Et Málaga lance les grandes manœuvres…

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Empêtré dans la zone rouge depuis le début de l’exercice 2017-2018, Málaga se cherche encore et le maintien est encore très loin. Une chose est sûre : le club andalou a déjà lancé les hostilités sur le marché des transferts. Mais n’est-il pas trop tard pour Míchel et sa bande ? 

Depuis le début de la saison, Málaga n’est jamais sorti de la zone rouge, se disputant la place de dernier avec Alavés et Las Palmas. On pensait le sort du club andalou scellé très tôt. Contrairement à ses collègues de galère, Málaga fait encore et toujours confiance à son sauveur, le très célèbre Míchel. Bien aidés par des concurrents qui n’avancent pas, les boquerones (les anchois, ndlr) peuvent encore croire à leur salut. Mais on en est encore loin.

Crédits: Footmercato.net

Michel de sauveur à problème

La saison passée, Michel avait réussi là où beaucoup d’entraîneurs ont échoué, avoir des résultats avec les Malagueños. Lors de sa prise de fonction, les pensionnaires de la Rosaleda avaient déjà usé deux entraîneurs et tournaient à moins d’un point par match, trônant à la 16e place. Une situation indigne pour un effectif tel que celui du Málaga CF. Onze journées plus tard, les Andalous avaient 20 points de plus en se payant le scalp de Séville et du Barça. Le miracle Michel avait bien eu lieu.

On pouvait imaginer que le nouveau cycle et la nouvelle politique impulsés par le Cheikh Al-Thani (coucou les sanctions de l’UEFA) payaient enfin. On voyait Málaga recommencer à rêver et ne pas revivre des périodes de galères comme celle-ci. Mais voila, l’été fut agité, et la personnalité de Míchel refit surface.

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Des choix tactiques qui posent question

Míchel n’a clairement pas digéré le non-remplacement des éléments qui lui ont permis de remettre à flot les anchois. Pire : pendant longtemps, il a semblé incapable de se remettre en question et d’adapter son schéma à son groupe, inflexible durant de longues journées avec son 4-3-2-1 qui ne fonctionnait pas. Par la suite, Málaga a obtenu son premier gros résultat en Liga, arrachant le 3-3 contre l’Athletic au terme d’un match fou à la Rosaleda. Ce point est le premier pris par Málaga en championnat. On jouait alors la… 6e journée.

Mais plus que ce point, c’est la manière qui laissait croire que les hommes de Michel allaient se lancer. Alignés dans un 4-4-2, les Andalous ont livré une prestation très séduisante. Mais patatras : nouveau changement. Pour le match suivant, Míchel revient à son 4-2-3-1 fétiche. Bilan : nouvelle prestation indigne et nouvelle défaite.

Par la suite, Málaga a réussi à voler quelques points en route (Celta, Depor) mais a été incapable de lancer une vraie série. Ce ne sont pas les points presque arrachés face aux ogres qui sauvent la première partie de saison des Malagueños.

Málaga joue gros cet hiver

On a tendance à associer le mercato hivernal à un mercato d’ajustement ou d’opportunités. Pour Málaga, la donne est totalement différente. Le club andalou doit très clairement se renforcer à des postes très précis. Le secteur prioritaire, c’est le milieu de terrain, orphelin de Camacho et Fornals partis cet été ainsi que de Kuzmanovic qui tarde à revenir de blessure. Il n’y a plus que l’idole Recio, qui tient l’entrejeu à bout de bras. Et ce ne sont pas les arrivées de Cecchini ou Rolón cet été qui ont permis aux boquerones de combler ce manque important.

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Iturra et Miquel déjà signés : un vrai plus ?

crédits: Marca.com

L’ex-espoir Miquel est arrivé en joker médical courant décembre. Signé pour une bouchée de pain, l’ancien du Barça et d’Arsenal vient pour faire le nombre en défense. Málaga a aussi validé une recrue pour renforcer le milieu de terrain. Ce n’est pas un inconnu puisqu’il s’agit de Manuel Iturra. Le numéro 6 chilien arrive du Mexique. Il a connu la période dorée de Málaga, la fameuse saison 2012-2013 avec le parcours en Ligue des Champions, le quart de finale contre le Borussia Dortmund. L’époque où Málaga brûlait aussi un peu trop de pognon. Son style peut faire beaucoup de bien aux anchois car c’est un 6 avec une qualité technique très importante. Il peut très facilement doubler Adrian sur le papier voire permettre de faire souffler Recio. Il est tout à fait capable de jouer seul devant la défense ou d’être associé à un autre homme dans un double pivot. Avantage non négligeable : il connaît la maison. Même si ce fut court (une seule saison), il a encore une jolie cote en Espagne. Autre argument qui appuie sa venue :  sa connaissance de ce genre de situation, que ce soit avec Murcia ou Grenade, Iturra connait les batailles pour la relégation et les maintiens arrachés in extremis. La seule incertitude concerne son physique, même s’il sort d’une expérience plutôt réussie en Liga MX.

Diop et Lucas Moura pistés : de bonnes idées ?

Pour Diop, même si ce n’est qu’une rumeur, l’idée est intéressante. Là encore, le profil fait sens : un 6 plus travailleur qu’Iturra avec un beau physique et surtout habitué aux joutes espagnoles. L’international sénégalais culmine à presque 220 matchs de Liga, une expérience qui peut faire beaucoup de bien au milieu andalou, non seulement pour encadrer les jeunes Cecchini et Rolón mais aussi pour apporter de la sérénité dans un bateau qui tangue. Parce que Diop, comme Iturra, a déjà connu des saisons où l’objectif était le maintien, notamment avec Santander. De plus, avec seulement cinq petits matchs avec l’Espanyol cette saison, la porte est clairement ouverte pour un départ cet hiver.

Pour finir, Lucas Moura, l’ailier du PSG, est une rumeur lancée par nos confrères de RMC. À ce jour, l’opération semble compliquée et très loin d’être bouclée. L’idée de renforcer le front offensif est une idée intéressante mais Lucas est un joueur de couloir et on ne peut pas dire que Málaga soit en manque de solution dans ce secteur là. Que ce soit avec Chory, Jony, Keko, Ontiveros ou encore Mula, les ailiers sont plus que présents. En revanche, c’est un peu faiblard en attaque. Borja Bastón n’est pas vraiment dans les petits papiers de Míchel, Diego Rolán se blesse régulièrement et Adalberto Penaranda n’apporte pas grand chose. Une recrue peut donc être attendue dans ce secteur.

Une chose est certaine, l’hiver sera chaud en Andalousie et Málaga joue très gros pendant ce marché. Les premières idées sont très bonnes sur le papier mais les Boquerones n’ont pas une grande latitude pour travailler et n’ont pas le droit à l’erreur. Leur survie ne tient qu’à un fil.

Benjamin Bruchet 

 

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