Flamboyant avec l’Espagne, énigmatique avec le Real: le point sur Isco Alarcón

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BILBAO, SPAIN - DECEMBER 02: Isco Alarcon of Real Madrid CF looks on during the La Liga match between Athletic Club and Real Madrid at Estadio de San Mames on December 2, 2017 in Bilbao, Spain. (Photo by Juan Manuel Serrano Arce/Getty Images)
Crédits : Diario AS

Étincelant dès qu’il enfile le maillot de la Roja et irrégulier avec les merengues ; la forme d’Isco fait parler de l’autre côté des Pyrénées. ¡FuriaLiga! tente d’analyser les raisons des différentes formes du joueur espagnol. 

«La sélection espagnole me donne la vie… Au Real Madrid je n’ai pas de continuité », déclarait Isco en zone mixte après son match exceptionnel contre l’Argentine (victoire 6-1 de l’Espagne). Auteur d’un coup du chapeau (le premier de sa carrière en Sélection), le milieu de terrain malagueño ajoutait: «Peut-être parce que je n’ai pas réussi à gagner ma place ».

Un joueur fonctionnant à la confiance 

«Lopetegui démontre la confiance qu’il a en moi avec des minutes, des matches…», disait-il. Le joueur espagnol est le genre de joueur qu’il faut chouchouter pour qu’il soit performant. La confiance et l’affectif sont ses sources de vie. Le joueur merengue est dans les petits papiers de Lopetegui depuis l’Euro Sub-21 de 2013 en Israël. À l’époque déjà, Isco est essentiel dans le système de l’ancien sélectionneur des Espoirs. Cela se confirme chez les grands dès sa nomination en tant que míster des A. «Isco me passionne », affirmait Lopetegui lors de ses premières conférences de presse. Appelé coûte que coûte en sélection, Isco a été décisif dans la qualification pour le Mondial 2018. De septembre à novembre 2016, il joue peu avec le Real Madrid mais Lopetegui le sélectionne et le fait jouer titulaire dans les matches de qualification. En août 2017, Isco est à son summum chez les Merengues et confirme avec la sélection. Doublé face à la Squadra, l’Espagne envoie l’Italie en barrages et Isco en profite pour mettre Marco Verratti dans sa poche. En confiance ou non dans son club, Lopetegui lui assure les rennes de la sélection espagnole. L’entraîneur basque ne tremble pas à l’idée de l’associer à des profils créatifs similaires : «Iniesta et lui peuvent jouer ensemble merveilleusement bien ».

Crédits : metro.co.uk

Au Real Madrid, la situation de l’Andalou était semblable lorsque  Zidane a débarqué. Il est arrivé que l’entraîneur français le compare à lui même: « Il y a beaucoup de similitudes entre mon jeu et celui d’Isco ». Pourtant, le joueur espagnol n’arrive pas à s’imposer comme un titulaire indiscutable sur la durée. Des hauts et des bas sont visibles avec le club merengue sur ces deux dernières saisons. Après avoir eu un rôle crucial l’an passé dans la victoire du Real en Liga et Champions League, Isco voit son temps de jeu se réduire ces derniers mois. La faute à la concurrence, sans aucun doute. 

Le problème de la concurrence

L’international espagnol ne cache pas sa frustration que ce soit en zone mixte ou sur le terrain. On se souvient notamment du soir à Cornellà où le joueur a mis 35 secondes pour sortir au moment de son changement alors que les deux équipes étaient à égalité. Frustré oui, mais à qui la faute ? Au Real Madrid les places sont chères et la concurrence est rude, et ça, le joueur le sait. Si les trois du milieu (Casemiro-Modrić-Kroos) sont en forme, la concurrence n’existe pas. Dans ce cas, le poste à pourvoir se joue avec Gareth Bale qui est de moins en moins important aux yeux de Zidane. Problème: depuis deux mois, l’entraîneur français favorise Lucas Vazquez et Marco Asensio à sa place. Aujourd’hui ces deux derniers sont devant lui dans la hiérarchie. Excellents dans les longues conduites de balle et les phases de contre-attaque, ils semblent être plus adaptés au jeu que veut mettre en place le double Z. Par la même occasion, les deux ailiers ont pris une longueur d’avance sur le milieu de poche. Isco doit s’acclimater à un type de jeu taillé sur mesure pour ses concurrents. 

Parfois, il arrive que l’un des trois au milieux soit absent. Zidane change alors son dispositif. Entre blessures et méformes, le coach madrilène est revenu à un 4-4-2 à plat lors des derniers matches. Et encore une fois les deux ailiers espagnols sont favorisés au détriment du malagueño. Pire, Mateo Kovačić est également passé devant lui. Aux yeux de l’entraîneur français, le polyvalent milieu croate est le remplaçant idéal de Casemiro ou Modric lorsqu’ils ont besoin de se souffler.

Crédits : fichajes.com

Alors qu’il s’était fait une place dans le onze du club merengue entre la fin de saison dernière et ce début de saison, Isco retrouve le banc ces dernières semaines. Pour certains, la concurrence est une source de motivation permettant de se surpasser. Le milieu espagnol fonctionne vraisemblablement différemment, et ça, Lopetegui l’a bien compris. Pourtant quand on regarde les statistiques en profondeur avec le Real Madrid, Isco a joué plus de minutes toutes compétitions confondues cette saison que la saison précédente (2’439 minutes au lieu 2’339). Zidane a confiance en son joueur; le temps de jeu qu’il lui donne cette saison le prouve. Le problème est la réaction du joueur face à la concurrence. À lui de réagir à présent. Zidane va devoir compter sur tous ses joueurs au mois d’avril entre la Liga et la Ligue des Champions et Isco sera protagoniste, c’est certain. 

La redaction 

@FuriaLiga 

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