Luis Amado Tarodo (futsal) : « Beaucoup de monde me compare à Iker Casillas »

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Double champion du monde et quintuple champion d’Europe avec la Roja, 50 titres remportés tout au long de sa carrière : Luis Amado Tarodo (41 ans) est une légende du futsal. Avant la finale de l’Euro qui opposera ce samedi (20h45) l’Espagne au Portugal, nous avons parlé avec le mythique gardien de but. 

Votre palmarès est incroyable. Vous êtes le Casillas du futsal ! Vous avez même été champion du monde bien avant lui puisque la 1re Roja avec une étoile c’est celle du fútbol sala. 

Beaucoup de monde me compare à Iker Casillas. C’est un vrai sentiment de fierté pour moi, car non seulement c’est un grand gardien, mais en plus il a été dans la meilleure équipe du monde, comme moi.

Le quotidien Marca vous surnomme « le gardien total » : ça vous plaît ?

J’ai reçu de nombreux surnoms tout au long de ma trajectoire de joueur et c’est particulièrement flatteur qu’un journal aussi important que celui-ci me décrive ainsi. Évidemment, je suis fier d’être une référence de mon sport. Le futsal, c’est ma passion et j’ai toujours essayé de tout donner dans chaque équipe où j’ai joué et pour la Selección.

Le futsal est un sport qui te fait acquérir de nombreux gestes techniques et surtout une exécution très rapide

Le futsal est populaire en Espagne, le canal ouvert TDP diffuse les matches, il y a une afición. Ça s’explique comment ?

C’est un mélange de plusieurs composantes qui facilitent l’attractivité de la discipline. Il y a de la vitesse, de l’émotion, de la tension. C’est spectaculaire et c’est très professionnel.

La marque de fabrique du jeu espagnol, c’est la technique. Quel est le rôle du futsal dans l’apprentissage du joueur ?

Le sport et l’éducation sont toujours liés. Le sport t’apprend des valeurs comme le sens du sacrifice, l’humilité, l’implication, le respect. Le futsal est un sport qui te fait acquérir de nombreux gestes techniques et surtout une exécution très rapide.

Quelles sont les différences entre un gardien de futsal et un gardien de foot à 11 ? Les entraînements différent ?

Au final, les qualités sont les mêmes. Mais ce qui change en réalité, c’est la façon de réaliser des parades. Au futsal, les ballons à ras de terre se détournent avec les pieds, alors qu’en foot à 11, c’est avec les mains. De plus, en futsal, il s’agit plus de dégager le ballon, alors qu’à 11 il faut le bloquer.

Comment se définit le joueur typique de futsal ?

Les entraînements se fondent entre autres sur des aspects techniques comme la croix, la sortie de but, le jeu avec les pieds. Ensuite, il y a d’autres éléments qui entrent en ligne de compte, comme les qualités physiques, la rapidité, l’agilité, les réflexes. En fait, un bon joueur doit maîtriser tout ça mais, encore plus fondamental, la différence avec les autres se fait dans la tête.

Ricardinho fait partie de la catégorie de ceux qui marquent et font la différence

La toute première Roja championne du monde, c’est celle de futsal. Un sacré exploit qui en a appelé d’autres, cette fois dans la peau du favori.

Je suis très heureux d’avoir fait partie des premiers à avoir battu la grande sélection brésilienne. Elle était toute-puissante, invincible même. Lors de ce Mondial, la sélection espagnole a commencé à grandir. Après, je suis quelqu’un de très compétiteur dans l’âme. J’ai oublié très vite le passé et je me suis focalisé sur les points que je devais améliorer pour continuer à gagner.

Comment voyez-vous cette finale contre le Portugal ?

Je la vois bien. L’Espagne est composée de très bons joueurs mais à présent, ils doivent s’adapter et surtout se convaincre qu’ils peuvent remporter cet Euro. L’Espagne est toujours favorite.

Pour la première fois de son histoire, la France a participé à l’Euro. C’était la seule équipe amateur du tournoi.

Je dirais qu’ils y sont vraiment allés et qu’ils ont profité de ce moment. Ils se sont fait plaisir (4-4 contre l’Espagne lors du 1er match de groupe). Ils se sont qualifiés à cet Euro par leurs propres mérites et ils ont tout donné.

Le futsal développe la technique mais la France n’a pas cette culture, ni de l’apprentissage en salle ni de la compétition. Ça pourrait être une des raisons de certaines lacunes. Comment remédier à l’absence de professionnalisme ?

Pour amener les gens à vraiment aimer ce sport, pour créer progressivement un championnat compétitif avec de bonnes structures, il faut investir de l’argent. La France progresse et je crois que, petit à petit, le football tricolore devrait développer des projets comme des écoles de futsal pour combler ses lacunes, s’améliorer et ce à tous les niveaux.

La chaîne L’Equipe a retransmis tout l’Euro. C’est une finale royale entre l’Espagne et le Portugal. Vous avez côtoyez Ricardinho à l’Inter Movistar. C’est LA star du futsal.

Il y a énormément de très bons joueurs actuellement. Je peux citer Higuita, Douglas, Pola, Ortíz, Paco Sedano. Ricardinho fait partie de la catégorie de ceux qui marquent et font la différence. A l’heure actuelle, c’est le meilleur joueur du monde et c’est aussi le joueur le plus médiatique du moment. Il a des qualités que personne d’autre n’a. C’est un immense travailleur, un facteur indispensable pour être le meilleur.

Propos recueillis et traduits par François Miguel Boudet

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