Barça 4-1 Roma : Comment les Catalans ont (mal) géré leur match

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Dans un match assez ennuyeux et au tempo lent, le Barça a disposé assez aisément d’une Roma minée par ses erreurs individuelles. Sauf que ce but marqué à l’extérieur entretient l’espoir du côté de la capitale italienne. Mais comment le Barça a pu vaciller ? Tentative d’explications.

Personne ne se faisait d’illusions sur le résultat de cette confrontation. Le Barça, tellement supérieur en termes de qualité d’effectif, ne pouvait douter face à une Roma pas au mieux. Dans le match, la classe d’écart entre les deux équipes a sauté aux yeux pendant une heure, pas plus.

Le Barça profite des erreurs individuelles romaines

Bien que doté d’un XI moins fort individuellement, Di Francesco a proposé une Roma compacte et intéressante sans et avec ballon. Avec comme leitmotiv de réduire au maximum les espaces. Résultat : quand le Barça était dans son camp, la ligne défensive romaine était collée à la ligne médiane, et quand le Barça entrait dans le camp italien, les giallorossi se recroquevillaient devant leur surface.

credits:news4europe

Ce schéma avait pour but de priver d’espaces les joueurs du Barça. Bien qu’habitués à cela, les Catalans s’en sortent de moins en moins bien face aux blocs serrés. Les Romains sont bien dans leurs match et éteignent petit à petit les attaques barcelonaises. Sauf que Messi était dans un bon jour. Conscient des limites individuelles des joueurs italiens, il a forcé et énormément provoqué la charnière romaine pour les pousser à la faute. Cela durera 30 minutes, une demi heure de combat acharné où De Rossi et tout le bloc de la Louve pousseront même Messi à s’essayer de loin. Sauf que voilà, à force de provoquer les joueurs romains, le génial Argentin réussira à créer une branche, un décalage. En s’appuyant magnifiquement sur Iniesta et en prenant l’intervalle, D10S fait craquer l’organisation italienne et c’est le malheureux De Rossi qui marque contre son camp.

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Un Barca hémiplégique

Ce but ouvrira la voie à d’autres, d’une manière presque trop logique. La Roma reste cependant solidaire et continue d’appliquer son plan : rester compact surtout dans l’axe quitte à abandonner les ailes. Sauf que voilà, encore une fois, un CSC vient mettre un coup derrière la tête des Italiens. Cette fois c’est un Manolas vraiment malchanceux qui trompe Alisson.

2-0, un score tout de suite plus lourd et qui compromet grandement les chances de qualification des Romains. Ils doivent marquer pour y croire, tromper Ter Stegen pour visualiser au moins mentalement un exploit au retour. Le Barça manque toujours d’idées, Iniesta prend certes le jeu à son compte et est beaucoup plus en vue lors du second acte sauf qu’il ne sert presque jamais un Alba très souvent seul. Au contraire d’un Sergi Roberto qui fait briller Semedo côté opposé. Le latéral portugais de retour après un mois à l’infirmerie est crédité d’une très belle performance. Cependant, la Roma va jouer beaucoup plus haut et laisser des espaces en contre, le Barça va en profiter tout de suite. 5 minutes après le 2-0, Pique fait parler son sens du jeu en suivant parfaitement un contre et profite d’une frappe pas top de Suarez déviée par le portier de la Louve pour sceller le résultat en marquant le 3-0.

Crédits :Sofoot

Le Barça perd le fil

Ce but, clairement celui du break, semble enterrer totalement les Romains. Personne ne les voit capable de revenir et d’inverser la tendance dans le jeu pour au moins marquer un but et y croire, un peu. On se dit que le Barça va gérer tranquillement son avance, en bon père de famille, et que le score ne bougera plus. Même Valverde sur son banc semble se dire que tout est bouclé et qu’il peut donner des minutes à ses remplaçants. Busquets, qui jouait sous infiltrations demande logiquement le changement à la 66e, 7 minutes après le but de Pique. On se dit que Denis Suarez va pouvoir entrer, ou que l’ancien mister de l’Athletic va faire glisser Sergi Roberto dans l’axe et donner du temps de jeu à Dembele. Sauf que patatra, c’est Paulinho qui enfile les équipements et remplace le métronome catalan. Le début de la fin pour le Barça.

À 10, c’est moins facile, même quand on est le Barça

C’est bien simple, Paulinho n’aura absolument rien fait de bien lors de son entrée. Totalement inutile, incapable de mettre de l’impact physique, il a fini par totalement désorganiser le bloc catalan. Enfin ce n’est pas lui, en tant que tel, qui a désorganisé le Barça mais ce changement, qui émane de la tête de Valverde.

Busquets est de ces joueurs qu’on ne remarque qu’en leur absence. Encore hier, on a vu l’importance de Busi pour ce Barça. Quand il était sur le pré, la Roma n’avait aucune réelle situation et n’avait même pas cadré une frappe. À sa sortie, le Barça est passé d’une équipe souveraine à une équipe totalement désorganisée et incapable de se sortir la tête de l’eau. En 25 minutes la Roma mettra Ter Stegen à contribution 2 fois, l’obligeant à sortir de sa sieste pour réaliser des arrêts de grande classe. Sauf qu’il ne peut rien faire lorsqu’Alba laisse de l’espace à Dzeko dans la surface : le Bosnien saute sur l’occasion et trompe l’Allemand, ça fait 3-1. Un score qui donne de l’espoir aux italiens.

Le Barça reste le Barça

Cette réduction de la marque donne des ailes aux Italiens qui continuent de se ruer à l’offensive, sentant qu’ils peuvent encore faire douter le Barça. Sauf que voilà, même quand il n’est pas au mieux, même quand il vacille, le FCB reste le FCB. Et à la 87e, Suarez rode dans la surface et réussit à tromper Alisson. Un but qui sonne comme une délivrance pour lui et le Barça : parce que gérer un 4-1 c’est tout de suite plus facile et que lui met fin à une disette d’un an en LDC.

Crédits: Goal

Un but qui cache encore beaucoup de chose pour les Catalans. Encore une fois, loin de sortir une présentation qui rassure, le Barça a quand même fait un grand pas vers les demies. Le Barça reste le Barça, cependant Valverde va devoir grandir. Face à Seville la semaine dernière et hier face à la Roma, ses choix ont causé du tord à son équipe. Lui qui nous avait habitué à bien ajuster son équipe en deuxième mi-temps tâtonne un peu plus en ce moment. Attention, Messi ou Suarez ne le sauveront pas toujours dans le money time.

Benjamin Bruchet

@BenjaminB_13

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