Football féminin – On était au Benito-Villamarín pour Betis – CD Santa Teresa

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Soucieux de promouvoir le football féminin, LaLiga enjoint les clubs professionnels à proposer des affiches du championnat dans de grandes enceintes. Samedi après-midi, le Real Betis Balompié et le CD Santa Tesea ont disputé la 22e journée de Liga Iberdrola au Benito-Villamarín. ¡Furia Liga! y était.

Pour une fois, l’Andalousie déroge à la règle. Il fait peut-être près de 20 degrés en ce samedi après-midi mais Séville se réveille depuis plusieurs jours sous un ciel gris. La pluie a cessé mais le vent réveille les yeux embrumés de ceux qui ont bravé le mauvais temps pour sortir cette nuit. Proximité avec la journée mondiale en faveur du droits des femmes qui s’est déroulée 48 heures plus tôt ? Possible. Difficile d’échapper aux poncifs, même quand il s’agit de promouvoir le sport féminin. L’Espagne a beau avoir une réputation de pays machiste, elle sait mobiliser. L’appel à la grève pour le 8-M n’a jamais été aussi suivi avec près des milliers de femmes qui ont débrayé pour rappeler l’importance de leur travail et qu’à compétence égale, leur salaire est 14.9% inférieur à celui d’un homme. Partout dans les grandes villes de la péninsule, « la marea violeta » a battu des records d’affluence. La Plaza Cibeles, traditionnel lieu de célébration du Real Madrid, était noire de monde, tout comme la Plaza Nueva de Séville.

Crédits : François Miguel Boudet

A la veille du grand choc FC Barcelone-Atlético de Madrid qui pourrait décider du titre, le Real Betis Balompié accueille le CD Santa Teresa pour le compte de la 22e journée de Liga Iberdrola. D’ordinaire locataires de la Ciudad Deportiva Luis del Sol, les Verdiblancas ont les honneurs du Benito-Villamarín. Cinquièmes au classement au coup d’envoi, les Béticas ont l’obligation de gagner pour encore rêver du podium. Le CD Santa Teresa a tout de la victime parfaite : 15e et avant-dernières, les joueuses de Badajoz (Estrémadure) sont relégables avec 5 points de retard sur Albacete.

Lors du match d’ouverture de cette journée post-trêve internationale qui a vu la Roja remporté la Cyprus Cup, le Madrid CFF a battu le Valencia CF (2-1). Une raison supplémentaire pour les joueurs de María Pry, unique femme coach en Liga Iberdrola, d’attaquer tambour battant. Encouragées par de nombreux supporters et aussi une petite partie de la Gol Sur, les Béticas font le jeu et se procurent les meilleures occasions mais elles se heurtent à un mur nommé Patricia Larqué, aucun lien avec Jean-Michel.

Le soleil fait une apparition discrète alors que la pause est sifflée sur un score nul et vierge. Le Betis ne trouve pas la faille et ce n’est pas faute d’essayer. Les Verdiblancas étirent le bloc estrémègne, alternent jeu court et jeu long, provoquent des décalages mais soit une claquette, soit un pied, soit un poteau les empêchent d’ouvrir la marque. Avec ses cheveux courts peroxydés et ses crampons orange fluo, difficile de ne pas voir Priscila Borja. La numéro 9 bética agit en électron libre le 4-3-3 de María Pry. Dès le début de la 2e période, elle décoche une frappe lourde que claque Larqué. Fer de lance de l’attaque du Betis tout au long des 45 premières minutes, elle multiplie les appels, demande le ballon, fixe, donne, tente sa chance. Avec Bea Parra et Virgy García, le trio provoque la panique à chaque incursion dans les derniers 30 mètres du CD Santa Teresa.

Priscila Borja
Crédits : François Miguel Boudet

Le kop de la Gol Sur est un brin endormi après le retour des vestiaires, la grosse caisse ne résonne plus… jusqu’à ce que le speaker annonce que le match se dispute devant 6643 spectateurs. Ça change un peu du stade de la Ciudad Deportiva qui ne peut accueillir que 1300 strapontins ! Les drapeaux ressortent et on entend « Dicen que estamos locos de la cabezas », l’un des chants emblématiques du Benito-Villamarín. Les « Ahora ahora ahora Betis ahora ! » descendent des tribunes… mais le score n’évolue pas. Ça ne va pas tarder.

A force de se tendre, l’élastique finit par craquer. Sur une frappe déclenchée de l’extérieur de la surface, Bea Parra trouve la lucarne de Patricia Larqué et fait rugir le stade. Il reste 25 minutes et on voit mal comment, en dépit de quelques tentatives, le CD Santa Teresa pourrait revenir à hauteur de son hôte. Cinq minutes plus tard, un centre-tir de la latéral droit Clau Roldán termine sa course dans les filets de Larqué, surprise par la trajectoire. A 2 minutes du terme, Yiyi Relea qui avait remplacé Bea Parra, ajoute un 3e but d’une magnifique frappe enroulée du droit. 3-0 net et sans bavure.

Avec ce succès, le Betis se retrouve à 1 point de l’Athletic qui affronte dimanche à 13h le Granadilla Egatesa, passé 5e après cette victoire verdiblanca. Toujours à 5 points du premier non-relégable, le CD Santa Teresa espère qu’Albacete ne fera pas un résultat sur la pelouse de l’Espanyol plus tard dans l’après-midi. Lutte pour le titre et pour le podium : la Liga Iberdrola n’a pas encore livré son verdict et la fin de saison s’annonce palpitante. Au coup de sifflet final, les Beticas saluent longuement leurs supporters tandis que la sono crache l’hymne officiel du club. Même Palmerín, l’improbable mascotte, se mêle à la fête devant la Gol Sur. Football masculin ou football féminin, il se passe toujours quelque chose au Benito-Villamarín.

François Miguel Boudet

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