Athletic : le retour du Yeray

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Sans Iñigo Martínez, qui a déjà joué la compétition avec la Real Sociedad, Yeray Álvarez sera titulaire contre l’OM. ¡FuriaLiga ! en profite pour vous parler de ce défenseur central qui a battu un cancer deux fois pour reprendre sa place :

Alors que le club de Bilbao vit une saison plutôt mitigée depuis l’arrivée sur le banc du Kuko Ziganda, les Leones ont également vécu quelques bons moments dont le retour de leur défenseur dans l’axe. « Ne vous inquiétez pas, cette bataille je vais la gagner. Si je dois encore le battre je le ferais à nouveau, je me relèverai une fois et même mille s’il le faut. » Des mots forts de la part du défenseur Yeray Álvarez qui, en juin 2017, apprenait qu’il devrait recommencer sa lutte contre un cancer testiculaire qu’il pensait avoir vaincu l’année précédente. Deux claques qui sont venues nous rappeler quelque chose que nous, les amateurs de football, avons parfois tendance à oublier, les joueurs sont humains et les malheurs peuvent également frapper à leurs portes. Comme la première fois, le natif de Barakaldo a remporté son duel et a retrouvé les terrains de Liga il y a quelques semaines pour reprendre sa place dans l’axe de la défense bilbayenne. Mais le chemin a été long et sinueux pour Yeray qui a pu compter sur un soutien considérable de ses proches et du monde du football.

Son cas avait bouleversé le football basque, le revoir sur les terrains de Liga a provoqué une éruption de sourires, de ses proches, de son club, de ses supporters mais surtout le sien : « Merci d’avoir fait sourire notre fils, merci à tous les médecins qui s’occupent de lui, à ses partenaires qui l’encouragent chaque jour, à son autre famille celle de l’Athletic, aux journalistes, à ses amis, à ces personnes de tous les coins du monde et à notre famille… MERCI À TOUS pour son sourire. Mais surtout merci à lui. » Ses parents, qui ont lutté à ses côtés pendant ces longs mois, remerciaient de cette façon chacune de ces personnes qui ont eu une attention pour soutenir leur fils dans cette rude étape. On ne saura pas encore si cette guerre est vraiment terminée mais le défenseur basque a remporté les deux duels les plus importants de sa vie. Après ses deux prestations, plus rien ne pourra arrêter Yeray sur le terrain.

Toujours au-dessus du lot

Comme souvent pour le club basque, Yeray Álvarez est un pur produit de l’Athletic. Formé dans le fameux centre de formation de Lezama qu’il a rejoint après être passé par Ortuella justement surnommé « Mini Lezama ». Tout petit il était déjà un cran au-dessus des autres selon un ancien partenaire même si sa « petite » taille pour être un défenseur central a toujours été un frein. Son manque de concentration lui a également joué des tours c’est pourquoi il a pris encore plus de plaisir lors de son arrivée en première division. L’ascension n’a pas été simple pour lui qui a dû apprendre à se montrer compétitif lors des matches lambda ce qu’il oubliait parfois. Son travail sur ses lacunes ajoutées à ses qualités qui font de lui un défenseur solide, rapide et courageux lui ont finalement ouvert les portes de l’équipe de Valverde la saison passée. Il a très vite tapé dans l’œil de l’entraineur qui n’hésitera pas à l’aligner lors de 26 rencontres de Liga. Avec le Français Aymeric Laporte, ils forment un duo de choc pour aider le club basque à terminer 5e meilleure défense de Liga avec 43 buts encaissés en 38 matches.

Entre temps, la pire des nouvelles possible tombe. Détectée quelques jours auparavant par les médecins, le club confirme la veille de Noël une tumeur cancéreuse au testicule droit. Yeray va montrer sa détermination et sera sur pied dès février pour retrouver le onze de Valverde. 39 jours et une orchidectomie plus tard, Yeray retrouve Laporte contre le Barça le 4 février, la journée mondiale contre le cancer. Malgré la défaite au Camp Nou (3-0), la joie envahit le joueur et le groupe des Leones ravi de retrouver un joueur clé mais surtout un membre de leur « famille ». Les sourires allaient alors bercer le groupe basque jusqu’à la fin d’une saison. Mais voilà, personne ne se doutait alors que celle-ci n’était que la première bataille d’un combat qui était encore loin d’être terminé…

« L’important c’est pas la chute : c’est l’atterrissage »

Après une belle première réception sur ses pattes, le lion de Barakaldo a dû affronter un nouveau coup dur en juin 2017. Celui-ci était plus sévère, alors au vert avec la sélection des moins de 21 ans espagnole pour l’Euro, Yeray reçoit les résultats de ses derniers tests. Le suivi intensif qui se fait pendant les 24 mois suivants à la première opération subie a permis aux médecins de détecter une adénopathie. Une rechute pour le défenseur qui n’avait plus le choix, il fallait passer par la case chimiothérapie pendant trois mois. La bonne nouvelle, si on peut dire ça comme ça, c’est que ce type de tumeurs est celui qui répond le mieux à cette technique de traitement. Venaient alors les pires mois de la vie de Yeray qui se devait d’abord de lutter pour ne pas partir avant de penser à nouveau au football. Sa première décision était de se réfugier chez ses parents et s’appuyer sur Javi Akotxa, délégué du club basque qui a vécu une situation similaire. Des piliers très importants pour lancer une longue bagarre qu’il finira encore par gagner après plusieurs mois. Cette fois, le nouvel entraineur Kuko Ziganda, qui l’avait déjà sous son aile avec le Bilbao Athletic, n’a pris aucun risque.

Petit à petit, le joueur retrouve ses coéquipiers, toujours présent pour lui (voir vidéo ci-dessus), avant de refouler les terrains avec l’équipe des jeunes. Ziganda a opté pour la patience et, encore une fois, quoi de mieux que de le relancer un 4 février à Gérone. 260 jours plus tard et après deux rencontres de Liga vues depuis le banc, Yeray rechausse les crampons. Un mois plus tôt, le défenseur avait reçu une ovation magnifique de « son » public, celui de San Mamés, pour sa première dans le groupe mais là il pourra toucher à nouveau l’herbe de Primera. Un luxe que le jeune joueur de 23 ans n’était plus vraiment sûr de pouvoir se payer il y a huit mois. C’était encore avec une défaite (2-0 à Montilivi) que le défenseur retrouvait officiellement le rectangle vert en disputant toute la rencontre mais ça, c’est la moindre des choses : « La défaite fait mal mais la bonne nouvelle aujourd’hui c’est le retour de Yeray. Nous savons ce qu’il a vécu et tout le travail qu’il a accompli pour revenir. C’est notre joie de la journée » souriait Ziganda après le match. La fin (on espère) d’un épisode terrible de la vie de Yeray qui, après un voyage à Moscou, connaitra désormais le stade Vélodrome cette semaine pour son 6e match officiel de la saison.

Nicolas Faure

@Nicommentator

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