La Previa C1 – Sevilla FC – MU : Montella de taille pour rivaliser avec Mourinho ?

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Deux mois après son arrivée en Andalousie, Vincenzo Montella va vivre l’épreuve du feu face au Manchester United de José Mourinho. Ce changement d’entraîneur, aussi surprenant qu’inattendu, a-t-il permis aux Nervionenses de se remettre à l’endroit ? Décryptage avec un 1/8 de finale aller capital à Sánchez-Pizjuán.

Arrivé en remplacement de Toto Berizzo après Noël, Vincenzo Montella se savait regardé et attendu. Dans un club très ambitieux qui veut franchir un cap, l’arrivée d’un entraîneur lui aussi ambitieux et désireux de grimper dans la hiérarchie européenne a surpris et a suscité beaucoup de méfiance et d’interrogations. Même avec la légende Enzo Maresca dans ses valises, peu était vraiment emballé par ce choix en Espagne. Les objectifs à court terme étaient simples :  continuer à être performant, installer un XI-type et surtout commencer à construire un fond de jeu.

Le premier bilan

Presque 60 jours après son arrivée c’est l’heure du premier bilan pour l’Aeroplanino. Au plan comptable, le passage de Toto Berizzo n’était pas catastrophique puisque Sevilla était calé dans le top 4 du championnat. En réalité, c’était son incapacité à trouver une colonne vertébrale dans son XI et produire du jeu qui a causé son licenciement. Vincenzo Montella a débuté sur le banc lors des 1/8 de Copa del Rey, un déplacement à Cádiz, un club qui joue la montée en Liga. L’affrontement s’est soldé par une qualification plutôt facile dans une compétition qui a porté bonheur à l’ancien Mister du Milan puisqu’au tour suivant, les Nervionenses ont éliminé l’Atlético de Madrid et en devenant, s’il vous plaît, la première équipe espagnole à gagner au Wanda Metropolitano. Après avoir sorti Leganés en 1/2 finale, Séville retrouvera l’antre colchonero pour disputer la finale contre l’ogre blaugrana, le 21 avril prochain.

Crédtis :Indianexpress.Com

En revanche, en Liga, les résultats sont plus problématiques. La découverte du championnat espagnol a fait très mal à Montella. Car l’Italien n’a pas perdu un simple match : il a perdu le Gran Derbi contre le Betis, à domicile, et en encaissant 5 buts. Entrée, plat, dessert. Cette déroute fait tâche. Au-delà de ce revers historique, « son » Séville reste irrégulier avec 3 victoire, 3 défaites et 1 nul. Toutes compétitions confondues, les Palanganas tournent à près de 62% de victoires, les performances en Copa masquant habilement les résultats en Liga.

 

Des contenus problématiques

On le sait, quand un nouvel entraîneur arrive dans un club, toutes les cartes sont rebattues. Cette remise à plat est souvent bénéfique à court terme pour l’entraîneur car cela crée une émulation intéressante qui pousse les joueurs à se donner à fond pour gratter une place de titulaire. C’est ce choc psychologique qui était recherché par le board sévillan lors de Montella. Les premières sorties du Séville post-Berrizzo étaient intéressantes et laissaient espérer que le club pourrait enchaîner et trouver un rythme.

Seul bémol, depuis 1 mois, les Andalous patinent et on a du mal à voir une patte Montella. Comme pour Berizzo, sur le plan purement comptable, l’irrégularité sevillista ne se ressent pas. Après tout, sur les 5 derniers matches de Liga, les Nervionenses ont pris 10 points sur 15. Cependant ,dans le jeu, Séville joue à se faire peur et a du mal à gérer ses matches. Tout repose souvent sur des exploits individuels, sur des décalages créés par El Tucu Correa ou Pablo Sarabia avec des ballons portés sur les ailes ou un passe de génie d’El Mudo Vazquez ou d’Éver Banega.

Ce manque de lien tactique est problématique. Sans réponse lorsque l’adversaire propose quelque chose, les hommes de Montella deviennent rapidement inoffensif. La raclée reçue à Éibar (5-1) le 3 février dernier a de nouveau mis en lumière leurs lacunes collectives. Séville a également des difficultés pour se mettre à l’abri. Les deux dernières sorties du club ont été vraiment mauvaise. Totalement dépassé contre Girona, l’Italien a été incapable de trouver une réponse au casse tête que lui proposait Pablo Machin. Seul un Sergio Rico de gala a permis à ses hommes de pas sombrer, notamment sauvant un penalty. Le salut palangana est venu de la seule erreur catalane des 90 minutes.

« Je suis fatigué de voir l’équipe avec ces hauts et ces bas » Montella après le match face à Las Palmas

Contre Las Palmas les choses ont été différentes. Séville a eu beaucoup d’espaces, notamment sur les ailes. Ces largesses défensives ont permis d’être dangereux une grande partie du match et de mener 2-0 sans trop de difficultés. Pour autant, la fin de match interroge une nouvelle fois. Incapable de gérer les 20 dernières minutes, Nervión est passé tout proche de se faire égaliser, à la manière de ce qui s’était déjà passé contre Getafe à Sánchez-Pizjuán, le 28 janvier dernier. Incapable de dicter le rythme, le bloc équipe s’est totalement désintégré quand Las Palmas s’est jeté à corps perdu dans la bataille. Des partitions très peu abouties qui laissent songeur quant à la capacité de Montella à répondre tactiquement à Mourinho ce soir.

Tout à jeter ?

Même si le contenu est souvent moyen, Montella a rempli un de ses premiers objectifs. Sans XI-type sous Berizzo, Séville effectue moins de rotation. L’italien a tranché. Les positions ne sont pas figées mais l’Aeroplanino a clairement ses titulaires et ses remplaçants. Ses choix d’hommes sont, de plus, souvent des réussites. Les titularisations de Correa et Sarabia apportent un vrai plus à Séville tellement les deux sont en grande forme et bourrés de talent. Devant, Muriel a été préféré à Ben Yedder. Un choix qui peut poser question car le Mister et le buteur Colombien ont le même agent. De plus, Muriel est le plus gros achat du club et ça faisait mauvais genre de le voir si loin de son niveau et surtout sur le banc. Avec Montella, Muriel retrouve quelques couleurs. A l’actif de l’Italien, on peut aussi noter le recul bénéfique de Banega, ce qui permet au fantasque Argentin de régner dans le cœur du jeu, ainsi que la réintégration réussie de N’Zonzi. De plus, Navas marche plutôt bien au poste de latéral droit et Mercado est bien plus efficace en charnière centrale.

XI Probable des locaux

Aucune chance face à ManU ?

Pour beaucoup d’observateurs, Séville peut avoir son coup à jouer face à Manchester United. Dans l’absolu bien sûr, tant qu’un match n’est pas fini rien est joué et le football sait se montrer incertain. Néanmoins au vu de ce que montre Nervión sur ses dernières sorties, le gap semble important. Même face à des Red Devils qui ne sont pas les plus séduisants, Séville va devoir sortir deux parties parfaites. Il faudra se mettre au niveau des matches de Copa contre l’Atleti en Copa, et même davantage.

« Je suis très excité, Mourinho a été un pionnier dans la manière de travailler, j’ai lu ses livres, j’ai étudié sa tactique, son style d’entraînement en Italie. Il est un technicien qui doit être étudié. Je ne sais pas combien de matches de Ligue des Champions il a disputé, environ 137 je crois. Il a beaucoup d’expérience, donc nous devons nous aussi jouer avec expérience et audace ». Montella, admiratif.

Mourinho va proposer un vrai duel tactique à Montella et pas sur que l’Italien rivalise sur ce point avec le Portugais. Depuis son arrivée à Seville, à part face au Cholo Simeone, Montella a eu du mal à répondre quand on lui proposait quelque chose d’abouti. Face à Quique Setién (Betis), face à Abelardo (Alavés) ou encore face à Machín (Girona), on l’a vite senti dépassé. Techniquement, les Palanganas ont de quoi répondre aux Mancuniens, mais cela suffira-t-il pour espérer une qualification en quart de finale ?

Benjamin Bruchet

@BenjaminB_13

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