Real Madrid : Keylor Navas, plie mais ne rompt pas

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Souvent annoncé partant, Keylor Navas est toujours le gardien du Real Madrid. David De Gea ? Thibaut Courtois ? Kepa Arrizabalaga ? Même pas peur ! Le Costaricien a la confiance de Zinedine Zidane et de ses coéquipiers, tout en restant largement sous-coté depuis plusieurs saisons.

Le Barça a eu Victor Valdés, le Real Madrid a Keylor Navas. Autrement dit, deux gardiens qui ne payent pas de mine, qui ne sont jamais, ou alors très rarement, cités parmi les références à leur poste mais qui ont des palmarès qui parlent pour eux. Sous-évalués voire méprisés, plus médiatisés pour leurs bourdes que pour leurs sauvetages, ils sont pourtant parties prenantes des succès de leurs clubs. Comme on dit, Keylor Navas n’a pas la carte de visite. Cinq saisons au Deportivo Saprissa au Costa Rica, une saison en Segunda à Albacete, 3 autres en Liga dont une seule pleine à Levante avant de débarquer à Santiago-Bernabéu après une Coupe du Monde très réussie avec 21 parades en 5 matches : El Halcón (le faucon) n’était pas prévu au casting. Même au sortir du Mondial, ce n’était pas lui le gardien le plus valorisé, Memo Ochoa avait les faveurs de beaucoup plus de monde. Mais 4 ans plus tard, le Mexicain se morfond au Standard de Liège après un passage calamiteux en Espagne (Málaga et Granada) tandis que Keylor Navas a garni son armoire à trophées avec entre autres 2 Ligues des Champions, 1 Liga, 3 Mundialitos.

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A la force du poignet

Keylor Navas a deux qualités. La première c’est qu’il ne fait pas de bruit. Discret, il revendique peu et répond sur le terrain. Pas un hasard si Zidane a insisté publiquement pour le conserver alors que, cet hiver encore, un gardien plus « talentueux », plus glamour, plus Real Madrid en somme, était annoncé. « Nous avons un grand gardien, très professionnel, expliquait le double Z en conférence de presse. Ici, tout le monde aime Keylor. Il en est arrivé là par son travail et je crois qu’il mérite d’être ici. Nous gagnons beaucoup de choses avec lui. Je peux comprendre que, vu de l’extérieur, nous voulions d’autres joueurs et d’autres gardiens, mais je ne vais pas parler du futur. Nous sommes heureux, et pas seulement moi, de ce que nous avons à la maison ». Et une fois de plus, le gardien à la gomina a conforté son statut dans un vestiaire rempli de stars. Tout sauf anodin.

Crédits : dailystar.co.uk

Une place de choix dans la légende madridiste

Mais comme David De Gea avant lui, Kepa Arrizabalaga a prolongé avec son club quand il s’est aperçu que le Costaricien ne bougera pas de ses bois. La seconde, c’est que quand il ne joue pas, ça se voit. Kiko Casilla n’est pas arrivé à la cheville du numéro 1 madridiste quand Navas était blessé. Sans en avoir l’air, il est devenu indéboulonnable au sein de la Casa Blanca, une maison où résister à la pression n’est pas une tache mince. « Je suis très tranquille. Un jour, je devrais partir, disait-il sereinement dans El País début février. Personne n’est éternel et Dieu seul sait quand cela arrivera. Il faut vivre avec ça. Je donne tout à chaque entraînement et à chaque match ».

A 31 ans et avec un contrat qui court jusqu’en 2020, l’été promet d’être agité pour le gardien aux 74 sélections avec les Ticos. « Je ne sais pas si le club doutera de moi, il me reste 2 ans de contrat et je suis serein. Si le Real Madrid signe un gardien et qu’il y a de la concurrence, ça ne me fait pas peur. Moi, ça me plaît. Ça me donne confiance de me confronter et de faire des efforts ». Souvent dans l’ombre, Keylor Navas parle avec ses gants. Il ne sera jamais une icône mais il restera dans les livres d’Histoire du Real Madrid.

François Miguel Boudet

 

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