Celta : Maxi Gómez, Bestia à prise rapide

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Maxi Gómez est LA sensation de cette Liga 2017/2018. Derrière son appareil dentaire, son petit ventre et ses grosses épaules se cache un redoutable buteur, une Bestia pure souche comme on sait les produire en Uruguay. Portrait de l’attaquant du Celta que tout le monde va s’arracher cet été. 

19 août 2017, c’est la rentrée des classes pour Maxi Gómez et le Celta. L’attaquant arrive de son pays natal, l’Uruguay. L’acclimatation en Europe pour les jeunes sudam peut s’avérer très compliquée. Beaucoup n’ont jamais réussi à se faire à la vie loin de chez eux, à l’argent, aux sollicitations et surtout à la rigueur européenne. Ce 19 août donc, Maxi Gómez est pourtant aligné dans le XI pour affronter la Real Sociedad. À ses côtés Pione Sisto et Iago Aspas forment le trident orchestré par le tout nouveau coach du club, Juan Carlos Unzué. Au bout de 22 minutes, le le novice fait déjà trembler les filets. Au retour des vestiaires, il claque même un doublé. Et entre temps ? Un carton jaune. Sorti au bout de 66 minutes, le petit jeune au physique de footballeur américain a livré un échantillon de ce qu’il est en mesure de faire. Des débuts tonitruants. Maxi Gómez est comme ça : il enfonce les portes et ne semble pas être touché par la pression.

Crédits : Ole.com

« Le cinquième tireur sera Maxi Gómez » Juan Tejera, entraîneur du Defensor

Maxi est natif du Paysandu, grande région uruguayenne principalement rurale. Il se découvre très rapidement un talent inné de footballeur. Il est bien entouré : son frère est lui aussi un footballeur avec certes moins de talent. Ce génie, il va pourtant faire du mal à Maxi. Il ne force pas, n’aime pas courir et surtout adore les bons repas. Il fait ses classes dans le club de son village et s’envole pour le Defensor à 17 ans. 2 ans plus tard, il arrive à se faire une place avec les pros de la Viola. C’est en Copa Sudamericana qu’il va construire très rapidement sa réputation. En remplaçant en toute fin de match le vétéran Acuña face à l’Universitario, il joue son premier match avec les pros. C’est dans cette même compétition qu’il réussit son premier coup d’éclat. Lors du match retour face à Lanus, il entre en fin de seconde mi-temps. Le match aller s’était soldé par un 0-0, le match retour part sur le même résultat et on se dirige donc vers une séance de tirs au but. Maxi Gómez ne se sent pas concerné, il boit sa gourde tranquillement plutôt loin du groupe des titulaires réguliers. Sauf qu’une phrase va le ramener à son match. Juan Tejera, son coach lui demande s’il veut bien être le 5e tireur. Le gosse ne se dégonfle pas et répond avec un oui laconique. Il ne le dit pas mais il a tout de même un peu la pression. Surtout que ce 5e tir est décisif. Les Argentins de Lanus ont raté leur premier tir au but et inscrit tous les autres. Coté Charrua aucun n’est raté. Le tir de la gagne est pour le jeune attaquant qui s’élance et transforme sans forcer. En l’espace de quelques instants, Maxi Gómez est passé de quasi inconnu à idole de tout un peuple. Son histoire est lancée.

Un goleador né

Maxi est de cette race d’attaquant. Ceux qui sont obnubilés par le but, qui ne vivent et ne jouent au football seulement pour lever les bras et faire exploser tout un stade. Après ce tir au but transformé, il devient rapidement indiscutable dans le XI du Defensor, poussant même le vétéran Acuña sur le but. Vous vous rappelez de lui ? Maxi avait débuté en pro avec le Defensor en remplaçant ce bon Hector. 73 matchs après, il a levé les bras 41 fois avec la tunique de couleur aubergine. Des débuts violents, identiques à ceux qu’il vivra avec le Celta. Avec les Galiciens, il débute titulaire d’entrée et ne laisse aucune chance à Guidetti envoyé en prêt à Alavés et même du très bon Borja Iglesias qui est aussi envoyé en prêt pour faire de la place à la Bestia. Maxi a disputé 29 matchs avec les Celtistas pour 14 buts. Encore une fois, une intégration rapide et un rendement plus qu’en avance sur les prévisions du début de saison. De plus, le Charrua est devenu le troisième joueur du Celta à débuter avec un doublé pour le club galicien. Avec Aspas, il forme une des paires d’attaquants les plus redoutables qu’a pu aligner le Celta.

« Maxi est un joueur avec de bons mouvements et un physique remarquable qui dérange toujours les défenseurs. Il est plus dynamique et plus rapide que les attaquants centraux et est exactement l’attaquant dont nous avons besoin » Juan Carlos Unzué, entraîneur du Celta.

Un rendement qui attise une autre Celeste, celle de son pays,l’Uruguay. Maxi Gómez était déjà sur les tablettes du sélectionneur Tabarez. En septembre, après les débuts que l’on connait il reçoit sa première convocation. Il est de cette jeune génération uruguayenne qui prends d’assaut l’Europe. Avec Fede Valverde, Santiago Bueno qui sont arrivés en Espagne il y a peu ou un Betancur voire un Torreira, ils représentent l’avenir de tout un peuple. Maxi est celui qui a le plus fait parler au pays. Ses coups d’éclats, son style, ses débuts tonitruants passionnent les journaux locaux. Il a une vraie cote au pays qu’il confirme en Europe. La grande et belle Celeste, connue pour ses profils plus rugueux, a une génération de footballeurs incroyables qui est en train d’éclore. Maxi Gómezest peut-être celui qui représente le plus le joueur uruguayen.

« Luis Suárez est mon idole, je l’admire beaucoup pour la façon dont il travaille. Les gens en Uruguay disent que je vais être son successeur dans l’équipe nationale et j’espère que ce sera le cas » Maxi Gómez, amoureux

Crédits : Mundodeportivo.com

Maxi est une bestia, un taureau, un violent, un physique monstrueux. C’est un type qui pèse sur les défenseurs d’abord avec son corps. Faire des passes, des roulettes ce n’est pas son truc. Lui, il prend la balle et frappe très fort dedans pour la catapulter au fond des filets, si possible de la tête. Un buteur comme on en fait de moins en moins. Pas aussi doué techniquement que son idole Luis Suárez, il est tout aussi redoutable dans la surface. En moyenne, il plante toutes les 5 frappes. Un rythme quasiment identique à … Luis Suárez. Ses 13 buts en Liga ont tous été inscrits dans la surface. Son meilleur pied ? Son front. Des 13 buts, 6 l’ont été de la tête. Il est du genre à mettre la caboche là où beaucoup ne mettraient même pas le pied. Un vrai attaquant qui a le sens du sacrifice. 

« Maxi est un joueur complet dont le potentiel ne connaît pas de limites. Il est très puissant et possède de bonnes compétences techniques «  Eduardo Acevedo, entraîneur du Defensor Sporting

Maxi Gómez est dans son élément dans les 18 mètres. Il est chez lui, à l’aise. C’est là où il est le plus fort. Surtout que dans le fameux trident du Celta, il est accompagné Aspas et Sisto. Il a donc des pourvoyeurs de ballons de très bon niveau. Pas pour rien que Sisto est déjà à 9 passes décisives (2e meilleur total de Liga). Lui rôde dans la surface quand ses comparses provoquent et se faufilent dans les espaces que l’attaquant uruguayen a créé. Parce que Maxi c’est aussi ça : un joueur qui ne rechigne pas à la tâche, qui va constamment au duel, qui propose un combat de tous les instants à son adversaire direct. Pas pour rien qu’il prend un grand nombre de cartons. Après 7 journées, il avait trouvé le chemin des filets 5 fois et avait pris le même nombre de cartons. Ses déplacements sont toujours très bons. il ouvre des brèches et amène souvent les défenseurs à le suivre. Un style, un rendement, un caractère qui plaisent déjà à énormément de clubs. Cet hiver, le club chinois de Bakambu était prêt à offrir un bon gros chèque pour le signer. Le Defensor (qui a un pourcentage à la revente) et le Celta faisaient pression pour que le taureau de Paysandu accepte l’offre. Lui a douté, énormément, mais il a décidé de rester au Celta et d’attendre sûrement les offres estivales qui vont être nombreuses, c’est certain. 

Benjamin Bruchet
@BenjaminB_13

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