Levante va-t-il manger la grenouille ?

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Il était temps ! Après des semaines sans victoire, Levante a finalement démis Juan Ramón López Muñiz de ses fonctions. C’est Paco López, coach du filial, qui lui succède. Mais n’est-ce pas déjà trop tard pour les Granotas ?

Il s’en est fallu de peu pour que la chance tourne en faveur de Levante. Grâce à un penalty généreux transformé par El Comandante José Morales, les Granotes (les grenouilles en valencien) étaient tout proches de prendre les 3 points contre l’Espanyol. Las, à l’entame du temps additionnel, Jurado a glissé un centre parfait à Leo Baptistão qui n’a pas manqué l’occasion d’égaliser. Cela fait plus de 2 mois que Levante n’a plus gagné un match. La dernière fois, c’était en Copa le 4 janvier contre… l’Espanyol. En Liga, il faut remonter au 19 novembre pour trouver trace d’un succès du club d’Oriolls. Ironie de l’histoire, c’était à Las Palmas, son principal concurrent dans la lutte pour le maintien.

Un départ canon avant de s’essouffler

Trois victoires, 11 nuls et 20 points au compteur : Levante n’a pas été capable de tenir le rythme de son début de saison, quand il avait pris 9 points sur 15 lors des 5 premières journées (victoires contre Villarreal et la Real Sociedad, nuls contre le Depor, le Real Madrid et Valencia). Depuis le 21 septembre, les Granotas font du surplace et l’avance prise sur ses concurrents a fondu comme neige au soleil. Et en cas de succès de Las Palmas ce lundi soir, ils seront dans la zone rouge pour la première fois de la saison. Après un premier mois de compétition probant, le promu a progressivement vu son jeu se déliter. De manière incompréhensible, José Ramón López Muñiz a mis son meneur de jeu Enis Bardhi sur le banc. Sans son créateur albanais, Levante a perdu le fil. Et si au début l’absence d’un buteur fiable était compensée par les fulgurances de José Morales, Ivi López voire Jason, la faillite offensive s’est faite ressentir rapidement. Arrivé en prêt en provenance du Betis, Alex Alegría n’a jamais réussi à s’intégrer dans le XI. Sa blessure au genou a provoqué l’arrivée d’Enes Ünal en tant que joker médical. Après une pige de deux mois, le Turc est reparti à Villarreal. Troisième pire attaque de Liga derrière Las Palmas et Málaga, 14e défense : Levante est en chute libre et López Muñiz n’a jamais été en mesure d’inverser la tendance.

Pas d’attaque

Arrivé à Levante en 2016 alors que le club descend en Segunda, Juan Ramón López Muñiz est le coach qui fait remonter les Granotas en Liga au terme d’une saison parfaite, titre de champion à la clef. La première galère est arrivée avant le commencement de 2017-2018, quand Roger Martí, 22 buts en 37 matches de Segunda, s’est rompu les ligaments croisés du genou. Sans référent offensif capable de marquer au moins 10 buts, Levante a pataugé. Le mercato d’hiver a permis au LUD de se remplumer en signant Giampaolo Pazzini, Rochina et Armando Sadiku (auxquels on peut ajouter le Saoudien Fahad Al-Muwallad) mais hormis le « coup » contre le Real Madrid, le recrutement n’a pas eu les effets escomptés (7 buts en 10 matches dont 5 sans marquer, 3 nuls pour 7 défaites). López Muñiz, ex adjoint de Juande Ramos à Málaga et à peine 2 saisons en Liga (Racing de Santander en 2008-09 et Málaga en 2009-10), n’a pas eu le répondant suffisant pour sortir Levante de l’ornière.

Quico Catalán a donc dû se résoudre dimanche à le congédier. D’un côté, on peut saluer une forme de loyauté envers un technicien qui a fait remonter le club en une seule année. De l’autre, on peut se demander s’il n’est pas déjà trop tard. La solution interne a été choisie, ce qui peut sembler surprenant. Formé au Valencia CF, l’ancien attaquant est passé par des canteras (Villarreal B et C, Valencia B, Murcia B, Levante B) et des clubs de seconde zone (Catarroja CF, Benidorm CD, CD Alcoyano), Paco López a donc été promu. Manque de préparation, précipitation, intérim ou choix réfléchi ? Cette saison, Las Palmas avec Manolo Márquez et le Depor avec Cristóbal Parralo se sont trompés sur les facultés d’un novice en Liga. Les deux clubs sont des concurrents de Levante en bas de tableau. Seul Javi Calleja à Villarreal est parvenu à redresser la barre du Sous-marin jaune, mais avec un effectif bien plus fourni et talentueux. Le coup est risqué, peut-être un peu trop.

François Miguel Boudet

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