Valencia CF : Dani Parejo le mal aimé

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Capitaine du Valencia CF, Dani Parejo n’a jamais fait l’unanimité parmi les supporters. Capable d’être le taulier ou de disparaître complètement, le milieu formé au Real Madrid se régale au côté de Geoffrey Kondogbia dans le 4-4-2 de Marcelino. Le binôme est la clef de voûte de l’équipe che. Car s’il peut parfois manquer d’inspiration, le bonhomme a du caractère. Et il en faut pour affronter l’afición de Mestalla depuis 7 ans.

Aux abords de Mestalla, il est très rare de voir son nom sur les maillots de supporters du Valencia CF. Le numéro 10 fétiche de l’afición, c’est El Matador Mario Kempes. La Curva Nord porte même son nom. Dani Parejo, qui a hérité de ce numéro porté notamment par Francisco Gómez, Juan Mata ou encore Éver Banega, est quasiment invisible. Pourtant, le natif de Coslada dans la région de Madrid a porté près de 260 fois la tunique blanquinegra et inscrit 40 buts. Mais rien à faire, Parejo n’est pas aussi populaire que ses statistiques pourraient le laisser suggérer.

Kondogbia son alter ego

La réputation de Dani Parejo, c’est d’avoir la sangre de horchata, c’est-à-dire une propension à baliser quand la situation ne tourne pas à l’avantage des Murciélagos. Pour qu’il donne le meilleur de lui-même, il lui faut un 6 intelligent qui ratisse et relance proprement. Enzo Pérez n’a que trop rarement pu être ce milieu défensif-là. Trop brutal. En revanche, Geoffrey Kondogbia est le complément parfait du joueur formé au Real Madrid (5 matches en 2009). Arrivé du Getafe de Michel en 2011 pour 6M€, le champion d’Europe sub19 en 2007 et sub21 en 2011 manque parfois de vitalité dans son jeu, un défaut qui s’est amplifié lors des saisons compliquées du Valencia CF.

Capitaine à l’ancienneté plus que par caractère

Dani Parejo porte le brassard du VCF mais il n’a pas l’âme d’un capitaine. Peu disert avec la presse, souvent parmi les premiers à traverser la zone mixte sans dire un mot, le meneur de jeu se fait violence cette saison mais sa voix ne porte pas autant que celle de Rodrigo Moreno, beaucoup plus enclin à jouer ce rôle de rameuter les troupes. Dès son arrivée sur les bords du Turia, Gary Neville, qui s’y connaît en capitanat, lui avait d’ailleurs retiré le brasalete. Parejo l’a ensuite retrouvé, malgré quelques écarts de conduite, comme ce soir de décembre 2016 où, avec Guilherme Siqueira, il est pris en flagrant délit de fiesta au Mya, une boîte à la mode de Valencia, alors que le VCF est au plus mal en championnat. Quand ça part dans tous les sens, Parejo n’a pas le caractère pour s’imposer publiquement. En revanche, quand il a un entraîneur qui lui fait confiance, c’est un tout autre homme. C’est avec Ernesto Valverde, Juan Antonio Pizzi et Marcelino García Toral que Dani Parejo livre ses meilleures prestations. Excellent tireur de coup franc et de penalty, il peut prendre ses responsabilités à des moments critiques, comme cela avait été le cas notamment contre Alavés la saison dernière. « Si je le loupe, je ne sors pas de Mestalla », plaisantait-il à moitié après le match.

Renaissance 

Joueur de champ le plus utilisé de la saison (1603 minutes), Dani Parejo est souvent le joueur le mieux noté par les media, en compagnie de Geoffrey Kondogbia, surnommé successivement « El Bou » (le taureau) et « El Pulpo » (le poulpe). Si Nuno Espirito Santo ne restera pas parmi les mémoires valencianistes, principalement par que c’est son adjoint Ian Cathro qui faisait l’équipe, c’est bien sous les ordres du Portugais que Parejo devient un buteur régulier, en inscrivant 12 buts en 2014-2015, sa première saison avec le 10 sur le dos (il portait jusqu’alors le 21 comme un certain Pablo Aimar). Des voix s’élèvent pour qu’il soit convoqué avec la Roja mais jamais il n’a fait partie de l’effectif de Vicente Del Bosque et Julen Lopetegui ne semble pas plus enclin à lui offrir une chance.

Devenu l’un des salaires les plus élevés du club (2.5M€ par an jusqu’en 2020), Parejo a été l’une des cibles favorites de Mestalla quand Valencia est retombé dans ses travers pendant deux ans. Mais l’afición, quoique toujours critique à son égard (on est dans un des clubs les plus exigeants d’Europe), est revenue vers son capitaine. Souvent annoncé partant, Dani Parejo reste fidèle à un club qui ne lui a pas toujours rendu, à tort ou à raison. Quoi qu’il en soit, il est le dépositaire du jeu de Marcelino. Avec 4 buts, 3 passes décisives, 86.3% de passes réussies et… 10 cartons jaunes depuis le début saison, Parejo a retrouvé son influence dans l’entrejeu che. Et peu importe s’il ne sera jamais aussi populaire que Mario Kempes, David Villa ou David Silva : Dani Parejo a persévéré là où beaucoup se seraient enfuis.

François Miguel Boudet
@fmboudet

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