu’un médecin lui a dit que son mari était mort des suites d’une intoxication grave. Toutefois, aucune autopsie n’a été effectuée et ses différentes demandes pour en avoir une, lui ont été refusées.

Pilar a ajouté qu’en revenant d’Andorre, Julio a ressenti une étrange démangeaison. “Ils ont dû me donner une serviette mal lavée”, a-t-il déclaré sur le chemin du retour. L’urticaire s’est aggravée les jours suivants, sans que personne n’en devine les raisons.

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Quelques années plus tard, un autre joueur uruguayen signe au FC Barcelone. Il s’agit d’Alfredo Amarillo. Nous sommes en 1976 et le joueur apprend l’histoire de Julio Benitez. Touché par ce qui était arrivé à son compatriote et prédécesseur, il décide de déposer des fleurs sur sa tombe. Les interrogations autour de la mort du joueur deviennent pour lui, obsessionnelles. Dès lors, il effectue de nombreuses visites répétées au cimetière jusqu’au point de certifier que Julio avait pu communiquer avec lui, de l’au-delà. Il lui aurait alors dit qu’il avait été empoisonné par…

Alfredo Amarillo n’en dira jamais plus, souvent traité de fou par la presse. Toutefois, nombreuses sont encore les personnes en Catalogne ou en Uruguay qui pensent à une conspiration Franquiste pro-Real Madrid. Cette dernière avait tout en sa possession pour orchestrer la mort d’un petit uruguayen qui faisait trembler les chevilles du grand Gento.

Furia Liga vous laisse juge…

Jé Pintio

@JePintio

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