Les 10 anecdotes improbables de la rivalité Real Madrid – Atlético

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La rivalité entre Real Madrid et l’Atlético partage la capitale espagnole. Évidemment, la mythologie concernant les deux institutions et riches et les deux clubs, malgré leurs différences, sont forcément liés à plus d’un titre. Voici 10 anecdotes improbables qui ont jalonné depuis plus d’un siècle les relations entre ces deux très grands d’Espagne. 

10/ Raúl Gonzalez Blanco le Colchonero, Luis Aragonés le Merengue

Le destin se joue parfois à peu de choses. L’histoire est connue. En 1992, l’omnipotent et ventripotent président de l’Atlético de Madrid, Jesús Gil y Gil, ferme la cantera colchonera. Ce sont donc plusieurs joueurs de 14 ans qui se retrouvent sur le carreau. Paco de Gracia et un certain Vicente Del Bosque s’entichent du capitaine, un attaquant sacrément doué qui répond au nom de Raúl Gonzalez Blanco qui deviendra deux décennies plus tard le joueur le plus capé de l’histoire du Real Madrid.

Le chemin a été plus tortueux pour Luis Aragonés. Formé au collège jésuite de Chamartín, “El Sabio de Hortaleza” joue à Getafe avant de signer au Real Madrid en 1958. Mais accéder à l’équipe fanion à cette époque-là relève de la quadrature du cercle. Alors, l’attaquant est prêté pendant 3 ans : Recreativo Huelva, Herculés, Úbeda et Plus Ultra devenu par la suite le Real Madrid Castilla. Deux passages à Oviedo et au Betis plus tard, Aragonés signe en 1964 à l’Atlético où il deviendra “Zapatones”, une légende en tant que joueur mais aussi en tant qu’entraîneur puisqu’il a remporté le titre de champion sur le terrain et sur le banc.

 

9/ Luiz Pereira, la samba et la canette de cerveza

Luiz Pereira a joué 5 saisons sous les couleurs de l’Atlético de Madrid. Face aux provocations d’une partie bas du front de Chamartín, l’Auriverde a toujours su répondre avec à propos et intelligence. Lors d’un derbi, il est victime de chants racistes. “Danse le noir !” vocifère la grada. L’Atlético égalise et Pereira… se met à danser une samba ! Une autre année, une canette de bière est jetée dans sa direction : “je l’ai ramassée, je l’ai ouverte et, accoudé à un poteau, je l’ai bue !”. ¡Salud!

8/ L’Atleti sauvé de la relégation par un Madridista

Grosso avec le maillot de l’Atlético

En 1963, l’Atlético est au bord de la descente en Segunda. Alors 14es, les Colchoneros doivent leur salut à un Madridista. Ramón Grosso avait été formé au collège jésuite de Chamartín avec Luis Aragonés. Alors joueur du Plus Ultra où il avait marqué 13 buts en 15 matches, il est envoyé en prêt à l’Atlético pour terminer la saison. Travailleur, auteur de 3 buts cruciaux et considéré comme un véritable talisman, Grosso a été un grand artisan de la salvación des Rojiblancos qui ont finalement achevé leur saison à la 7e place. De retour au Real Madrid, c’est lui qui reprend le numéro 9 de la légende Alfredo Di Stéfano pour devenir l’un des meilleurs symboles de la génération “Yé-yé” avec 7 titres de champion et une Coupe d’Europe des Clubs champions.

7/ Quand l’Atleti a accueilli des matches du Real Madrid

Après avoir joué pendant 10 ans à O’Donnell, l’Atlético entre au stade Metropolitano premier du nom. Antre mythique des Colchoneros, l’enceinte a pourtant accueilli des matches de l’eterno rival. En 1944, le club merengue achète le terrain où doit s’ériger le nouveau Chamartín. En 1945, le club est contraint de fermer le vieux Chamartín. Jusqu’à l’inauguration, il faut donc trouver un autre terrain où disputer les matches. C’est ainsi que lors de toute la saison 1946-1947 et 5 matches de la saison 1947-1948, l’Atlético Aviación a partagé gratuitement (!) le Metropolitano avec le voisin.

6/ Flocage et crêpe noir

Imagine-t-on un match de football sans maillots floqués ? C’est lors du derbi madrileño du 23 novembre 1947 que, pour la première fois, on a pu distinguer les joueurs grâce à des numéros dans leur dos. C’est aussi lors d’un derbi que sont apparus pour la première fois les crêpes noirs pour rendre hommage à deux disparus : le Madridista Sotero Aranguren et le mythique buteur basque Pichichi.

5/ Un maillot commun pour la bonne cause

Dans les années 90, dans le cadre d’une campagne de prévention contre la drogue, les deux équipes se sont retrouvées pour un match de charité. Ce n’était pas la première fois que le Real Madrid et l’Atlético faisaient équipe commune puisqu’en 1959 les deux entités avaient initié une récolte de fonds pour lutter contre le mal logement. Or, cette fois-ci, un maillot spécial a été édité et les Indios Caminero, Futre, Molina et Kiko ont partagé cette tunique inédite avec entre autres Sanchís, Roberto Carlos, Mijatovic et Raúl.

 

4/ Hugo Sánchez, transfert en 3 bandes

Passer directement de l’Atlético au Real, ça ne fait pas. Encore moins quand on est une idole. C’est pourtant ce qu’a fait le buteur mexicain Hugo Sánchez. Le mouvement est validé lors d’un dîner entre le joueur et les deux présidents Vicente Calderón et Ramón Mendoza. Pour atténuer l’ire de l’afición rojiblanca, Hugo Sánchez transite par l’UNAM, de sorte que “Hugol” est devenu Merengue en provenance des Pumas. Si le transfert a été mal encaissé par la grada colchonera, ça n’a pas été le cas du club puisqu’il avait un besoin vital d’argent pour survivre. Ironie de l’histoire, Hugo Sánchez n’a jamais marqué contre son équipe, sa seule réalisation lors d’un derbi a été inscrit avec l’Atlético.

3/ Le sang blanc de l’Atlético 

Finale de la Copa 1903. L’Athletic l’emporte contre le Madrid FC. Les Basques exilés dans la capitale du Royaume célèbrent comme il se doit ce triomphe, d’autant que les Leones étaient menés 2-0. Certainement bien entamés sur le chemin de l’ébriété, des étudiants ingénieurs des mines se promettent de créer le filial de l’Athletic à Madrid. Ces Basques sont rejoints par des camarades, dont de nombreux supporters de Madrid qui étaient en désaccord avec la direction que prenait le club. Et voilà comment, aidés par des Merengue, le club rojiblanco a pu voir le jour !

2/ José María Castell : surdoué du football et architecte du Metropolitano et du Chamartín

Né en 1896 à Saint-Sébastien, José María Castell a débuté en Primera Categoría a tout juste… 14 ans avec l’Esaso Athletic Club de San Sebastían. Après avoir vécu plus jeune à Madrid, il revient dans la capitale espagnole en 1912 pour poursuivre ses études. Il est recruté par le Madrid FC où il évolue soit milieu droit soit milieu axial. Il côtoie Santiago Bernabéu et porte le brassard en 1914, à 18 ans. Devenu architecte, c’est lui qui a dessiné et conçu le Metropolitano de l’Atlético et le Vieux Chamartín du Real Madrid. Un monument du football ibérique à plus d’un titre.

1/ Santiago Bernabéu le Colchonero, Vicente Calderón le Madridista

Difficile de faire plus Merengue que Santiago Bernabéu et plus Colchonero que Vicente Calderón. Et pourtant ! Ami du président rojiblanco Julián Ruete, Bernabéu s’engage avec l’Atlético pendant la saison 1920-2921 et dispute plusieurs matches amicaux avec el eterno rival (mais aucune partie officielle) car il ne pouvait pas jouer le championnat d’Espagne avec le Real Madrid.

Originaire de Cantabrie, Vicente Calderón est devenu le socio nº7901 du Real Madrid lors de son arrivée dans la capitale, au moment où il réussissait dans les affaires (import-export, tourisme et 37 entreprises dont il était le président). Sans doute une des raisons pour lesquelles il entretenait d’excellents rapports avec Santiago Bernabéu.

A gauche : Santiago Bernabéu. A droite : Vicente Calderón

Bonus / Quand la Maison Blanche a influencé la Casa Blanca

Elle ne concerne pas directement la rivalité Real Madrid – Atlético mais elle vaut son pesant d’or. En 1981, Luis De Carlos est président du Real Madrid depuis 3 ans mais, à 75 ans sonnés, il ne veut pas se représenter. Le seul candidat à sa succession s’appelle Ramón Mendoza, homme d’affaire qui détient le monopole des échanges entre l’Espagne et l’Union Soviétique. Laisser la présidence du club le plus connu du monde à une telle personne, c’est difficilement envisageable. C’est même impossible. En pleine Guerre Froide, la Maison Blanche (celle de Washington dont le locataire de l’époque est Ronald Reagan) informe le chef du gouvernement Adolfo Suárez et le Roi Juan Carlos que Mendoza pourrait être un agent infiltré du KGB ! Plus ou moins contraint et forcé, De Carlos se représente et l’emporte largement contre celui qui avait été son bras droit pendant 3 mois en 1978. Ce n’est que partie remise pour Mendoza qui occupera le siège du Presi de 1986 à 1995.

François Miguel Boudet
@fmboudet

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