Séville : Lenglet a débarqué

Arrivé à Séville en janvier 2017, Clément Lenglet (22 ans) est immédiatement devenu le taulier de l’arrière-garde des Nervionenses. Ce mardi soir à Old Trafford, il dispute l’un des matches les plus importants de sa carrière qui ouvrirait la porte des 1/4 de finale… et de l’Equipe de France ?

C’est le dernier grand coup de Monchi avant de partir de Séville. Une sorte de cadeau d’adieu. Clément Lenglet n’a que 18 matches de Ligue 1 dans les jambes quand il débarque au Ramón Sánchez-Pizjuán au début du mercato d’hiver. Le jeune défenseur central français, 21 ans à l’époque, passe de Pablo Correa à Jorge Sampaoli dans sas de décompression. Pourtant, en quelques semaines, il devient un taulier des Palanganas, au point de devenir incontournable dans le XI de l’Argentin, puis celui de Toto Berizzo et enfin de Vincenzo Montella.

Crédits : sevillafc.com

Le grand saut sans élastique

Lenglet-Séville c’était une association faite pour fonctionner. Le système de recrutement de Monchi n’était pas infaillible mais, en tous cas, limitait les erreurs de casting. “Le club me suivait depuis beaucoup de temps, expliquait le joueur dans les colonnes de l’Est Républicain en octobre dernier. Ça m’a tranquillisé et ça m’a donné beaucoup de confiance”. Le saut qualitatif a été amorti avec une facilité déconcertante. Le temps d’adaptation ? Pas besoin ! Lenglet s’est tout de suite mis au niveau : “Si j’ai progressé, c’est parce que je m’entraîne tous les jours avec des joueurs de haut niveau international. Je ne dis pas ça pour dénigrer Nancy, absolument pas. Simplement, c’est un autre monde ici”. Jorge Sampaoli et Eduardo Berizzo adoraient la rotation permanente mais Lenglet, lui, n’a pas bougé. Il a dû s’adapter à un binôme régulièrement différent : Gabriel Mercado, Simon Kjaer, voire Johannes Geis. Malgré la difficulté, eu égard l’extrême irrégularité des deux premiers cités, mais le Français se troue rarement, même si les quelques goleadas reçues par les Nervionenses depuis le début de saison pourrait atténuer sa contribution. Avec 2.232 minutes disputés depuis le début de saison, il est le joueur qui a été le plus utilisé en 2017-2018, gardiens compris.

La tradition française à Nervión

Fort dans le duel, propre dans la relance, Clément Lenglet dispose d’un jeu fait pour la Liga. Il est d’ailleurs le premier à l’admettre : “je suis dans un championnat qui me correspond bien. En Espagne, il y a un jeu qui met en valeur mes qualités et qui masque un peu mes défauts”. En d’autres termes, le jeu principalement physique comme il se le figure en Angleterre ne lui correspond pas, ou pas encore. La dynastie de Français qui a porté le maillot rojiblanco a trouvé un sacré successeur. Lenglet continue la lignée de Julien Escudé, Adil Rami et Timothée Kolodziejczak. La colonie française a d’ailleurs joué son rôle pour accoutumer le défenseur dans sa nouvelle vie dans l’une des villes les plus animée du Royaume et où beaucoup, footballeurs ou non, se sont perdus. La preuve que le gamin a de la personnalité et l’intelligence pour ne pas tomber dans les “pièges” andalous.

Crédits : depor.com

Et maintenant les Bleus ?

A quelques minutes d’un 1/8 de finale retour de Ligue des Champions et moins de 48 heures de la dernière liste de Didier Deschamps avant celle pour le Mondial, Clément Lenglet mériterait bien le coup d’oeil lors des deux prochains matches amicaux. Il y a quelques mois, le Picard se voyait derrière Samuel Umiti et Presnel Kimpembe mais vu l’expérience acquise, le gaucher ferait une excellente solution de rechange derrière “Big Sam”. Une possibilité à ne pas négliger, sachant que le Barça envisage de signer Lenglet pour compléter son secteur défensif la saison prochaine. Lenglet plaît à beaucoup de monde en Liga mais cela sera-t-il suffisant aux yeux du sélectionneur ? Sur ses performances depuis 18 mois, une convocation serait amplement méritée.

François Miguel Boudet

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